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Le baptême de Jésus, de feu et d’Esprit

6 DÉCEMBRE 1998

 

En ligne depuis le mercredi 27 juillet 2005.
 
 

Jean déclarait Pour moi, je vous baptise dans l’eau pour une purification. Mais celui qui vient derrière moi [...] vous baptisera dans le feu et l’Esprit Saint Il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux balles, Il les consumera au feu qui ne s’éteint pas " (Mt 3,11-12).

Enfant, dans la montagne, j’ai pu voir vanner à l’ancienne. Le blé récolté était lancé avec une pelle sur l’aire. Les grains lourds s’entassaient au bout de l’aire, tandis que la balle et la paille plus légères étaient emportées par le vent et s’entassaient à côté, avant d’être brûlées. Cette manière de trier donne une image pour le jugement ; elle est reprise avec force par Jean qui annonce qu’un autre viendra qui opérera le jugement ultime dans le vent et le feu. Le souffle de Dieu fera le tri entre les bons et les méchants. Comme les grains de blé rassemblés pour être engrangés, les hommes de bien seront sauvés ; comme la balle, les hommes de mai seront jetés au feu. Le feu et le souffle ! Cette image forte, liée à l’annonce de la fin des temps, appuie l’appel de Jean à la conversion (Mt 3, 2). Or l’expression " le souffle et le feu " a pris un sens que Jean ne pouvait lui donner, mais que nous devons entendre à la suite de Jésus.

1. Pendant un certain temps, Jean et Jésus ont mené une même action ; selon ce que nous apprennent les évangiles, l’un et l’autre ont baptisé ; l’évangile de Jean rapporte en effet que " Jésus vint avec ses disciples aux pays de Judée et il y baptisait ; Jean baptisait aussi à Aenon près de Salim où les eaux sont abondantes " (Jn 3, 22-23). Leur pratique était fondée sur ce que Jean avait fondé. S’il existait des rites de purification par ablution d’eau, il n’existait pas de baptême au sens propre du terme, car le baptême donné par Jean - et à sa suite par Jésus - implique une relation personnelle à celui qui baptise. Le baptême est le sacrement de la conversion personnelle. Le baptême de Jean et celui de Jésus impliquent une conversion, une rupture avec le mensonge et l’illusion. Pour cette raison, Jean-Baptiste dénonce les catégories sociales emblématiques de ceux pour qui l’appartenance religieuse dispense de la conversion personnelle, les sadducéens et les pharisiens (Mt 3, 7-10).

2. Si Jésus et Jean ont agi ensemble en proclamant un baptême de pénitence, Jésus est allé plus loin. Il l’a fait après la mort de Jean-Baptiste, comprenant alors que la venue du Règne de Dieu exposait celui qui l’annonçait à la mort. Aussi Jésus a-t-il donné un sens nouveau au symbolisme de l’immersion ou baptême. L’immersion ne signifie plus seulement la purification, mais la plongée dans la mort. Lorsque je propose aux parents de faire un baptême et non un simple ondoiement - verser de l’eau sur le front -pour leur enfant, le premier mouvement de beaucoup est de refus, car le symbolisme de la plongée dans l’eau consacrée à cet effet évoque - consciemment ou inconsciemment - la mort. Comme leur demande est fondée sur le désir de faire une fête pour la naissance de leur enfant, ils refusent et éludent le vrai sens du baptême chrétien, car comme le dit saint Paul, " baptisés dans le Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés " (Rm 6, 3-4). lis devraient pourtant savoir que la vie qu’ils ont donnée est mortelle. Toute vie a un revers de mort. Tous nous avons à vivre notre mort. Non seulement aux derniers moments, mais à longueur de vie où nous connaissons la souffrance, les séparations, les renoncements, les échecs voire les persécutions et l’exil. Jésus le dit clairement aux disciples qui voulaient partager sa royauté : " Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? " (Marc 10, 38) ; Jésus parlait de sa passion et de sa mort. Le baptême de Jésus est en ce sens un baptême de feu. Pour le comprendre, ces derniers mois l’Église nous a présenté deux figures de sainteté. La première est celle de Thérèse de Lisieux, proclamée docteur de l’Église. Si pendant près de cinquante ans, on a diffusé sous le titre de Histoire d’une âme un texte falsifié, la lecture de ses oeuvres authentiques (voir l’édition des oeuvres complètes - en particulier celle faille sous la direction de Jean-François Six, Thérèse de Lisieux par elle-même, éditions Desclée de Brouwer) montre ce que Thérèse a vécu pendant les derniers dix-huit mois de sa vie. Elle fut dans la souffrance de la maladie, mais plus encore dans la souffrance de l’esprit dans la nuit de la foi. Thérèse était assise, selon ses propres paroles, "à la table des pécheurs", loin de Dieu, dans le doute et la détresse, mais toujours dans une vie brûlée par l’amour. Car tel est le feu du baptême de Jésus, celui de l’amour. L’Église vient également de déclarer sainte Edith Stein, cette philosophe allemande qui avait travaillé avec les plus grands. Elle a voulu suivre le Christ dans son désert et son intercession pour les pécheurs ; elle a disparu comme des millions de membres du peuple élu dans les camps de mort - le feu étant pour elle autre chose qu’une métaphore.

3. Si le baptême de Jésus est un baptême de feu, il est aussi un baptême dans l’Esprit. Jean-Baptiste employait un mot araméen qui dit le vent ou le souffle ; le même mot signifie aussi l’esprit et l’Esprit Saint. Le Baptême de Jésus, s’il invite les chrétiens à vivre leur mort avec lui, les associe aussi à sa victoire, oeuvre de !’Esprit de Dieu. La résurrection de Jésus est une action de l’Esprit Saint ; ce même Esprit agit au baptême. Dans l’attente ce l’universelle résurrection des morts, Dieu agit dans notre vie. Cette action est celle de l’Esprit Saint, Dieu même agissant à l’intime de l’être, à l’intime du coeur, à l’intime de ce qui fait de nous un enfant de Dieu. Bientôt ce sera Noël, fête du feu et de l’Esprit, Noël, fête du feu et de la lumière, car célébration de la victoire du Ressuscité sur la nuit du monde. Noël, fête du feu qui est amour dans notre coeur. Noël, fête du pardon qui brûle nos fautes comme vieux papiers dans le vent d’hiver. Noël, fête de l’Esprit Saint, L’Esprit Saint parle au coeur des bergers qui veillent dans les champs, impatients de la libération de leur peuple, L’Esprit Saint parle au coeur des mages qui désirent la vérité et scrutent les signes du ciel. Noël, fête pour les chrétiens de tous âges et de toutes conditions grâce au baptême qui a fait d’eux des enfants de Dieu, leur donnant de brûler au feu de la charité dans le souffle de la sainteté.

Oui, il est venu celui qu’annonçait Jean, lui qui "baptise dans le feu et dans l’Esprit".




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 Le baptême de Jésus, de feu et d’Esprit



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