Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 3 >>   L’appel des disciples

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8233 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7402 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7294 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6589 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6199 visites

L’appel des disciples

23 JANVIER 2000

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

Si un jour, quelqu’un que vous connaissez à peine, vous croise, fixe votre regard et vous dit : « suis-moi » ! Si vous le faites, tous vous le diront unanimement : « vous êtes un fou » ! Et pourtant, n’est-ce pas ce que viennent de faire les premiers disciples à l’instant ? Puisque cela se fait, la question n’est donc pas de savoir si cela est à faire, la question est plutôt de savoir si nous croyons que les disciples ont suivi le Christ aussi soudainement, aussi brutalement... On peut toujours dire, certes, que les disciples sont les disciples, qu’ils furent prédestinés à une telle élection par le Christ, ou bien encore qu’ils ont reçu les grâces nécessaires à leurs charges...Ainsi les futures colonnes de l’Église, les premiers témoins de la foi eurent de telles qualités qu’on ne peut sérieusement les imiter. En résumé, les premiers disciples sont des exemples admirables, mais non imitables. C’est un peu dommage ! Pourtant, le seul événement crédible sur lequel nous fondons notre foi, c’est celui-ci : Jésus a appelé Simon, André, Jacques et Jean à le suivre, ils ont tout quitté pour Jésus et l’ont suivi jusqu’au bout. Et ce récit est d’autant plus court, que l’appel du Christ est tout aussi radical. Rien dans ce récit n’est à peine croyable, rien de ce récit ne sonne faux, bien au contraire, tout sonne extrêmement juste. Il est juste de la justesse des liens qui unissent le Christ à nos personnes, juste de la justesse des liens qui unissent nos personnes au Christ.

Jésus vit Simon, André, Jacques et Jean. Jésus voit des pêcheurs en train de travailler. Il choisit justement parmi eux : Simon, André, Jacques et Jean et non pas Zébédée, le père de Jacques et Jean, ou ses employés. Ce choix, Jésus le fait en vertu d’un acte d’amour, d’un amour de préférence. Mais entendons-nous bien, non pas qu’il préfère les uns parce qu’il aime moins les autres, non ! Jésus nous aime en vertu de ce qu’il a choisi de meilleur pour chacun d’entre nous. Parce qu’il nous a aimé le premier. Interrogez les parents qui ont plusieurs enfants. Ils aiment chacun de leurs enfants d’un amour égal, mais avouent aussi entretenir des relations différentes avec chacun d’eux. Attendant de l’un ce qu’ils ne peuvent demander à l’autre, demandant à l’un ce qu’ils ne peuvent attendre de l’autre. C’est comme cela que nous aime Jésus. Dieu préfère chacun, c’est pourquoi il choisit chacun de nous pour des raisons différentes.

Jésus leur dit : venez à ma suite. C’est un peu court me direz vous. Mais que voulez-vous, Jésus est limité dans sa proposition. Jésus ne peut pas proposer une énième politique, une énième sagesse ou un nouveau code de loi, ou encore une idéologie ou une morale de plus. Justement, Jésus ne peut proposer que lui-même : Jésus, c’est-à-dire un corps ; plus précisément, une personne. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est le cas unique où il n’y a aucune distance entre celui qui propose et ce qui est proposé par lui. Dieu ne peut donner que Dieu.

Et Jésus leur dit : je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. Jésus ne dit pas qu’il fera de ces quatre artisans des rois, c’est-à-dire des êtres qui n’ont rien à voir avec ce qu’ils sont au moment où ils rencontrent le Christ. Jésus dit qu’il les gardera comme des pêcheurs, mais au lieu de pêcher des poissons, désormais, ils pêcheront des hommes. Jésus respecte leurs qualités de pêcheurs, Jésus se sert de leurs qualités de pêcheurs mais il achève, il parfait ce pour quoi ils sont fait : c’est-à-dire être des disciples du Christ, des disciples qui attirent au Christ de nouveaux disciples. La gloire que Dieu restaure sur la terre, c’est bien la gloire de collaborer à son œuvre de Salut ; c’est d’être les serviteurs de son Royaume.

Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent. Ces hommes ont beau être de simples artisans, néanmoins, comme tous, ils osent espérer le bonheur, un monde meilleur, ce qu’on appelle la béatitude. Ils ont aussi humblement conscience que leurs faiblesses, leurs péchés et la misère des hommes sont les obstacles à cette promesse de bonheur. Ils le savent et ils savent que seuls, ils ne peuvent rien. En cela, nos quatre hommes sont déjà imitables. Et dans un monde qui aujourd’hui ne croit plus, ils sont déjà admirables. Mais un jour, un jour, ils entendent : « les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu est tout proche, repentez-vous et croyez à l’Evangile, à la Bonne Nouvelle ». Et un jour, ils rencontrent celui qui prêche la repentance et le Royaume des Cieux. Et cet homme ne leur propose rien d’autre que de le suivre. Jésus ne demande rien d’autre que se détacher de tout pour s’attacher à lui, pour dépendre de lui. Totalement. Entièrement. Non pas parce que c’est difficile, mais parce que c’est la voie unique. Il faut savoir que, depuis que les hommes ont rompu avec Dieu, , depuis qu’ils ont rejeté la dépendance intime avec Dieu, les hommes n’ont eu de cesse de dépendre de leurs passions, de leurs mythes, de leurs fantasmes ou encore de leurs obsessions. Tout compte fait, de leurs quêtes solitaires et angoissantes. Se méfiant des autres quand ils ne se méfient pas d’eux-mêmes. Le plus orgueilleux et le plus égoïste des hommes cherche à dépendre de quelqu’un, même si ce n’est que de lui. A bien y regarder, toute notre vie, toutes nos idoles prouvent combien nous cherchons quelqu’un à qui nous lier. De façon radicale, définitive et pourquoi pas soudaine comme l’ont fait les disciples.

Seul Dieu nous comble de bonheur, seul Dieu nous sauve du malheur. A bien chercher, notre cœur ne peut être exaucé par rien qui ne soit inférieur à Dieu. Mon Dieu, vous êtes le seul but, la fin de notre quête ! Les disciples cherchaient la béatitude et ils ont trouvé un homme. Les disciples ont suivi le Christ et ils ont trouvé Dieu. Ô exemple combien admirable ! Ô exemple combien imitable !




4043 affichages
 

 L’appel des disciples



Untitled Document