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Saint Joseph, chef de la sainte Famille

En ligne depuis le vendredi 26 août 2005.
 
 

Nous ne célébrons pas la fête de la famille en général, comme on célèbre la fête des mères ou la fête des pères (ou la fête de l’humanité). Nous ne célébrons pas même la sainte fête de la famille, au sens d’une fête de la famille célébrée à l’occasion des retrouvailles familiales autour de Noël.

L’Église nous propose de prier pour nos familles en méditant sur l’exemple de la sainte famille qui accueillit le Verbe de Dieu : il s’agit concrètement de la famille - sainte - de Marie et de Joseph recevant l’enfant-Dieu. Paradoxalement, de cette famille exemplaire nous ne savons que peu de chose. La liturgie de ce dimanche emprunte à saint Matthieu le récit de la fuite en Égypte : c’est un des rares épisodes qui nous apprennent ce que fut la vie de cette famille sainte.

Peut-être parce que ce sera demain l’objet d’une fête particulière, le lectionnaire omet aujourd’hui le passage qui, dans notre récit, motive la fuite de la sainte famille loin de Judée. Ce motif n’est autre que le projet funeste instigué par le roi Hérode de poursuivre et mettre à mort la génération de Jésus. La première épreuve rencontrée par la sainte famille est ce qu’il faut bien appeler un génocide ! C’est dans ces circonstances que se donne à voir le comportement --- exemplaire et saint --- de la famille concrète dans laquelle Dieu a voulu naître, tout comme c’est souvent dans des conditions d’extrême difficulté que se manifestent les intentions secrètes des coeurs. De la même manière que la famille de Jésus dut affronter l’hostilité de Bethléem au soir de Noël où il n’y avait pour eux nulle place dans la salle commune, de même il ne se trouve nulle place pour eux en Judée. Car, comme dit saint Jean : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » L’enseignement de la sainte famille prend corps au sein de l’épreuve, sous la conduite du chef de famille : saint Joseph. Saint François de Sales imagine que Joseph aurait pu protester : « Vous me dites que j 1 aille ; ne serait-il pas assez de partir demain ? Où voulez-vous que j’aille de nuit ? En Égypte qui nous recevra ? »

« À ceux qui l’ont reçu il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » dit encore saint Jean.

Et c’est en effet en tant qu’enfant de ce Dieu dont il est fait père adoptif que le juste Joseph obéit à l’injonction de l’ange du Seigneur. Il obéit promptement et sans tarder : il se lève, prend l’enfant et sa mère, de nuit, et se retire en Égypte. C’est tout. Tout ce que l’évangile de saint Matthieu nous apprend aujourd’hui de la sainte famille : la prompte obéissance de Joseph. J’aurais pu vous parler, comme on me le conseillait dernièrement, des vertus de la sainte famille ; niais, outre qu’il n’y a guère d’appuis pour cela dans la péricope de saint Matthieu, que vous dire de plus que Ben Sirac le sage et saint Paul (1ère et 2ème lectures) ? En revanche, ce que Fon trouve chez saint Joseph est le fondement même de toutes ces vertus d’honneur et d’amour familiaux. Car dans cette obéissance inflexible du charpentier, chef de la sainte famille, c’est la force même de Dieu qui agit. Saint Joseph n’a d’autorité sur la sainte famille que dans la conformation de son être et de son agir à la volonté de Dieu manifestée en songe : « Ils ne sont nés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. »

Toutes les vertus chrétiennes, familiales, découlent de cette attitude principielle par laquelle on se fie à la parole de Dieu. L’obéissance de saint Joseph, qui peut-être apparaît comme une prudence couarde, est en réalité profondément théologale : foi, espérance et charité agissent en Joseph pour atteindre Dieu, opérer selon sa puissance et mener la sainte famille tout entière selon le dessein bienveillant de Dieu.

« Par cette façon de procéder, dit saint François de Sales, nous savons comme il faut nous embarquer nous-mêmes sur la mer de la divine Providence. [ ... ] Il faut laisser ainsi tout le soin de nous-mêmes et le succès de nos affaires à Notre Seigneur, sans retard ni réplique, ni crainte quelconque de ce qui pourrait nous arriver. » Jean-Paul Il appelle sur le monde ce qu’il appelle « une civilisation de l’amour ». Et il associe ce voeu à sa prière pour les familles. Nul doute que cette construction d’une civilisation de l’amour échappe à tout programme politique humain : son motif le plus profond ne peut venir que de Dieu et se déployer d’abord là où l’amour est expérimenté en premier. Saint Joseph nous montre comment laisser Dieu agir en nos familles, cri les rapportant à lui, source de tout bien, terme et maître de la vie qu’il donne. Si le Verbe est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu, du moins la sainte famille l’a reçu.

S’il vient à Noël parmi nous et est si peu ou si mal reçu, du moins qu’il le soit dans nos familles, premières cellules de l’Église, premières cellules d’une nouvelle civilisation de l’amour.




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 Saint Joseph, chef de la sainte Famille



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