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Pâque de la joie

18 AVRIL 1999

 

En ligne depuis le vendredi 2 septembre 2005.
 
 

Les Évangiles de la Résurrection nous parlent tous d’une expérience de rencontre qui nous fait passer de la tristesse à la joie, de la peur à la paix, de la mort à la vie. Rencontre avec le Ressuscité qui donne la vie là où la mort exerçait son empire. L’évangile de ce jour explicite d’une manière unique cet événement de rencontre en insistant en particulier sur le processus d’approfondissement et de découverte lié à toute rencontre. Le Christ vient à notre rencontre et donne à cet événement tout l’espace et le temps qu’il nous faut pour que nous puissions mesurer l’ampleur de notre attente, l’abîme de notre détresse, que nous puissions y descendre, l’exprimer, en découvrir le sens caché et voir que c’est bien là qu’il veut venir nous rejoindre. Le Ressuscité d’entre les morts vient faire oeuvre de régénération à la source de notre Être. Il s’agit bien d’une nouvelle Création, d’un fait de Dieu unique et absolument gratuit. Comme pour les disciples d’Emmaüs, l’Écriture nous conduit sur ce chemin, elle est la Parole vivifiante de Dieu, parole arrachée au chaos, à la douleur, à l’oubli, à la mort ; cri de joie du Salut jailli du plus profond de la plainte de l’homme. Elle est bien notre unique et notre meilleur pédagogue vers le Christ qui surgit victorieux du plus profond du tombeau.

En entrant dans ce mystère, le coeur brûle et crie de joie. Et cependant, quelque chose peut nous retenir sur le seuil de cette joie et c’est la réalité terriblement triste de ce monde. La plus grande partie de l’humanité ne connaît pas cette joie. Elle a faim, elle a peur, elle connaît la frustration et la désillusion, elle plie sous les coups de la violence la plus insensée. Peut-être sommes-nous de ceux-là. Pourrions-nous être heureux devant tant de malheur et tant de malheureux ? Bien sûr que non si la joie qui était la nôtre était étrangère au malheur du malheureux, et jusqu’à nous le faire oublier. Mais c’est bien le contraire dont il s’agit. La joie des disciples d’Emmaüs, ce n’est pas la joie du touriste qui court au club Méditerranée, c’est la joie du disciple qui court auprès du frère désemparé, en sa nuit illuminée par le Christ venu à sa rencontre. Cette joie qui a jailli comme la lumière au coeur de notre nuit, ce n’est pas la mauvaise joie du possédant, du possédant pour soi, ou juste pour quelques-uns, mauvaise joie qui est une insulte à la détresse du malheureux et qu’il se procure bien souvent à ses dépens. Ce n’est pas vraiment non plus la bonne joie de nos bons moments partagés même si cette joie-là est sans aucun doute un reflet de cette autre joie. Cette autre joie, c’est l’heureuse joie de Celui qui passa de la mort à la vie, de la douleur à la joie, joie pour ceux qui sont sans joie, joie bienheureuse qui réjouit ceux qui pleurent, d’autant plus heureuse et inébranlable qu’elle ne peut pas venir de nous, c’est une joie pascale. Soyons donc joyeux de cette joie-là et que notre joie de Pâques ne soit pas sans une pâque de la joie, soyons le mémorial de la joie de ce monde sans joie, soyons les gardiens de la joie pour ce monde où coulent le sang et les larmes.

Joie du Ressuscité, Ressuscité de notre joie qui nous libère de toute peur, de tout repli sur soi en nous dépossédant de soi, qui nous recrée en notre capacité d’accueil, de don et de partage, en notre capacité d’être autre, d’être cet autre que nous rencontrons, qui nous fait vivre par Lui et pour Lui. Lui, le Christ, c’est l’autre et c’est le Tout-Autre, c’est Dieu et c’est le prochain, ça n’est jamais l’un sans l’autre ni l’un avant l’autre. Qui voit le Christ voit Dieu dans le prochain et voit le prochain en Dieu, il ne voit jamais Dieu sans voir le prochain. Le Christ ne nous unit pas à Lui sans faire oeuvre de communion entre nous, il nous unit en vérité les uns aux autres quand il nous unit à Lui, bien au-delà de ce dont nous serions capables par nous-même. Sacrement de l’autel et sacrement du frère inséparablement. C’est bien ce qu’ont vu les disciples d’Emmaüs dans le geste de partage de Ressuscité. Reconnu dans la fraction du pain et dans le pain partagé de nos vies, il est Vivant parce qu’il est vie donnée. La vie est une affaire trop sérieuse pour en faire notre affaire et la mort hante la vie de qui la réduit à ses seuls intérêts. Il a tout à y perdre celui qui veut la garder. N’ayons pas le souffle court ! Partageons le pain de la vie, vivons de ce partage. Voilà une invitation à rencontrer le Ressuscité dans le partage renouvelé de notre auberge dominicale de Rangueil. Qui sommes-nous ? Que vivons-nous ? Il y a du pain sur la planche à partager. Savez-vous ce qui s’est passé pour les disciples d’Emmaüs quand il n’y eut plus rien à voir ? Ils se sont regardés comme ils ne s’étaient jamais vus ; ils partageaient le pain de vie, ils étaient comblés de joie.




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 Pâque de la joie



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