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Le don de Dieu

17 OCTOBRE 1999

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

Le récit que nous venons d’entendre ne serait-il qu’une anecdote ? Le Christ n’énoncerait-il ici qu’une simple réponse de caractère moral, une exhortation de savoir-vivre civique à partir de laquelle nous pourrions formuler un onzième commandement : « payez vos impôts » ? Non, la parole de Jésus est d’abord Évangile, c’est-à-dire Bonne Nouvelle, message de salut, parole qu’alimente notre être et nous sauve.

Voyons donc de plus près cet Évangile. Nous y avons entendu la question des Pharisiens, question qui est d’ailleurs viciée dans ses racines : Ils attestent que Jésus est Maître véridique, mais le texte dit bien que leur intention n’est pas la quête de la vérité pour être sauvés, mais un piège pour confondre Jésus. La vérité, au fond, ne les intéresse point. Quelle est cette question ? : Est-il permis ou non de donner l’impôt à César ? . Le terme employé est celui de « donner » (didonai). La réponse de Jésus se place dans une toute autre perspective. Il répond : Rendez au César ce qui est au César et à Dieu ce qui est à Dieu. « Rendez » (apodidomi) : rendre, restituer, remettre, accorder en retour. Rendre n’est pas la même chose que donner. Seulement Dieu donne ; l’homme ne fait que restituer.

L’homme rend à son semblable des choses qui lui sont dues en raison de sa dignité, de ses besoins, ou en raison de la justice : le citoyen profite des services que l’État lui dispense, et il est juste qu’il les paye. Tout homme peut rendre des choses à un autre homme. Voilà ce que l’on peut appeler un « commerce horizontal ». Mais n’oublions pas le « commerce vertical » que Dieu entretient avec les hommes. Dieu donne à l’homme tout, et tout gratuitement. Dieu donne à l’homme tout ce qui existe, à commencer par sa propre existence. Dieu donne l’homme à l’homme. Mais il lui donne aussi son Nom et son Alliance ! Il appelle par leur nom Abraham, Moïse, Samuel ; il consacre David roi du peuple élu, mais il appelle aussi Cyrus, le roi des mèdes et des perses, car il n’y a pas de frontières pour son Alliance. Qu’avons nous entendu dans la 1ère lecture ? : Je t’ai appelé par ton nom -dit le Seigneur à Cyrus- Je te donne un titre ; Je te ceins, sans que tu me connaisses, afin que l’on sache du levant au couchant qu’il n’y a personne sauf moi. Je suis le Seigneur et il n’y a pas d’autre. Dieu bâtit une Alliance avec l’homme et l’appelle à lui bâtir un sanctuaire. Moïse dresse la Tente au désert ; Salomon fait édifier le Temple à Jérusalem ; et Cyrus, César des perses, au livre des Chroniques, fait proclamer -et même afficher- dans tout son royaume : ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel (...) m’a chargé de lui bâtir un temple (...). Quiconque, parmi vous, fait partie de tout son peuple, que son Dieu soit avec lui et qu’il monte (II Ch 36, 22-23).

Oui, montons vers Lui, nous, son peuple ; mais, était-il possible de lui faire, de lui rendre une demeure comptant sur nos propres forces ? Le Seigneur savait que nous ne pouvions pas lui rendre un temple digne de lui s’il ne nous le donnait pas auparavant. Ainsi, il planta sa tente parmi nous : Voici qu’il frappe dans le métal argileux de notre humanité le précieux visage de son Fils, et notre argile devient de l’or. Qu’allons nous faire de ce trésor qui nous est donné ? Que font Joseph et Marie ? Ils vont au Temple ; C’est la Présentation : Dieu avait donné l’homme à l’homme ; maintenant l’homme rend Dieu à Dieu. Voilà notre appel. Voilà Cyrus qui rend le Temple, voilà la veuve qui rend les deux piécettes, son tout ; voilà Jésus qui envoie Pierre chercher dans un poisson non pas le didrachme, la pièce d’argent, mais un statère d’or, 10 fois plus. Quelle merveilleuse image : le poisson, symbole du Christ ; 10 fois plus, la surabondance du rachat !

Oui, rendons à César (à celui qui est au-dessus de nous, à celui qui est à côté de nous, à l’homme tout court, César par sa dignité, roi par son baptême) rendons à César, dis-je, ce qui lui revient ; mais toi, César, accomplis l’Alliance : rends à Dieu ce que tu as reçu gratuitement. Rends-lui ce visage, frappé à l’image du Verbe ; rends-lui l’assentiment de ton intelligence et le consentement de ta volonté, modelées à la ressemblance de Dieu. Le sanctuaire que Dieu s’est choisie c’est toi, qui vas recevoir Dieu. N’accapares pas le don de Dieu dans un exil. Rends le sanctuaire à ton Dieu. Amen.




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