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Il nous précède et nous guide sur le chemin

25 AVRIL 1999

 

En ligne depuis le vendredi 2 septembre 2005.
 
 

Frères et soeurs, si Jésus revenait aujourd’hui vers nous Français pour nous redire l’essentiel de l’évangile que nous venons d’entendre, j’ai le sentiment qu’il éviterait d’employer la métaphore du Pasteur qui suggère le thème du mouton et ne flatte guère notre orgueil ; peut-être utiliserait-il l’image du guide de haute montagne, plus noble et plus évocatrice dans nos contrées. Mais en tout cas, le résultat serait le même, dans la mesure où il s’agit moins aujourd’hui de présenter le troupeau ou les encordés, que celui qui est à leur tête, qu’on l’appelle Pasteur ou Guide, et d’en présenter quelques traits essentiels. L’évangile souligne trois de ces traits : il indique le but aux brebis, il les accompagne vers ce but, et il connaît chacune personnellement. Arrêtons-nous un moment sur ces différents points.

La première qualité du pasteur ou du guide, celle qui fait qu’il marche en tête, c’est qu’il conduit vers le but ceux qui sont censés le suivre. L’évangéliste Jean parle de pâturage, mais il se fait plus précis sur la fin du passage où Jésus dit : « je suis venu pour que les hommes aient la vie en abondance ». Il n’est sans doute pas le premier, ni n’a été le dernier à promettre cela, une vie belle ou nouvelle, à ceux qui le suivent, mais il est le seul à avoir tenu parole. Par sa résurrection en effet, Jésus manifeste qu’il est déjà parvenu à ce but, qu’il a vaincu ce sommet pour reprendre l’image de la cordée : il en connaît parfaitement le chemin, et il l’ouvre définitivement, quand d’autres n’offrent à ceux qui les suivent qu’une vie encore toute limitée par les réalités terrestres ; voyez ce qu’il en est de ce fameux « New Age ». La vie que Jésus promet, et qu’il nous donne si nous le suivons, autrement dit si nous passons par la bonne porte, c’est tout autre chose qu’une vie confinée, c’est une vie sans fin et qui, à ce titre, est surabondante ; je dis bien « qu’il nous donne » et non pas qu’il nous donnera : car nous tenons déjà, ne serait-ce que dans l’eucharistie, les prémices de cette vie. La deuxième qualité du pasteur, c’est après avoir déterminé le but, il est capable d’y conduire très sûrement son troupeau en l’accompagnant de sa présence et de sa voix. « Mes brebis écoutent ma voix ». L’expérience montre qu’il n’est pas rare que les brebis se perdent, mais c’est toujours qu’elles se sont préoccupées d’elles-mêmes plus que du pasteur, qu’elles ont oublié sa voix. Dans le monde d’aujourd’hui, au milieu de la cacophonie ambiante, il n’est certes pas facile d’entendre cette voix, plus proche du bruit de la brise que de l’ouragan, pas facile non plus de discerner cette présence. Mais il existe quelques lieux où cette voix et cette présence se font connaître de manière sûre, à savoir dans les sacrements et à l’écoute de la parole de Dieu. Certes, notre Dieu ne parle pas que là : il parle aussi par nos frères, par les événements, des plus joyeux jusqu’aux plus douloureux comme ceux qui se déroulent actuellement dans les Balkans, et nous devons y être attentifs, essayer de tirer des leçons de ce que le concile Vatican II appelle des « signes des temps » ; mais nous devons l’être plus encore à ne manquer aucune occasion de participer à la vie sacramentelle de l’Église et d’écouter la parole de Dieu.

C’est en effet dans ces occasions-là qu’il nous sera donné d’éprouver la troisième qualité du pasteur, de nous rendre compte à quel point notre Seigneur nous connaît. Tout récemment, je rencontrais une de mes cousines qui pratique l’élevage de brebis : elle en a plusieurs centaines, et j’ai été frappé de constater que, même si les brebis n’étaient connues que par des numéros, elle savait parfaitement les différencier, expliquer le caractère de chacune et dire ce qui lui convenait. Bien sûr, nous portons des noms et non des numéros, mais le rapport que le Seigneur a avec chacun d’entre nous est du même type, sans doute même encore plus profond : car il nous est plus intime que l’intime de nous-même, il est près de nous, il nous cherche alors que nous ne soupçonnions même pas sa présence. Un psaume dit cela à merveille : « Seigneur, tu me sondes et me connais ; que je me lève ou m’assoie, tu le sais, tu perces de loin mes pensées ; que je marche ou me couche, tu le sens, mes chemins te sont tous familiers. » (Ps 138)

Frères et soeurs, aujourd’hui nous sommes invités à prier pour la naissance de vocations religieuses et sacerdotales dans l’Église du Seigneur : car il en faut. Mais il faut plus encore des frères et des soeurs attachés à suivre Jésus le bon Pasteur : non pas comme des moutons mais en communion profonde avec lui, comme de « libres encordés » qui ont besoin d’être guidés sur la route de la vie et qui savent que sans Jésus ils ne toucheront pas au but. Comme y invite la deuxième lecture, « revenons vers le berger qui veille sur nous » : il saura nous donner tout ce qui est nécessaire pour nous conduire vers la vraie vie.




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