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Regarder Jésus

2 AVRIL 1999 LA PASSION DU VENDREDI-SAINT

 

En ligne depuis le vendredi 26 août 2005.
 
 

« Ils regarderont Celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10). Oui, frères et soeurs, en accueillant ce récit bouleversant de la Passion, nous allons regarder Jésus, Celui que nous avons transpercé. Le regarder, non pas comme les soldats, qui font leur triste et banale besogne, ignorants tout du Mystère qui s’accomplit sous leurs yeux. Non pas comme les chefs des juifs qui ricanent et savourent leur revanche (cf. Lc 23, 35). Ni même comme les Apôtres, écrasés par le poids des événements - leur foi d’ailleurs n’y a pas résisté - et qui, peut-être, comme Pierre chez Caïphe, regardent de loin (cf. Lc 22, 54). Non, c’est de près, de tout près, au pied même de la Croix que, le coeur en éveil, nous allons regarder. Regarder avec Marie de Magdala vers la source du pardon. Regarder avec Jean, le disciple que Jésus aimait, vers la source de la sagesse. Regarder avec Marie, la Mère de Jésus, qui se tient là, debout, au pied de la Croix, vers la source de toute fécondité spirituelle (cf. Jn 19, 25-26).

Avec Marie de Magdala, laissons-nous toucher au plus intime par l’infinie détresse de cet homme de douleur, de toutes parts broyé par les ténèbres de la souffrance (cf. Is 53, 3). Et ravivons en nous un sincère regret, une vive contrition, de nos péchés qui l’ont conduit jusque là - car, ne nous y trompons pas, c’est « à cause de nos crimes qu’il a été transpercé » (Is 53, 5). Alors, avec Marie de Magdala, prosternons-nous au pied de la Croix, « n’osant même pas lever les yeux au ciel » et implorons, humblement, le pardon de nos fautes : « Mon Dieu, mon Jésus, aie pitié du pécheur que je suis » (Lc 18, 13). Entrons dans cette « grande lamentation dans Jérusalem comme sur un fils unique », accueillons cet « esprit de grâce et de supplication » (Za 12, 10-11), qui est déjà le beau fruit de cette eau purifiante qui descend de la Croix.

Dans l’eau vive qui jaillit du Coeur transpercé, Marie de Magdala voit la source du pardon, la « fontaine ouverte pour David et pour les habitants de Jérusalem afin de laver péché et souillure » (Za 13, 1).

Mais, en même temps, avec Jean le Théologien, laissons résonner en nous la dernière parole de Jésus : « Tout est accompli » (Jn 19, 30). « O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science et de Dieu. Que [...] ses voies incompréhensibles » (Rm 11, 33). Au coeur même de ce Vendredi d’horreur, se dévoile aux yeux de la foi la fulgurante beauté du plan de Dieu. De ce dessein bienveillant, mûri de toute éternité au coeur de Dieu, mis en oeuvre en figures dans les temps anciens et aujourd’hui accompli au Calvaire. Le sacrifice de Jésus réconcilie une fois pour toutes la terre et le ciel. En cet acte suprême, auquel est suspendue toute l’histoire du monde, Dieu manifeste son trop grand amour : par pure miséricorde, il nous livre son propre Fils afin qu’en lui, Nouvel Adam, Grand-Prêtre pris d’entre les hommes, nous ayons part à l’oeuvre de notre propre relèvement et acquittions en toute justice le prix de nos fautes. Jamais la justice et la miséricorde de Dieu ne s’étaient aussi étroitement et paradoxalement embrassées. Vraiment, la Parole de la Croix est le chef d’oeuvre de la Sagesse de Dieu (cf. 1 Co 1, 18 ss.), « Sagesse infinie en ressources que Dieu a déployée en ce dessein éternel conçu dans le Christ Jésus » (Ep 3, 10). Dans l’eau vive qui jaillit du Coeur transpercé, Jean voit s’ouvrir pour les croyants les trésors de la sagesse et de la connaissance de Dieu (cf. Col 2, 3). D’une part, il contemple la réalisation du Mystère de sagesse tenu caché depuis les siècles et, d’autre part, il accueille, jubilant, le don de l’Esprit de sagesse qui nous donne d’entrer dans l’intelligence de ce Mystère, dans la vérité toute entière (Jn 16, 13).

Enfin, avec Marie, la Mère de Jésus, ne faisons plus qu’un avec Jésus - car ce n’est plus Marie qui vit, c’est le Christ qui vit en elle (cf. Ga 2, 20) - de sorte que la lance qui ouvre le côté de Jésus transperce aussi son âme - notre âme - d’un glaive de douleur (cf. Lc 2, 35). Et qu’aussitôt, de cette blessure intime et féconde, jaillisse en nous l’eau vive. Car celui qui croit, celui qui, par la foi et par l’amour, ne fait plus qu’un avec Jésus-Crucifié, celui-là à son tour, à l’image de Marie, la Mère des vivants, devient source. De son sein coulent des fleuves d’eau vive (Jn 7, 38), des fleuves d’amour, pour étancher et la soif de Dieu et la soif des hommes.

Dans l’eau vive qui jaillit du Coeur transpercé, Marie voit ce Fleuve qui sort du côté droit du Temple (Ez 47, 1) et réjouit la Cité de Dieu (Ps 46, 5). Partout où passe ce torrent la vie éclate et les arbres plantés près du cours de ses eaux portent des fruits toujours nouveaux (Ez 47). Déjà, en Marie, déjà en nous, l’Esprit jailli du Coeur ouvert fait germer un fruit qui fructifie en vie éternelle.




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