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Noël 2002

L’ange de Paray

En ligne depuis le dimanche 22 mai 2005.
 
 

Mes sœurs, je vais vous faire une confidence : s’il y a des jours où il ne faudrait pas s’être levé, il y a des nuits où il est bon de ne pas s’être couché ! Car il s’en passe des choses : et tout à l’heure, déjà, il s’en est passé ! Des anges sont venus. Ils m’ont rapporté ce qu’ils ont vu ailleurs aussi. Loin d’ici, disaient-ils, il y avait un enfant... « Oh ! » fis-je, comme intéressé : « Un enfant, à Noël, Je suis au courant... »

Entre nous, jusque-là, n’était-ce pas assez banal comme information !

Je commençais donc à adopter un régime d’écoute « de croisière »... Quand un ange parle, il est poli de l’écouter ; mais c’était sans plus. Vous imaginez cela sans peine.

Toutefois puisque je ne dormais pas, l’un d’entre eux poursuivit : « - Cet enfant avançait à la rencontre de tout le monde. Il demandait à chacun : voulez-vous m’adopter ? Et avant que les personnes aient eu le temps de répondre, il filait vers d’autres, et il souriait à toutes, et il reposait sa question : j’avais l’impression que cette question était tout ce qu’il pouvait dire. « Il n’était là que pour la poser. Tout cela se passait loin d’ici, mais c’est suffisamment étrange pour que je vous le dise ! »

De vous à moi, mes sœurs, chers amis, je n’ai guère l’habitude de parler avec les anges ! Mais par une grâce toute spéciale, j’ai su donner le change ! Ils n’y ont rien vu. Et j’ai repris la conversation : « - Etrange, en effet, cette histoire, cet enfant, sa question... Et a-t-il dit quelque chose d’autre ? »

Il faut vous dire que le temps commençait à se faire court. Il fallait que je vienne ici. Cette affaire m’ennuyait un peu. Et je me disais : « Comment tout cela va-t-il finir ? » Le problème avec les anges, c’est qu’ils perçoivent tout très vite. Et comme de l’intérieur ! Je crois qu’ils déchiffrent même certaines de nos pensées ! Ou alors c’est que j’avais marmonné ma question en tordant le nez ou en manifestant un peu d’énervement. Bref, l’ange réagit ! Et très vivement ! A la façon des anges. Je peux en témoigner en expert maintenant ! Et il fondit sur moi, comme l’Esprit sur les prophètes et les rois dans la Bible ; pareil ! Il vit que cela me troublait fort ; alors il me dit : « - Sois sans crainte ! » Si l’expression est connue, elle n’était pas du tout faite pour me rassurer ! Mais alors pas du tout ! Comme pour Jérémie, Ezéchiel ou Achaz !

« Sois sans crainte ! » Vous pensez ! Comme Zacharie au Temple, Marie à Nazareth, le berger de Bethléem ou Pierre sur l’eau du lac ! Troublé, je ne pouvais ni parler ni entendre ! D’ailleurs, je n’entendis pas ce qui suivit. Quand je repris mes esprits, et l’écoutai à nouveau, l’ange parlait encore de ce qu’il avait vu, là-bas. Et il parlait de ce qu’il voyait, ici, chez nous ; et très concrètement chez vous ! Il me parla d’ici, de ce monastère. Alors cette fois, j’ai dressé l’oreille. Ce n’était plus banal ; ce n’était pas du convenu !

