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Dieu connu comme inconnu

17 JANVIER 1999

 

En ligne depuis le vendredi 26 août 2005.
 
 

Frères et soeurs, on ne dira jamais trop combien la figure de Jean-Baptiste est une figure du sublime ; avec lui, en effet, nous sommes en présence d’une forme exceptionnelle de grandeur, d’une forme exceptionnelle du sublime, car en lui la grandeur atteint son paroxysme dans l’humilité : "Il vient après moi un homme qui est passé devant moi parce qu’avant moi il était... il faut que lui grandisse et que je décroisse et je ne suis pas digne de défaire ses sandales". Tout cela nous le savons et nous avons une autre preuve de cette humilité et de cette grandeur dans l’aveu qui retentit à deux reprises dans l’évangile d’aujourd’hui, au sujet du Christ : "Moi, je ne le connaissais pas". Si Jean-Baptiste nous dit qu’il ne connaissait pas Jésus, c’est pour que nous comprenions le chemin qu’il reste à parcourir pour entrer dans le mystère de cet homme, et par-delà le Christ lui-même, que nous comprenions la distance entre l’idée que nous nous faisons généralement de Dieu et ce qu’il est.

Et, par là, je crois que le Précurseur se révèle un très grand théologien. En effet, tous les grands spirituels, théologiens et mystiques, avant de "dire Dieu", de nous en livrer leur expérience, ont commencé par poser ce principe : Dieu, nul ne peut dire ce qu’il est. Ce n’est pas faire étalage de science que de rappeler avec saint Thomas d’Aquin que "la pointe humaine de la connaissance de Dieu consiste à savoir que Dieu est pour nous un inconnu, que nous ne pouvons pas saisir ce que Dieu est mais seulement ce qu’il n’est pas", et que, "dans le ciel même, comme l’écrit saint Jean de la Croix, les élus qui connaissent Dieu davantage sont aussi ceux qui comprennent le mieux qu’il leur reste un infini à comprendre". Même dans le ciel..., et à plus forte raison sur la terre ; alors Jean-Baptiste connaissait très bien Jésus, ils étaient de la même parenté, Marie et Élisabeth, leurs mères, étaient cousines. Mais beaucoup d’années ont passé dans la solitude et, quand ils se retrouvent, Jean-Baptiste ne reconnaît pas le "petit Jésus" qu’il a connu. De sa prison, il enverra lui demander : "Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?". Vous imaginez la conversion qu’il a fallu opérer pour se laisser dérouter par le messie et sa manière d’être qui ne correspond à rien de ce qu’il imaginait : faire la queue pour être baptisé par lui, se mêler, parmi les impurs aux eaux troubles du Jourdain. Mais c’est dans la mesure où Jean-Baptiste a compris devant le Christ l’infini qu’il lui restait à comprendre que va surgir cette parole absolue et définitive : "c’est lui le Fils de Dieu". Le Christ, il ne le connaissait pas comme ça, mais il atteste : "Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Comment est-il passé de cette inconnaissance à cette reconnaissance sinon par la puissance de l’Esprit, sinon parce qu’il a vu l’esprit des premiers jours de la création descendre et demeurer sur "l’Élu, le bien-aimé". La désignation de Jésus comme Fils, tout comme celle de Dieu comme Père, ne peut venir que de l’Esprit Saint. Pour le voir, - et le verbe "voir" revient dans le texte quatre ou cinq fois : "j’ai vu l’Esprit, j’ai vu et je rend témoignage" - pour le reconnaître, il faut entrer dans la nuée, dans le nuage de l’inconnaissance des mystiques, ce qui est la propre opération de la foi. Alors, la vérité de ce qu’est Dieu advient d’elle-même et l’homme, qui la reçoit, en devient le serviteur.

Le témoignage de Jean-Baptiste nous invite, nous aussi, à une conversion et à une mission. La conversion consiste à concéder humblement que nous connaissons bien mal, bien peu le mystère de l’homme-Dieu. Et pour cause, on n’aperçoit jamais que la moitié de la lune et si nous connaissons le Christ c’est comme quelqu’un dont on ne peut pas faire le tour : il est passé devant parce qu’au commencement il était, mais il s’est effacé aussi, il s’est anéanti pour donner au monde la paix par le sang de sa croix. C’est à cause des signes paradoxaux qu’il a posés que nous attestons que 1e Fils de Dieu est venu et qu’il nous a donné l’intelligence afin que nous connaissions le Dieu Véritable" (1 Jn 5, 20). Nous l’attestons, c’est là notre raison d’être : comme Jean-Baptiste est venu "baptiser dans l’eau pour qu’il soit manifesté à Israël", nous sommes baptisés pour que le Christ soit manifesté aujourd’hui à notre monde : car c’est lui le salut de tout homme, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Moi, je n’en sais pas plus ; je ne sais qu’une chose, je ne le connaissais pas mais je l’ai reconnu à ceci : qu’il a donné sa vie pour moi.




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