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Tu connaîtras le Seigneur

27 FÉVRIER 2000

 

En ligne depuis le dimanche 13 novembre 2005.
 
 

Pour quoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent-ils et tes disciples ne jeûnent-ils pas ?

Qu’est ce que jeûner ? Dans la tradition d’Israël le jeûne consiste à s’abstenir de toute nourriture d’un couché de soleil au couché du soleil suivant ;à quoi s’ajoute l’abstinence de travail :

Vous jeûnerez et vous ne ferez aucun travail, pas plus le citoyen que l’étranger qui réside parmi vous.(Lv 16, 29).

Ainsi que l’abstinence de relation conjugale :

Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. Sonnez du cor dans Sion, proclamez un jeûne...que le jeune époux quitte sa chambre et la jeune épousée son alcôve. (Jl 2, 12-14)

La Torah de Moïse ne prescrit qu’un seul jour de jeûne mais auquel nul membre de la communauté ne peut se soustraire sous peine d’exclusion :

Au septième mois, le dixième jour du mois vous jeûnerez et vous ne ferez aucun travail. C’est en effet ce jour que l’on fera sur vous le rite de l’expiation pour vous purifier. Vous serez purs devant YHWH de tous vos péchés. Ce sera pour vous un repos sabbatique et vous jeûnerez. C’est une loi perpétuelle. (Lv 16, 29-31)

Alors pourquoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent-ils ?

S’abstenir de toute nourriture qui est un don de Dieu par lequel j’entretiens la vie que j’ai reçue de Lui

Tu peux manger de tous les arbres du jardin, (Gn 2, 16)

S’abstenir de toute relation conjugale par laquelle je suis à l’image de Dieu, transmettant la vie que j’ai reçue de Lui

A l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Il les bénit et dit : soyez féconds. (Gn 1, 27-28)

S’abstenir de tout travail par lequel je suis à la ressemblance de Dieu menant à sa fin la création reçue de Lui

YHWH Dieu établit l’homme dans le jardin pour le cultiver et le garder. (Gn 2, 13)

est un geste de rupture, de mise à distance de tout ce par quoi j’assume ma vie par moi même, pour me tourner vers le Seigneur Dieu seule source et terme de ma vie dans une attitude d’abandon et de totale confiance. Ainsi les hommes et les femmes d’Israël jeûnent-ils :

-  pour implorer le pardon de fautes graves : le roi Achab (repris par le prophète Élie après le meurtre de Nabot) déchira ses vêtements, mis un sac à même la chair, jeûna, coucha sur le sac et marcha d’un pas lent. (I Roi 22, 27)

-  avant d’entreprendre une tâche qui les dépassent : Esther la reine fit dire à Mardochée : rassemble tous les juifs de Suze, jeûnez à mon intention. Ne mangez ni ne buvez pendant trois jours et trois nuits. De mon côté avec servantes j’observerai le même jeûne. Ainsi préparée, j’entrerai chez le roi malgré la loi et si je dois périr je périrai. (Est 4, 15-16)

Et ainsi fit le Seigneur Jésus quarante jours et quarante nuits avant d’entreprendre son ministère public.

-  pour marcher vers Dieu et se préparer à la rencontre : Élie se leva mangea et but (la galette de pain et la cruche d’eau apportées par l’ange) et soutenu par cette nourriture il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb. (I Roi 19, 8)

et ainsi fit Jean Baptiste tous jours de sa vie pour reconnaître Celui qui doit venir.

Et si Jésus a condamné le jeûne orgueilleux et extérieur des Pharisiens, il n’a jamais condamné le jeûne solitaire et fervent du Précurseur.

C’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur (Os 2, 16)

Les compagnons de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’époux ils ne peuvent jeûner.

