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La Foi qui sauve

20 FÉVRIER 2000

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

« Mon enfant, tes péchés sont remis » : cette exclamation de Jésus est un constat émerveillé autant qu’une affirmation souveraine. Nous pourrions traduire : tes péchés sont laissés là.

Qu’est-ce qui a fait laisser là au paralytique ce qui le clouait au sol pour s’approcher de Jésus et ce qui le clouait au sol, ce n’était pas son infirmité mais bien tout autre chose. Essayons de comprendre cela et posons-nous la question pour nous-même. Qu’est ce qui peut vous clouer au sol comme le paralytique qui se trouve là dehors, tout seul, quand Jésus parle dedans, dans un espace entièrement occupé par tous les autres qui se sont approchés auprès de Lui ? Qu’est ce qui peut vous plonger dans un isolement tel qu’il vous rend étranger aux autres et aux événements qui se déroulent ?

C’est un handicap, une maladie ou tout autre situation personnelle qui fait de vous un cas à part.

C’est votre propre histoire personnelle ou le regard des autres qui peut entretenir en vous une culpabilité oppressante. C’est l’angoisse et la peur qui vous tenaillent comme elles tenaillent tous ceux qui sont sans aucun appui. C’est un événement douloureux survenu à soi même ou à un proche. C’est l’incapacité de ne plus pouvoir réagir à rien sans trop savoir pourquoi soi même, comme si quelque chose s’était soudainement cassé, on appelle cela une dépression. C’est la pression trompeuse du monde qui finit par vous convaincre qu’il y a là comme une fatalité : abandonné, oublié, perdant, exclu, ça finit par vous coller à la peau. Finalement, c’est la tentation du désespoir qui menace de vous engloutir définitivement.

Le péché, que nous y soyons pour quelque chose ou non, le péché du monde, il est là, il est là et il fait croire. Il fait croire qu’il n’y a pas d’issue, il fait croire qu’on est perdu, il fait croire que c’est trop tard. Oui, le péché fait croire. Il fait croire aux innocents qu’ils sont coupables et aux coupables qu’ils sont innocents, il fait croire qu’on est innocent quand on a montré du doigt le coupable. Il fait croire qu’on est les meilleurs si on est les plus beaux ou les plus forts. Il fait croire qu’on a rien à voir avec ceux qui ne sont pas comme nous. Il fait croire qu’il n’y a pas de mal ... qu’il n’y a pas de mal à ... que ne nous fait-il pas croire ! Il nous fait même croire que c’est mieux si c’est mal. Il nous fait oublier qu’on est sous le poids du péché pour nous faire croire qu’on est libre. Il peut nous subjuguer jusqu’à l’aveuglement pour mieux nous conduire au désespoir et à la mort. Il finit par nous faire croire de désespérer de croire. Il nous trompe, il est menteur.

C’est là, à cette heure désolée et en ce lieu mortifère de la vie que Jésus nous rencontre comme il rencontre le paralytique. Et il voit en nous ce que nous n’avons peut-être jamais vu ou désespéré de jamais voir. Il voit quelque chose qui est là sous nos yeux et que nous ne voyons pas, quelque chose qui attend que nous lui prêtions attention et dont on n’était pas conscient, étrangers que nous sommes dans notre propre maison. Il voit que nous sommes fait pour avoir Foi, pour vivre de Foi.

Et il est s’exclame : « Aie Foi ! Tes péchés seront laissés là ! ». Quelle est donc cette Foi du paralytique qui lui a fait laisser là le péché, ce péché qui lui faisait croire qu’il ne pouvait s’approcher de Jésus, qui faisait croire qu’il était à jamais cloué au sol, que c’en était fini ? La Foi du paralytique, c’est la Foi en Jésus qui donne Foi, c’est un peu la Foi en Jésus qui donne la Foi quand on ne croit plus à rien ou quand on ne pouvait plus croire, ou quand on ne se croyait plus digne de foi. C’est la Foi qui vient vous visiter le jour, la nuit où vous étiez absolument incapable de la trouver en vous. C’est la Foi qui vient de Lui parce qu’elle ne pouvait pas se trouver en moi. C’est la Foi qui sauve. Jésus nous libère de ce péché qui fait croire par la Foi qui donne ... « la Foi ».

Le chemin de cette Foi passe par le regard fraternel et la main secourable du prochain comme pour le paralytique de notre évangile. Mais l’acte de Foi qui nous sauve n’est donné que dans la rencontre personnelle et unique avec le Christ de notre Foi. La foule anonyme ne voit rien tant qu’elle ne voit rien d’extraordinaire, les scribes entendent un blasphème, le propriétaire de la maison voit son toit arraché, le paralytique voit Jésus-Sauveur et Jésus-Sauveur voit le paralytique qui a Foi en Lui.

La Foi qui sauve, ce n’est pas la foi qui doit nous persuader que l’on est du bon côté : la Foi qui sauve c’est même à peu près le contraire d’une foi qui sélectionne. La Foi qui sauve, ce n’est pas davantage la foi par laquelle nous correspondrions à un modèle idéal né de notre imaginaire religieux : ce serait là une petite foi faite pour nous rassurer ou nous contenter, ce n’est pas la Foi qui sauve. La Foi qui sauve, ce n’est même pas la foi du premier de la classe à l’école des préceptes et des vertus : ce serait là une foi toute faite pour nous satisfaire, ce n’est pas la Foi qui sauve. La Foi qui sauve, c’est la Foi qui nous rachète à nos peurs, à nos repliements sur soi, à nos certitudes étriquées, à nos justifications intéressées, c’est la Foi qui nous rend libre, libre pour grandir, libre pour être heureux, libre pour aimer.




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