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Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande Lumière

24 JANVIER 1999

 

En ligne depuis le vendredi 26 août 2005.
 
 

Après les Epiphanies du Seigneur, l’Eglise nous invite aujourd’hui à le suivre à partir des débuts de son Ministère. On a sauté la scène de la Tentation au désert. Elle introduira notre méditation du Carême. Dès le début, Il appelle à la conversion pour accueillir le Royaume des Cieux. Et Il nous révèle qu’il est déjà là ! C’est en Galilée que s’ouvre sa Prédication. Il s’est éloigné de la Judée, c’est parce qu’Il s’y sait en danger ! Jean Baptiste arrêté, son tour risquait de venir ! Il se livrera quand l’heure sera venue. Mais Il lui faut d’abord jeter les bases de son Oeuvre, semer dans les coeurs la Bonne Nouvelle pour qu’avec l’aide de l’Esprit des hommes puissent s’assembler dans la Foi et la communiquer au monde. Mais Il est venu Lumière dans les ténèbres. Si celles-ci n’ont pas réussi à l’étouffer, elles ne l’ont pas reçue. Tout l’Evangile en est marqué. Enfant, Il a été persécuté par Hérode, plus tard, les gens de Nazareth voudront le jeter dans un précipice, à Jérusalem on essayera de le lapider. Les derniers jours avant sa Passion, Il devra se cacher.

Pourquoi ces oppositions ? N’est-ce pas parce qu’Il annonçait le projet d’Amour de son Père, son désir de sauver tous les hommes. Et si chacun pouvait l’être, ce ne serait pas pour avoir accompli un certain nombre d’actions, acquis des mérites qu’il pourrait présenter comme créances auprès du Seigneur ! On le serait pour avoir cru à son Amour et avoir essayé d’y répondre. Fiers d’eux qu’ils étaient, les champions d’observance de Jérusalem n’étaient pas prêts à l’accepter. Et Lui aura souvent l’occasion de le leur reprocher : ils se targuaient d’avoir obéi à de multiples commandements mais en avaient souvent oublié l’essentiel : répondre à l’Amour du Seigneur, le répercuter dans le respect et le service du prochain.

Ces multiples prescriptions avaient surtout pour but d’empêcher que le peuple ne soit contaminé par les manières des païens méprisés. Mais d’autres juifs, en dehors de la Judée, en particulier à Alexandrie, se préoccupaient au contraire d’attirer leurs concitoyens à la Foi au Dieu Unique. Le Livre de la Sagesse, écrit en grec, est un très beau témoin de cette mise à disposition de leur Foi à des gens d’une autre culture. Et c’est à d’autres gens ouverts que Jésus va d’abord s’adresser, et c’est parmi eux qu’Il trouvera ses premiers disciples. La Galilée n’était pas isolée dans les montagnes, comme la Judée. C’était un lieu de passage. Le Pays de Zabulon s’ouvre sur la Méditerranée, à l’endroit qui est devenu le port d’Haïffa. Celui de Nephtali, avec Capharnaüm est le passage obligé vers Damas, et, plus loin, vers la Mésopotamie. Cela lui avait valu l’humiliation dont parle Isaïe, l’invasion, la déportation d’une partie de sa population et le mélange du reste avec les païens qu’on y avait introduit. Après ce sombre malheur, Isaïe avait annoncé la Lumière d’une grande Joie. Mais la réalisation de cette Promesse s’était faite attendre bien longtemps ! Elle se profile avec l’intervention de Jésus. Il n’était pas venu pour les "justes", mais pour les pécheurs. Ces gens que méprisaient les "bien pensants", ces gens bien conscients de leur misère, Lui ne les méprise pas. C’est à eux qu’Il annonce la Nouvelle, eux vont la recevoir ! C’est alors qu’Il commence par appeler les premiers de ceux qui seront ses Apôtres. Il ne les prend pas parmi l’élite religieuse d’Israël ! Lui non plus n’en faisait pas partie : l’auteur de l’Epître aux Hébreux l’avait relevé : Lui qu’il qualifie de Grand Prêtre, n’aurait, selon la Loi, même pas été prêtre. Il n’en était pas de la caste et on avait bien remarqué qu’Il n’avait pas fait les études rabbiniques ! Il choisit de bons juifs : Pierre dira un jour qu’il n’a jamais consommé de viandes défendues, et il aura, plus tard, encore des scrupules à manger avec des non-juifs, même chrétiens ! Mais c’étaient des hommes en pleine vie, des pêcheurs, des gens qui voyaient passer beaucoup de monde, juifs et païens. Jésus les choisit ainsi, gens étrangers à l’intelligentia de Jérusalem. Il fera pire encore en appelant le publicain Matthieu et Simon le zélote (terroriste) ! Si Paul, le Pharisien, va le rejoindre, ce sera au prix d’une rupture douloureuse !

Ce n’est pas ainsi, pour la plupart d’entre nous, que le Seigneur nous a appelés. Mais ne reste-t-il pas en nous quelque chose des gens de Jérusalem ? Dans un monde qui perd ses repères, nous avons la chance de croire, nous sommes ici rassemblés pour prier, nous nourrir de la Parole, communier, constituer l’Eglise. Avons-nous assez conscience que c’est de la part du Seigneur un Don inestimable ? Savons-nous vraiment en rendre grâces ? Devant le Seigneur savons-nous sans cesse l’appeler à notre aide quand nous constatons à quel point notre manière de nous comporter est loin de faire porter tous ses fruits à ce qu’Il nous a donné ? Nous avons aussi à nous poser des questions vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas notre Foi ou notre manière d’envisager la vie. Eux aussi ont reçu des dons du Seigneur : savons-nous ouvrir les yeux pour les discerner et les apprécier, en particulier chez ceux que leur religion ou leurs préjugés les empêchent de connaître l’immense Amour de Dieu qui nous est manifesté en Jésus Christ.

Cela doit nous aider à nous situer face au scandale de notre division entre chrétiens. Jésus a prié pour que nous soyons Un. Paul reprochait déjà aux Corinthiens de se diviser en clans qui se recommandaient d’un Apôtre ou d’un autre. Dans notre recherche de l’Unité, que notre attachement à notre Eglise ne soit qu’un aspect de notre conversion fondamentale, notre attachement à l’Unique Sauveur. Et sachons reconnaître les richesses de leur Foi chez nos frères chrétiens qui ne vivent pas des mêmes traditions, des mêmes pratiques. N’est-ce pas ainsi que la Lumière du Christ se répand sur nos Zabulons et nos Nephtalis ? Et si, grâce à ceux qui ont été appelés à devenir Pêcheurs d’hommes, nous avons eu la joie de recevoir cette Lumière, nous aussi, en nous en laissant pénétrer nous aussi pouvons la rayonner. Quelle joie ce sera un jour de le constater !




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 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande Lumière



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