Le jeûne est un geste de rupture qui nous affranchit de la tyrannie idolâtrique de la nourriture, du sexe et de l’argent, mais il n’est rien par lui-même et pour lui-même :

Le jeûne est appel à l’aide devant l’épreuve mais il n’est pas le bras de Dieu qui sauve

Jésus étendit la main, le toucha et dit : « Je le veux soit purifié » et aussitôt la lèpre le quitta. (Mc 1, 41-42)

Le jeûne est supplication pour la purification des péchés mais il n’est pas le pardon que seul Dieu donne

Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a pouvoir de remettre les péchés sur la terre je te le dis : « Lève toi » (Mc 2, 10-11)

Le jeûne est préparation à la rencontre mais il n’est pas la Présence

Qui a l’épouse est l’époux, mais l’ami de l’époux qui se tient là et l’entend est ravi de joie à la voix de l’époux. (Jn 3, 29)

Aussi le jeûne ne peut-il porter son fruit que vécu selon l’esprit de la Torah tel que Jésus nous le rappelle :

Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de tout ton esprit et de toutes tes forces. (Mc 12, 30) Pas de jeûne sans prière.

Pourquoi avons nous jeûné sans que tu le voies, nous sommes nous mortifiés sans que tu le saches ? C’est qu’au jour où vous jeûnez vous traitez des affaires et vous opprimez vos ouvriers. C’est que vous jeûnez pour vous livrer aux querelles et aux disputes, pour frapper du poing méchamment. (Is 58, 3-4)

Et tu aimeras ton prochain comme toi même. (Mc 12, 31) Pas de jeûne sans aumône.

N’est ce pas plutôt ceci le jeûne que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug. N’est ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi le pauvre sans abri, si tu voies un homme nu le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ? (Is 58, 6-7)

En effet pourquoi s’abstenir de travailler à ses affaires sinon pour libérer notre cœur pour l’étude de la Parole de Dieu pour quelle nous façonne et que nous la mettions en pratique :

Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. (Mc 4, 24)

Pourquoi s’abstenir de toute nourriture sinon pour affranchir le désir vital de notre corps et nous laisser rassasier par celui qui dans sa faim de justice s’est fait notre pain :

Moi je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain il vivra pour toujours et le pain que je lui donnerai c’est ma chair pour la vie du monde. (Jn 6, 51)

Pourquoi s’abstenir de relation conjugales sinon pour ouvrir le désir de nos âmes et nous laisser combler par celui qui dans sa Soif d’amour s’est fait l’époux de son Église :

Toi tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. (Jn 2, 10)

Je te fiancerai à moi pour toujours ; dans la justice et le droit, dans la tendresse et la miséricorde ; je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtra YHWH. (Os 2, 21-22)

Mais viendront des jours où l’Époux leur sera enlevés et alors ils jeûneront ce jour là.

L’Époux est entré dans la joie des noces en s’anéantissant lui-même et en s’humiliant jusqu’à la mort de la croix, jour terrible où l’Époux a été enlevé, le Maître vendu par le disciple, le Juste Juge injustement jugé par le tribunal de son peuple, la Vie mise à mort par ses enfants ! En ce jour là le Seigneur a jeûné, les disciples ont jeûné et nous aussi nous jeûnons :

Quelle autre prière au jour du Vendredi Saint où l’Agneau s’immole pour notre péché pour dire au Père notre supplication.

Quelle autre prière au jour du Samedi Saint où le Fils se remet au Père dans le silence du tombeau pour dire au Père notre total abandon, et nous préparer à nous laisser relever et recréer par Lui dans la Sainte nuit de Pâques ?

C’est pourquoi le Père l’a exalté et l’a enlevé à sa droite d’où il reviendra dans la gloire :

Et nous vivons dans l’attente de son retour nous nourrissant des signes et sacrements de sa présence, et creusant en nous le désir de la Manifestation.

Chaque dimanche jour de la résurrection il nous fait déjà goûter la vie éternelle

Chaque eucharistie festin des noces de l’Agneau il nous fait déjà goûter la plénitude du Royaume.

Savons nous nous préparer à ces pâques en rompant avec les idolâtries de ce monde ?

Saurons nous retrouver le sens du jeûne pour retrouver le goût du festin des Noces ?




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 Tu connaîtras le Seigneur



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