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Le témoin

12 DÉCEMBRE 1999

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

Rendre témoignage, qu’est-ce que c’est ? De Roméo, Juliette sait en témoigner. Papa-maman sont reconnus tous les jours par les enfants. Je peux rendre compte, et je sais à qui, de quelques bons chocolatiers à Toulouse. L’Épouse aime écouter l’ami de l’Époux parler de l’Époux.

Rendre témoignage, c’est dire tout à la fois qui tu es, qui il est, qui je suis ; qui nous sommes les uns pour les autres, que nous ne sommes sans l’autre ; c’est ouvrir un espace infini à l’intérieur de toutes nos relations, infini comme le désert. Quand je dis : "moi", je ne suis pas témoin, je suis pécheur.

Quelqu’un vient qui exige pour le reconnaître que nous lui rendions témoignage avec tout le poids de notre histoire et de notre humanité, quelqu’un qui a voulu se laisser mesurer par ce que nous sommes, qui a voulu dire qui il est pour nous, qui nous sommes pour lui et les uns pour les autres. C’est bien cette histoire et cette humanité qu’il vient rencontrer, habiter et recréer. Jean est le témoin de cette rencontre. Avec lui, nous sommes invités à prendre la mesure de ce qui se joue dans cette rencontre. Mais au moment où il faut s’exposer avec toute son histoire et son humanité pour bien prendre la mesure de Celui qui vient, Celui qui vient bouleverse toute mesure et toute chose préétabli. Le choc est sans précédent et rien n’est épargné par l’onde de choc ; je n’en sortirai pas indemne. Sommé de s’expliquer en qualité de témoin dans ce procès qui déjà commence entre ce monde et Celui qui vient, Jean, l’homme du désert, va devenir, dans son total dénuement, le seul témoin qui convenait. Il confessa, il ne nia pas, il confessa, et il nous dit :

-  Je ne suis aucun des grands témoins accrédités qui l’ont précédés, les plus grands parmi eux ne peuvent même pas parler de lui ; lui, c’est le plus grand qui se fait le plus petit. Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui, c’est le Roi qui vient laver les pieds de ses disciples.
-  Je ne suis pas digne d’exprimer la moindre clarté à propos de lui ; lui, c’est la lumière qui luit dans les ténèbres.
-  Je ne suis pas digne de prononcer de lui un seul mot ; lui, il est le Verbe fait chair. Je ne suis pas digne qu’il vienne à ma rencontre ; lui, il est le Saint, le Saint de Dieu plongé dans les eaux du baptême.
-  Je ne suis pas, je ne suis pas sans lui, lui sans qui rien ne fut.

Jean confessa, il ne nia pas, il confessa :

-  Tu es le plus grand qui se fait le plus petit et tu grandis quand je diminue.
-  Tu es la lumière qui luit dans les ténèbres et c’est toi que l’on voit quand je m’efface
-  Tu es le Verbe fait chair et tu parles quand je me tais.
-  Tu es le Saint, le Saint de Dieu baptisé dans les eaux du Jourdain et c’est le pécheur pardonné qui t’a rencontré. Rien n’est sans toi et tu es quand je ne suis pas. Sans toi, rien. Rien par conséquent qui ne puisse parler de toi. Ma voix, mes gestes, toute notre histoire et notre humanité partagées peuvent devenir signe, sacrement de ta présence, dès lors qu’au désert, je te laisse me rencontrer. Le désert s’offre sans limite à la voix qui crie et la nuit ne connaît pas de lieu où la lampe ne puisse y annoncer le jour. Le désert, la nuit, chemins de conversion et lieu secret d’une nouvelle naissance.

Au désert, nous y sommes. Notre petit monde occidental n’a plus aucun reste de chrétienté à quitter et nous n’avons pas à la reconquérir ; nous n’avons presque plus de pouvoir à défendre et aucun à revendiquer ; nous n’avons plus d’impact réel sur la société et à ses yeux nous apparaissons déjà comme une rareté pas tout à fait dépourvu d’intérêt. Nous sommes ramenés au désert et c’est une chance. En comprenant mieux ce que nous ne sommes pas, nous comprendrons toujours mieux qui il est pour nous. C’est d’autant plus une chance que ce monde sans racine et sans repère n’est pas moins au désert que nous. Nous sommes redevenus pèlerins et ce monde vagabond. Lui et nous au désert, nous avons toutes les chances de nous rencontrer. Et de nous comprendre si nous pouvons voir dans ce vagabond un pèlerin et s’il trouve en nous un témoin, c’est-à-dire, quelqu’un qui, au désert, renvoie à Celui qui vient dans un monde désespéré de ne renvoyer qu’à lui même, de ne se parler qu’à lui même. Avec la force de la voix criée dans le désert ou l’humilité de la lampe qui brille dans la nuit, préparons l’aurore d’un nouvel avènement.




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 Le témoin



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