C’était donc il y a quelques minutes seulement. Figurez-vous : cet enfant qui interrogeait tout un chacun là-bas, l’ange me l’annonçait pour tout de suite, ici ! Celui qui semblait aérien, accroché à sa question de façon étrange, allait atterrir parmi nous ! Lui qui semblait se résumer à ces mots : « Voulez-vous m’adopter » semblait presque s’imposer ! Pour tout dire, je comprenais qu’il devait venir parmi nous, ce soir ! Vous comprendrez que je fus saisi. Des anges, un enfant, cette célébration, cela commençait à faire beaucoup en même temps ! Et je ne pouvais plus vous prévenir : le temps manquait. Alors, tombèrent ces paroles : « - Tu es cet enfant ! » « - Pardon ? », avançai-je timidement. « - Si, toi, ici présent, devant moi ; c’est toi qui étais là-bas. » « - Allons donc, me disais-je : c’est bien ma chance : un ange perturbé ! » Mais le messager du Seigneur continuait : « - J’ai parlé de toi, oui ; mais j’évoquerais aussi toutes les personnes qui sont-là : chaque sœur, chacune des personnes présentes : l’enfant de là-bas, c’était elles aussi. »

Il était tard ; et j’étais troublé. Il était temps de passer la porte, mais j’avais du mal à suivre. J’avais le sentiment de toucher au but. Et cependant, je cernais mal ces éléments : ce visage, cette question, nous tous, cet enfant : n’était-il finalement qu’une figure ? Etait-il l’expression de quelque chose de fondamental. Alors l’ange du dialogue se rapprocha. Et il me glissa dans l’oreille comme une confidence : « - Quand l’enfant posait à tout le monde cette question : voulez-vous m’adopter ? il disait la question que chacun de vous pose en ce soir au Sauveur : « Veux-tu m’adopter ? » Chacun avec des variantes, comme : « Jésus, adopte-moi, s’il te plaît », « Jésus, je suis à toi », « Mon Sauveur », « Jésus-Sauveur, prends pitié de moi, pécheur ». « Et la question de l’enfant de là-bas, je te l’ai dite pour que tu la mesures à la tienne, celle de cette nuit. « Mais au fond - continuait l’ange - je sais que cela n’est que façon de parler. Parmi vous, nul ne doute que la volonté du Sauveur soit d’adopter chacun. « Et notre Père veut simplement que vous en exprimiez le souhait ; comme l’enfant qui fait pour la fête des pères un cadeau avec l’argent qu’il lui aura donné, le talent qu’il aura fait produire.

« Mais en cette nuit, je suis venu te dire que la question a été entendue. Et la demande est exaucée. « Dieu le Père que l’on se représente toujours distant, lointain, a lui-même posé une sorte d’échelle entre ce lieu et les cieux ! Lui-même, par son bras fort et sa main puissante ! « Et si la question de chacun, la vôtre, était comme un enfant, fraîche, spontanée, furtive peut-être, mais entière, la réponse est un vrai enfant - et même plus encore, à la fois homme et Dieu ! La réponse, c’est son Fils ! »

Bref instant de silence... Je comprenais que là, l’ange ne plaisantait pas. Il avait vraiment fait son travail de messager. S’il m’avait parfois semblé fantaisiste ; c’est peut-être qu’il ne savait pas comment m’aborder pour une telle nouvelle. Maintenant il avait dit l’essentiel. Il me montra alors aussi des souffrants, des victimes de tous drames. Ce fut comme une fenêtre qui s’ouvrit sur notre monde en proie à des douleurs sans nom. L’ange reprit : « Bienheureux êtes-vous qui êtes adoptés et le savez ! Priez pour ceux qui l’ignorent ! Priez pour qu’en eux aussi un enfant questionne et parle. « Priez aussi pour qu’ils soient des pacifiques ! « Enfin soyez vous-mêmes, pour qu’ils deviennent eux-mêmes ! »

Et l’ange me quitta. Alors j’entrai, et commençai cette célébration... Reconnaissez-le : quelle situation ! Ce que j’ai entendu, je vous le transmets : surprises, leçons, appels et espérance. Mais c’est avec vous, que je demande cette adoption en cette heure ! L’heure de Bethléem, celle de la voie de l’enfance ! Adoption pour nous, et pour ces gens : ici, chez nous, comme là-bas ! Alors il se fera comme un passage d’ange, un instant d’éternité : la Paix pour les hommes de bonne volonté !

Monastère dominicain de Paray-le-Monial - fr Hugues-François Rovarino OP - Noël 2002




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 L’ange de Paray



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