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Le risque du baptême

10 JANVIER 1999

 

En ligne depuis le vendredi 26 août 2005.
 
 

Frères et soeurs, lorsque des parents me présentent leur nouveau-né pour que je le baptise, je leur propose toujours de faire ce baptême par immersion. Ils ne sont pas très nombreux à choisir ce mode, un peu comme s’ils avaient peur. Et, sans être aucunement sadique, c’est en vérité l’une des raisons qui me conduirait plutôt à insister. Je crois en effet que le baptême par immersion ne représente pas seulement la reprise d’une tradition vénérable, qu’il ne constitue pas seulement un geste plus parlant que le baptême par aspersion, je crois aussi qu’il est seul à souligner la dimension "risquée" du baptême : lorsqu’on verse quelques gouttes d’eau sur le front d’un enfant, les parents n’en sont guère émus ; il en va très différemment lorsqu’on plonge un enfant dans l’eau et les questions posées à l’officiant sont symptomatiques : mon enfant ne va-t-il pas prendre froid ? Ne risque-t-il pas de boire la tasse ?...

Eh ! bien frères et soeurs, je suis heureux que les parents comprennent que le baptême est un risque, qu’il n’est pas seulement l’entrée paisible dans la vie nouvelle de Dieu, mais qu’il est aussi partage de cette vie nouvelle jusqu’à la mort. Au risque d’être trop familier, je dirais qu’il est bon que le baptisé ou ses parents sachent qu’il va falloir sans cesse se jeter à l’eau au risque de boire la tasse... C’est bien ainsi que Jésus a compris son propre baptême et qu’il a voulu le faire comprendre à Jean le Baptiste ; ce dernier avait bien raison de souligner : "c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi" ; mais le geste de Jésus n’a pas une portée utilitaire, mais symbolique, Jésus ne vient pas se faire purifier d’un péché qu’il n’a pas commis, il ne vient pas s’engager à changer de conduite, mais il vient prophétiser ce que sera son vrai baptême, sa mort sur la croix, et c’est pourquoi il fait cette réponse sibylline à Jean : "nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste", Ce baptême d’eau n’est en fait que la préfiguration d’un autre baptême, celui du sang de la croix ; aussi, plus tard, à ses disciples qui demandent la première place dans le Royaume, Jésus répondra-t-il « Pouvez-vous être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ?" (Mc 10,38)

Celui qui reçoit le baptême court un risque : très clair dans certains pays de notre planète où faire le choix du baptême, c’est encore aujourd’hui faire face à la prison ou même à la mort ; moins clair bien sûr chez nous ou le baptêrne est admis et reconnu. Mais même dans ce dernier cas, il reste un risque du baptême, pour autant bien sûr que le baptisé ou sa famille sont fidèles -aux engagements qu’ils prennent. Ces exigences, elles nous sont rappelées au fil des autres lectures de ce jour : faire ce qui est juste, ou plus généralement faire ce qui est bien, comme le rappellent les Actes des Apôtres, et cela non pas une fois bien sûr, mais à tout instant de notre vie ; ou bien encore, et nous avons tant d’occasions de le faire dans les débats d’aujourd’hui, faire paraître le jugement du Seigneur en toute fidélité, à l’exemple de ce serviteur d’Isaïe sur lequel repose l’Esprit de Dieu : non pas tonner, non pas condamner, non pas écraser, non pas même donner encore plus de voix sur la place publique, mais assumer et redire fidèlement la parole du Seigneur, à l’exemple de ce que fait cette voix si souvent décriée et si peu entendue de notre pape actuel ; ou bien encore, ouvrir les yeux des aveugles et faire sortir les captifs de leur prison. Ou bien encore, et je ne fais ici que reprendre le texte des Actes des Apôtres, ne pas faire de différence entre les hommes, les accueillir quelle que soit leur race, à l’exemple de Dieu lui-même...

Oui, frères et soeurs, le baptême est un risque pour celui qui le reçoit, plus encore pour celui qui le vit, et cela n’importe où dans le monde. Toi le baptisé qui m’écoute, qui que tu sois, toi sur qui reposes l’Esprit du Seigneur, sais-tu bien que le Seigneur t’a appelé et mis à part, non pas pour être au-dessus de tes frères, mais pour les servir, éventuellement jusqu’à la mort ? Toi qui m’écoutes, souviens-toi de ton baptême.




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 Le risque du baptême



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