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La joie du Baptiste

13 DÉCEMBRE 1998

 

En ligne depuis le mercredi 27 juillet 2005.
 
 

Et, de fait, frères et soeurs, c’est une bonne question : Qu’allons nous contempler au désert’ ? Qu’est-ce qui nous pousse irrésistiblement vers ce prophète hirsute et vociférant, ce "possédé qui, dit-on, ne mange ni ne boit" (cf. Mt 11, 18) ou, pire encore, fait ses délices de très suspectes sauterelles au miel sauvage ! Quelle obscure prémonition nous attire pourtant vers lui ?

Sans doute, pressentons-nous que Jean-Baptiste a trouvé. Il a trouvé ce que nous sommes encore à chercher. Il a trouvé la clé, Dans le désert, Jean a trouvé le secret de la joie. Et voilà pourquoi, comme des papillons fascinés par la lumière, nous allons vers cette "lampe qui brûle et qui luit et nous voulons nous réjouir une heure à sa lumière" (Jn 5, 35). Bien plus, nous voulons nous mettre à son école, car, sous son exotique panoplie de prophète, Jean-Baptiste cache un être de feu et de lumière : il est un maître, un maître pour tous les temps, un maître de la joie chrétienne.

Cette joie, vous le savez, est un sentiment qui naît en nous de la présence et de la possession de l’objet que nous aimons. En effet, par sa nature, son dynamisme même, l’amour exige la présence et il s’accomplit dans l’union. Quand ce que j’aime est encore absent, je le désire ; quand il est enfin présent, je m’en réjouis. La joie est donc l’accomplissement de l’amour, son plus beau fruit. Il y aura donc autant de formes de joie qu’il y a de formes d’amour. Il y en aura de grandes et de petites, (je bonnes et de moins bonnes. Et puis, il y aura la Joie avec un grand J, la vraie. Celle qui m’indique au plus intime de moi-même que je suis sur le bon chemin, que je vis le véritable amour, celui qui conduit au bonheur. Car toute autre joie, si bonne soit-elle, est imparfaite. Toute autre joie, si intense soit-elle, est comme minée de l’intérieur par la conscience que J’ai qu’elle ne pourra pas durer. Toute autre joie est éphémère, alors que la vraie joie est celle dont Jésus nous affirme que personne ne peut nous l’enlever (cf Jn 16, 22). Elle ne passera jamais, tout simplement parce qu’elle est fondée sur un amour qui, lui non plus, ne passera jamais et cet amour, c’est la charité. Telle est bien la source de la joie du Baptiste : la charité, qui a pour premier effet de nous décentrer de nous-mêmes pour nous ouvrir à la vérité et nous centrer sur Dieu. Et, de fait, Jean-Baptiste est Lin être radicalement décentré ; un de ces rares prédicateurs qui, comme on dit, ne prêchent pas pour leur paroisse. Bref, tout le contraire d’un - séducteur ". Et j’entends par séducteur celui qui attire et détourne vers lui un coeur qui ne lui appartient pas. Un adultère, en définitive. Jean-Baptiste, lui, sait que le coeur de l’homme vient de Dieu et va vers Dieu. Dieu seul en est l’Époux, parce que Dieu seul - et aucune créature - peut combler son désir d’infini. " Qui a l’épouse est l’époux " Voilà pourquoi Jean ne retient pas jalousement ses disciples lorsqu’ils partent à la suite de Jésus (Jn 1, 38). Il s’efface. Il est l’ami de l’Époux, il n’est pas l’Époux. Et parce qu’il aime l’Époux et parce qu’il aime l’Épouse, son seul désir est de favoriser leur rencontre. Et cette rencontre entre chaque âme et son Dieu est toute sa joie et toute sa récompense. " L’ami de l’époux qui se tient là et qui l’entend est ravi de joie à la voix de l’époux. Telle est ma j . oie, et elle est complète " (Jn 3, 29). Joie complète, joie parfaite, mais aussi - ne nous y trompons pas - joie austère et exigeante. Il en va de la joie chrétienne comme de ces arbres qui s’élèvent d’autant plus haut et d’autant plus droit qu’ils ont été débarrassés de tous les rameaux inutiles, de tous les "gourmands" qui pompent et tarissent l’énergie vitale. Je veux dire ces joies trop mondaines qui dispersent le coeur du chrétien et brisent son élan vers Dieu. Jean, témoigne Jésus, n’est pas de "ceux qui se trouvent dans les demeures des rois" (Mt 11, 8). Non, c’est dans la solitude et dans la pénitence qu’il a lutté pour que tout en lui s’unifie autour de l’Unique nécessaire. C’est de haute lutte qu’il a mérité le don de la joie. "Le Royaume de Dieu souffre violence, dit Jésus, et ce sont les violents qui s’en emparent" (Mt 11, 12). Entendons : ceux qui n’hésitent pas à se faire violence. C’est parce que Jean a renoncé aux feux de paille des joies trop faciles, qu’aujourd’hui, tel un nouvel Élie, il se lève comme un feu (Si 48, 1), un immense feu de joie qui éclaire, réchauffe et réjouit les hommes.

A la source de la joie du Baptiste, il y a donc la charité. Mais, à la source de la charité, il y a la foi. C’est la foi. en effet, qui donne à la joie son objet en révélant la présence cachée et mystérieuse de Dieu dans nos vies. - Au milieu de vous, en vous, se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas " (Jn 1, 27). Jean est le prophète de la présence de Dieu, le prophète de l’Emmanuel. " Beaucoup de prophètes et de justes, dit Jésus, ont souhaité voir ce que vous voyez " (Mt 13, 17), mais ce bonheur était réservé à Jean-Baptiste. C’est en ce sens d’ailleurs qu’il est " plus qu’un prophète " (Ac 11, 9).

prophètes annonçaient le Christ à venir ; Jean, lui, pointe du doigt la source de toute joie, le Christ désormais présent, Déjà., souvenez-vous, dans le sein d’Élisabeth, il avait révélé Jésus caché en Marie en tressaillant de joie (Lc 1, 41). Aujourd’hui encore, sur les bords du Jourdain, il témoigne Voici l’Agneau de Dieu " (Jn 1, 36) Voici l’Époux qui vient, allez à sa rencontre " (Mt 25, 6).

Mais, là encore, cette joie est exigeante. Car, pour Jean comme pour nous, la foi est un combat, un combat de l’ombre. Et Dieu sait si la foi de Jean-Baptiste a été mise à rude épreuve. Il a cru, certes, de tout son coeur, niais d n’a pas toujours compris les chemins déroutants qu’empruntait le Messie. Au point qu’il s’interroge : " Es-tu celui qui doit venir ? Est-ce toi la source vive de ma joie ? " Et Jésus de répondre : " Allez dire à Jean : Les aveugles voient et les boiteux marchent... N’aie pas peur, Jean, bon et fidèle serviteur. C’est bien moi. Entre à ton tour dans la salle des noces entre dans la joie de ton maître et ami. "




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