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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 30 >>   Le commandement de l’amour

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Le commandement de l’amour

24 OCTOBRE 1999

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

Qu’y a t’il de plus essentiel, de plus désiré, de plus attendu dans le cœur de chaque homme que l’amour. L’amour en christianisme a pour nom charité et la charité est le résumé de tout l’évangile. La charité est loi du Christ, le principe et le cœur de tous les commandements, de tous les préceptes, de toutes les exhortations de l’Ancien et du Nouveau testament, l’âme de toutes les vertus, la charité en laquelle se noue toute perfection et toute sainteté. Dieu est charité et la charité nous immerge en Dieu, nous assimile à lui, à son mystère en sa triple formalité d’amour de Dieu, d’amour de soi et d’amour du prochain. D’amour de Dieu aimé pour lui-même et par dessus toute chose, tout être, amour donné et reçu de Dieu, amour qui dans un même élan embrasse le prochain, amour qui jaillit de Dieu redescend sur ceux qu ’Il aime. Il n’y a qu’un seul amour, la charité ne se divise pas, elle vient de Dieu et va à Dieu comme sa source et sa fin, elle enveloppe tout à partir de Dieu, soi-même et tout homme dont je me fais proche par l’amour. La charité qui vient de Dieu et retourne à Dieu aime tout ce que Dieu aime et comme Il aime , comme le Christ incarnation de la divine charité nous l’ a appris et nous en donne la grâce. Telle est la mesure de l ’amour ici-bas, de nos pauvres amours.

Ne confondons jamais la charité et la philanthropie aussi noble soit-elle, celle-ci ne suffit pas. Le risque même c’est de rabattre le premier commandement sur le second qui lui est semblable mais qui n’en est pas la source. Aimer le prochain c’est l’aimer tel qu’il est ou plus exactement tel que Dieu veut qu’il soit, ce qu’il est appelé à être dans le Christ Jésus. Tout amour humain n’est pas charité, il n’y a pas de charité sans la Foi, sans l’ Espérance et sans prière ; « sans prière nous ne pouvons pas aimer » disait M. Delbrel. Sans prière, sans conversion du cœur, sans sacrements nous n’aurons à offrir que notre amour, un bel et grand amour humain sans doute et au mieux, mais la charité est plus, elle est l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Cet amour nous traverse, nous transperce en quelque sorte pour aller du cœur de Dieu à d’autres, dans les autres. Un seul et même amour qui sans se diviser se différentie et s’ordonne selon ceux qui me sont donnés à aimer : époux, épouse, enfants, parents, amis, voisins, étrangers, pécheurs et ennemis mêmes. La charité est universelle mais elle n’est jamais anonyme. Elle s’accroît et nous perfectionne, elle édifie et rectifie les faiblesses et les fragilités de nos sentiments et de notre volonté. Don de Dieu elle peut se perdre par notre faute, par nos péchés. Aimer Dieu, aimer son prochain, s’aimer soi-même, voilà qui peut surprendre en apparence. Rappelez-vous la maxime : « charité bien ordonnée commence par soi-même ». En effet qui ne s ’aime pas ne peut et ne sait pas aimer son prochain. Cet amour là n’est ni égoïsme, ni narcissisme, ni même amour propre. S’aimer soi-même consiste « à se tenir dans la lumière » disait le cardinal Journet : si je suis dans la lumière de Dieu, j’aime Dieu et j’aime ce qu’il aime, c’est à dire toute chose qui sont de Dieu parmi lesquelles il y a moi. Non seulement je peux mais je dois m’aimer de charité, aimer en moi ce que Dieu aime, ce que je suis en mon âme et en mon corps, non pas tel que je me rêve ou tel que je suis devenu par l’intrusion du péché, mais bien tel que Dieu me veut. S’aimer soi-même de charité c’est se vouloir dans la sainteté et haïr en soi les tendances pécheresses, les complicités coupables avec le mal. Un juste amour de soi veut que nous arrachions ou plutôt que Dieu arrache en nous ce qui est mauvais et fasse grandir ce qui est bon et saint. Il n’y qu’un seul amour infini, une seule charité avec son double visage d’amour de Dieu et des frères, tout le reste passera, même la Foi, même l’Espérance, la charité, et elle seule, ne passera jamais. Nous en avons la certitude, comme l’a dit saint Paul, la certitude absolue.




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 Le commandement de l’amour



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