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Le Royaume de Dieu

18 JUILLET 1999

 

En ligne depuis le vendredi 2 septembre 2005.
 
 

Frères et soeurs, les commentateurs bibliques sont, vous le savez sans doute, rarement d’accord entre eux. Je pense qu’ils sont pourtant unanimes à considérer que la prédication primitive de Jésus a dû porter sur le Royaume de Dieu, peut-être à la manière dont nous le rapporte saint Marc : « Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est proche ». Ce thème du Royaume de Dieu devrait donc être cher à notre foi, mais il faut reconnaître qu’il ne fait sans doute pas partie de notre réflexion quotidienne. Profitons donc du fait que l’évangile du jour nous en parle, sous la forme sans doute plus juive et plus ancienne de « Royaume des cieux », pour tenter d’en approcher le contenu.

Les paraboles qui viennent de nous être rapportées nous orientent sur trois caractéristiques. La première est que cette réalité ne concerne pas seulement le monde à venir, mais le monde d’aujourd’hui tel que nous le connaissons. Ce royaume, nous dit Jésus, est comparable à un champ, et ce champ, c’est le monde ; ou bien il est comparable à une graine qui pousse ou fait lever la pâte, dans ce même monde S’intéresser au royaume de Dieu ne demande donc pas de se retirer du monde, mais bien au contraire de le scruter.

J’ai employé le terme « scruter ». Tout simplement parce que la réalité du royaume, et c’est là le deuxième enseignement de notre évangile, ne se laisse pas discerner facilement. C’est une réalité minuscule dans son origine et grande dans ses effets, analogue à un grain de sénevé, ou au levain dans la pâte. C’est aussi, nous dit Jésus, une réalité imbriquée dans notre monde à la manière de l’ivraie et du bon grain : et les experts en botanique nous disent que l’ivraie se différencie très difficilement du bon grain. Bref, une réalité enfouie si profondément dans notre monde qu’il est facile de la négliger. Pour le dire autrement, il s’agit d’une réalité qui a peu de chances d’intéresser les médias d’aujourd’hui

Mais, et c’est là un troisième enseignement qui ressort indirectement de notre évangile, c’est pourtant une réalité sur laquelle le Seigneur veille avec grande attention, et qui grandit même si nous ne la voyons pas. Rien de plus normal en fait : car elle est la manière même dont Dieu vit au coeur de notre monde, cette puissance d’amour par laquelle il rassemble ceux qui se confient en lui.

Alors, me direz-vous, comment nous est-il possible à nous d’appréhender une telle réalité, et mieux encore de contribuer à la faire grandir ? Je crois que nos lectures nous orientent dans deux directions. La première attitude qui nous est demandée aujourd’hui, par la deuxième lecture, c’est d’appeler sur nous et notre monde le don de l’Esprit-Saint. Car lui seul scrute les profondeurs de Dieu et peut nous permettre de discerner cette présence discrète du Royaume de Dieu au coeur de notre monde : celui qui regarde son frère et le monde avec les yeux de l’Esprit-Saint, s’il est possible de parler ainsi, a toutes chances de le voir bien autrement qu’il n’apparaît à un coeur de chair.

La deuxième attitude est une invitation à la patience, qui se présente comme une des formes de la miséricorde. Être patient ne veut pas dire être insensible ou aveugle, et les serviteurs de la parabole ne le sont d’ailleurs pas, mais cela veut dire donner le maximum de chances à tous d’entendre le message de bonheur qui vient de la présence de ce royaume, et cela veut dire surtout faire confiance à Dieu pour qu’il soit entendu : trop souvent, parce que nous ne sommes pas entendus dans l’instant même où nous avons parlé, nous pensons que le message que nous avons voulu transmettre n’a pas été reçu, qu’il a été étouffé, mais qu’en savons-nous au juste ? Sommes-nous nous mêmes si prompts à répondre aux invitations divines ? Dieu n’a-t-il pas une autre perception du temps que la nôtre ?

Permettez-moi de vous faire une confidence. Quelques années avant de rentrer chez les Dominicains, je logeais chez un vieux pianiste qui tentait de me convaincre des vertus de la foi chrétienne : je l’avais écouté alors d’une oreille plus que distraite, et il est mort sans connaître, de son vivant, le modeste fruit que sa parole avait porté bien des années plus tard. Il a sans doute rejoint dans le ciel saint Augustin qui proclamait dans les Confessions, dans la ligne même de l’évangile de ce jour : « Seigneur, votre patience est invincible, votre miséricorde infinie, quoique l’une et l’autre soient inséparables de votre justice. Que si vous vous taisez pour un temps, votre silence ne durera pas toujours ».




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