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Mon heure est venue

16 JANVIER 2000

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

« Mon heure n’est pas encore venue ! »(Jn 2, 4). Quand le Christ répond à sa mère au milieu de ces noces, au milieu de cette joie qui entoure d’habitude les banquets, il y eut sans doute un froid. Quand l’Éternel entre dans le temps, il attend son heure. Il ne réalise pas son œuvre de salut en se soustrayant aux lois de la temporalité. La mission du Christ s’inscrit dans le temps comme dans la chair, pleinement. Le temps de Dieu se coule dans le temps des hommes. Il ne force pas les événements à se précipiter. Le Christ va adapter sa mission à notre condition charnelle et temporelle. Nous comprenons les choses avec lenteur. Mais ici, il y a plus qu’une question de temps. L’heure de Jésus n’est pas simplement temporelle. L’heure de Jésus est le moment de l’accomplissement plénier de sa mission de salut. La mission de Jésus est une mission de réconciliation de l’homme avec Dieu, une alliance nouvelle, en un mot un mariage ! C’est ce que nous montre tout l’Évangile de Jean et en particulier ce passage de Noces de Cana.

Nous nous imaginons facilement la scène de ces noces. Un mariage à l’orientale, beaucoup de monde, des frères, des amis et des parents... des costumes chatoyants , une abondance de plats épicés ou sucrés, en tout cas riches en calories... L’ambiance est à la fête et à la bonne humeur. Comment pourrait-il en être autrement ? La joie est alimentée par ce vin précieux fruit de la nature et du génie de l’homme. Las ! voilà que le symbole de la fête, et comme son moteur, se tarit. Les joies humaines sont fragiles et sont menacées par un simple manque de vin. Le vin ne manquera pas ainsi l’a voulu Jésus à l’intercession de sa mère. Le nouveau vin par sa saveur ne manque pas de surprendre le maître du repas. L’époux et l’épouse si discrets pourront continuer à s’abandonner à leur bonheur... comme leur invités. Les disciples pourtant n’ont rien perdu de la scène et ont compris que Jésus venait de faire un miracle. Il manifestait ainsi sa gloire et ses disciples crurent en lui. Tout semble alors si facile. Mais, ils n’ont sans doute pas perçu que ce n’était qu’un signe que Jésus venait de réaliser. Nous n’étions qu’au temps des signes. L’heure n’était pas venue.

C’était à Cana en Galilée le troisième jour.

« Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ayant aimé les siens qui étaient dans le monde il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). « L’heure venue, il se mit à table avec ses apôtres » (Lc 22, 14). L’heure est enfin venue, le temps de signes est fini. Voici le temps de la réalisation. Nous voici avec Jésus et ses apôtres pour célébrer la pâque à la veille de sa passion. Le dénouement est proche. Des signes ont jalonné le parcours de Jésus et de ses disciples de la Galilée à Jérusalem, des bords du Jourdain à la Samarie. Trois années pendant lesquelles Jésus a semé les miracles et les paroles comme autant de signes de sa messianité et de promesse de vie nouvelle. Les pains sont multipliés, les aveugles voient, les morts ressuscitent, et surtout la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Même les grands prêtres et les pharisiens le reconnaissent : « cet homme accomplit beaucoup de signes » (Jn 11, 47). Au cours de ce repas de la Pâque, il va pourtant leur laisser plus qu’un signe, il va leur laisser le sacrement de son corps et de son sang, le mémorial de sa passion. Car les noces qui a Cana n’étaient qu’un signe vont devenir maintenant les noces véritables et éternelles. Ces noces commencent par ce geste de l’Époux qui lave les pieds des convives. Il offre ensuite un festin où seul le pain et le vin tiennent lieu de banquet. Ils ont pourtant déjà une saveur d’éternité.

« L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12, 23-24). Nous sommes au Calvaire. C’est le moment de l’échange des consentements. Nous sommes loin de Cana, de ses rires, de ses danses et de ses nombreux convives. L’heure est venue, les noces véritables sont célébrées... Pourtant, il n’y a autour de Jésus que sa Mère et le disciple bien-aimé... L’eau et le sang qui jaillissent de son côté transpercé et qui bientôt réjouiront l’humanité entière ne font que manifester la mort de Jésus aux yeux des convives de cette étrange noce.

Sur la Croix, les prophéties s’accomplissent « Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la justice et dans le droit, je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras ton Seigneur » (Os 2, 21). Le Christ s’unit à son Épouse l’Église qui naît de son côté ouvert comme Ève naît du côté d’Adam son époux... Ces noces sont promesse de fécondité et de bonheur pour l’humanité entière. Telles furent les Noces de Jésus.

C’était à Jérusalem en Judée la veille de la Pâque.

L’heure du Christ est maintenant accomplie. Les noces ont été célébrées, une fois pour toutes sur la Croix. La salle des noces est maintenant ouverte. Jésus, par sa mort et sa Résurrection, a brisé les portes des enfers. Le banquet nous attend. Sur les bords du lac de Tibériade, au matin du jour nouveau, le Seigneur lui même a préparé le repas ( Jn 21, 9). Les disciples enfin sont là pour célébrer aussi cette pâque éternelle. « Pierre m’aimes-tu ? » (Jn 21, 16) consentement trois fois demandé pour effacer le triple reniement. Comme par procuration Pierre, le pasteur de l’Église par sa triple protestation d’Amour dit le OUI pour toute l’Église et pour chacun de nous.

C’était sur le rivage du lac au matin du jour nouveau.

Et nous comprenons alors pourquoi Cana n’était qu’un signe. Jésus manifestait à cette occasion comment l’Église et lui-même allait être unis, comment le vin de ces noces serait un don venant de Lui, comment sa Mère serait celle qui intercède par excellence, comment le Royaume est un banquet de noces où nous sommes tous invités...Il nous montre, à Cana comme à Jérusalem, comme sur les bords du lac de Tibériade, comme ici aujourd’hui, qu’il est l’Époux de l’Église. Il nous invite à ces noces : « heureux les invités aux festins des noces de l’Agneau » (Ap 19, 7) car l’heure est maintenant venue. Amen !




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