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La course pascale

JOUR DE PÂQUES

 

En ligne depuis le samedi 19 novembre 2005.
 
 

Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vient le matin encore dans les ténèbres au sépulcre le temps s’était arrêté vendredi soir comme le sabbat commençait à poindre (Lc 23,54) le temps se remet en route ce dimanche matin comme le sabbat est passé (Mc 16,1) entretemps, il y a eu ce sabbat qui était le jour de la Pâque, jour saint et béni entre tous

jour de joie et de lumière où doit cesser toute activité humaine pour accueillir la bénédiction du Seigneur

jour saint et béni où il n’y a pas de place pour le deuil et les larmes, la tristesse et le désespoir

Dieu Notre Père n’a pas voulu que nous nous lamentions sur son Fils comme sur un pécheur voué à la corruption car dans sa mort vendredi à la 9e heure, à l’heure où l’on immolait les agneaux de la Pâque dans le Temple

ce qui est mort c’est la mort, cette fille du péché qui est séparation d’avec le Dieu Vivant le Fils lui est entré dans l’amour du Père qui est vie éternelle mais cela, Marie-Madeleine ne le comprend pas encore, elle vient au sépulcre encore dans les ténèbres

elle cherche un cadavre sur lequel déverser ce trop plein de douleur, d’angoisse et d’absurdité qui nous saisit devant la mort de ceux que nous aimons et dont le sabbat l’a privé elle cherche un mort parce qu’elle est prisonnière de la mort : le péché nous a enténébré au point de nous faire croire que la corruption du tombeau est la seule certitude de notre existence alors que Dieu a créé l’homme par l’incorruptibilité en faisant une image de sa propre nature (Sg 2,23)

elle regarde la pierre a été enlevée du sépulcre

pour elle, non seulement ils l’ont maudit par la mort de la croix mais ils ont même profané son sépulcre ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre et nous ne savons pas où on l’a mis prisonnière de la mort, elle touche au fond de l’horreur, elle n’a plus rien, pas même sa dépouille où raccrocher son amour et sa douleur et pourtant le sépulcre ouvert comme le sabbat l’arrache à son deuil et ouvre sa détresse à cet au-delà qu’elle ne perçoit pas encore

le jour se lève mais elle est encore dans les ténèbres elle regarde la pierre roulée mais elle ne voit pas le signe

et pourtant le sépulcre ouvert lui fait vivre la première étape de sa pâque, de son propre exode lors de la mort elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait.

Le sépulcre - est le mot grec de l’évangile dit mémorial est souvenir morbide du passé, reliques inertes qui nous ramènent en arrière, où nous enroulons égoïstement notre douleur : mortifère !

Alors le Dieu Vivant éventre le mémorial pierreux du sépulcre et notre deuil avec. Simon-Pierre et l’autre disciple : c’est la mémoire vivante du Seigneur, ses amis porteurs de sa Parole Je ne vous appelle plus serviteurs mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père je vous l’ai fait connaître (Jn 15,15), alors Marie-Madeleine court vers les amis du Seigneur, vers ses frères puisque le Maître a uni leurs vies C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples (Jn 13,35) au terme de cette course pascale dans l’amour fraternel, Marie-Madeleine devient, même si elle se trompe en interprétant le signe, la première messagère de la Bonne Nouvelle qui révolutionne toute existence humaine : le Christ est ressuscité d’entre les morts, par sa mort, la mort est morte, aux morts il donne la Vie !

Pierre donc sort et l’autre disciple avec lui et ils viennent au sépulcre eux aussi sont prisonniers de la mort et de la peur, toutes portes étant closes par crainte des juifs (Jn 20,19) eux aussi la parole de Marie-Madeleine les lance vers la vie et l’amour

Ils courent tous les deux ensemble Ils ne courent pas en solitaire, chacun pour soi, ils courent ensemble en frères : Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jn 13,34) au fond de leur détresse, ils restent fidèles à la parole reçue et déjà préparent leur cœur à la rencontre : qui a mes commandements et qui les garde c’est celui-là qui m’aime. Il sera aimé de Mon Père et moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui (Jn 14,21) et si chacun reste ce qu’il est ils courent ensemble sans rivalité et l’autre disciple court devant, plus vite que Pierre et vient le premier au sépulcre et cependant il n’entre pas la jalousie meurtrière de Caïn pour son frère Abel qui ravage toute l’humanité est anéantie et nous nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères (1 Jn 3,14).

Au terme de cette course pascale dans l’amour fraternel les deux disciples peuvent entrer dans le sépulcre et recevoir l’unique signe qui nous sera donné en ce monde-ci de la Résurrection du Seigneur :

les linges qui enveloppaient son corps sont là étendus et le suaire de sa tête lui enroulé en place les objets qui au cœur de notre monde voué à la mort symbolisent la tyrannie de cette mort doivent confesser leur défaite ces linges vides et ce sépulcre ouvert sont à la fois la proclamation la plus stupéfiante de la victoire du Ressuscité et en même temps terriblement déroutant pour nous qui aurions aimé une manifestation de puissance absolue : Jude lui dit : Seigneur, qu’est-il arrivé que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? Jésus répondit : qui m’aime gardera ma parole, mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui et nous nous ferons chez lui une demeure (Jn 14,22-23).

La Résurrection du Christ, contrairement à la réanimation de Lazare n’est pas un miracle de plus qui nous serait donné à voir pour que nous croyons en lui, elle est la réalité même du Royaume, cette Vie nouvelle et éternelle en Dieu qui n’est accessible qu’à celui qui croit en Sa Parole :

Amen, Amen, je vous le dis : qui entend ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle il ne vient pas en jugement mais il est passé de la mort à la vie (Jn 5,24). au seuil de ce mystère, Pierre hésite et demeure perplexe, l’autre disciple voit et croit .

Marie-Madeleine, Simon-Pierre et l’autre disciple : trois disciples du Seigneur devant son sépulcre ouvert en ce premier matin de la semaine, et nous tous avec eux.

Marie-Madeleine, une femme anéantie par le deuil, prisonnière de la mort, encore aveugle Simon-Pierre, un homme ébranlé par son reniement qui peine devant les signes et à faire confiance en la Parole l’autre disciple, celui que Jésus aimait qui ne dit rien mais est rempli de la Parole qui illumine et nous pouvons nous reconnaître en chacun d’eux avec nos deuils, nos infidélités, notre désir

et ce matin, comme eux, nous sommes invités à franchir l’épreuve du sépulcre ouvert, la porte de la Résurrection : cela veut dire qu’il nous faut, ou nous faudra, ou peut-être qu’il a déjà fallu rompre toute complicité avec le péché qui nous coupe de Dieu, rompre toute complaisance avec notre état de pécheur installé dans la mort (les quarante jours du carême étaient là pour ça) Cela veut dire qu’il nous faut, ou qu’il faudra, ou peut-être qu’il a déjà fallu nous laisser totalement refaçonner et guider par la Parole du Dieu qui nous réoriente vers Lui, nous rend semblable à Lui (les cinquante jours du temps pascal sont là pour ça). Cela veut dire qu’il nous faut, qu’il faudra, ou peut-être qu’il a déjà fallu mourir :

c’est-à-dire remettre tout notre être, corps, cœur esprit et âme, à la Parole Vivante de Dieu qui est le Christ ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres (Jn 15,17)

pour ressusciter : c’est-à-dire nous laisser rendre à nous-même par cette Parole Vivante de Dieu qui est le Christ

comme je vous ai aimé, aimez-vous les uns les autres (Jn 13,34) cela s’appelle la Pâque : Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu (1 Jn 4,7).




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 La course pascale



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