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Saint Dominique vivant

24 MAI 1999 TRANSLATION DES RELIQUES DE NOTRE BIENHEUREUX PÈRE SAINT DOMINIQUE

 

En ligne depuis le vendredi 2 septembre 2005.
 
 

« En actes comme en paroles honore ton père, afin que la bénédiction le vienne de lui » dit le Sage (Si, 3, 8).

Nous fêtons aujourd’hui la translation des reliques de saint Dominique : en 1233, 12 ans après sa mort, en effet, nos frères de Bologne exhumèrent le corps qu’ils avaient enterré comme n’importe quel mort, selon son désir, et le placèrent dans une tombe plus riche. Pourquoi avaient-ils tant attendu ? Je crois qu’en lui évitant un trop beau tombeau, nos frères de la première génération avaient bien compris que notre bienheureux Père ne doit pas tant reposer sous nos pieds ni s’exposer dans nos reliquaires, que vivre au plus intime de notre être. Entrons donc, mes frères de 1999, dans le sanctuaire de notre coeur, et posons-nous la question : « Qu’est-ce que je pense quand je pense à saint Dominique ? » Je pense à l’homme charmant dont soeur Cécile était peut-être encore un peu amoureuse, quand elle nous en fit le portrait, dans ses vieux jours. Je pense à l’ardent visage de marbre que ses reliques nous ont rapporté naguère des profondeurs de l’oubli. Je pense à la compassion, à la prédication, aux miracles, à la prière prodigieuse du patriarche que nous invoquons tous les soirs. Imple Pater quod dixisti ! Mais je pense aussi à une époque révolue où Jésus lui-même souriait dans la beauté des paysages de Castille, où le goût de la vérité remplissait les places publiques du Lauragais de foules avides de salut, où l’Écriture et la doctrine étaient assez puissantes pour se retirer elles-mêmes du feu où on les avait jetées, et le Salve Regina assez retentissant pour attirer la Vierge Marie en personne à la bénédiction des frères, aux Complies... Alors la vague sublime de la nostalgie me submerge, car ce temps n’est plus ! J’errais hier dans les rues désertes de Fanjeaux : la télévision a vidé les places du village et le paysage parle plus d’une agriculture en crise que de la munificence du Créateur. Hier soir encore nous chantions le Salve regina et Marie n’est toujours pas venue... Finalement, en croyant célébrer aujourd’hui la translation des reliques de notre bienheureux père saint Dominique, évoquerions-nous seulement le déplacement d’un squelette, le transvasement des quelques os desséchés de Domingo de Guzman ?

Je me tourne vers vous, mes frères, et je crie au miracle ! Car en vous ces os se couvrent de chair, son esprit vit en vous : saint Dominique est vivant dans le prodige de notre vie commune ! Je me tourne vers nous, mes frères, et je regarde : dans un couvent il y a des brebis et des loups, disait le Père Provincial le jour de ma profession solennelle. Mais il y a beaucoup plus : de vieux lions, des renards malins et de jeunes chiens fous, et des ours - impressionnants !- ; il y a des aigles, des coqs, -et plein de pigeons ! Il y a des chiens savants (je m’y connais) et des vieilles chouettes ; j’ai même senti un ou deux pittiwitti, et remarqué un cybermoine et des internautes ! Oui, chers amis, les espèces les plus diverses trouvent le salut dans l’arche noire et blanche de saint Dominique ; chez nous déjà, le loup paît avec l’agneau et le serpent conseille la colombe ! Comment cela serait-il possible sans Dominique vivant, sans Dominique priant, sans Dominique présent ? Je me tourne vers vous, mes frères, et j’écoute. J’entends en particulier une voix, récemment éteinte dans notre couvent mais qui sera toujours présente dans l’Ordre des Prêcheurs : « Tu sais, mon petit, la vie qu’on mène ici, c’est exactement pour ça que j’ai fait profession dans l’Ordre il y a soixante-dix ans ! » (P. M.-J. NICOLAS o.p.). Oui, quand je pense à saint Dominique, je pense à ses fils et à ses filles innombrables qui ont pu se dire une chose pareille de générations en générations, depuis que l’idéal de la vie du prêcheur a été incarné par Dieu dans le coeur de notre bienheureux Père ! Mes frères, nous sommes « choisis et prédestinés en saint Dominique, unis à lui par un lien ineffable et vital » (P. VAYSSIERE o.p.) : à la suite du Christ avec lui, soyons fidèles au Père qui nous a choisis, croissons en charité, gardons l’humilité, possédons la pauvreté volontaire !

« Qu’un père vienne à mourir, c’est comme s’il n’était pas mort, car il laisse après lui un fils qui lui ressemble ! » (Si 30, 4).




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