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Croire en la Résurrection

6 MAI 2000

 

En ligne depuis le samedi 19 novembre 2005.
 
 

C’est bien beau, frères et sœurs, ces alléluias en cascade, ce cierge flambant neuf, ce petit air guilleret que revêtent nos églises au temps de Pâques. Mais, en toute fête, il y a le trouble-fête. En l’occurrence, la petite voix qui susurre : « C’est trop beau pour être vrai ! » Les mauvaises nouvelles sont d’ordinaire tellement plus vraies que les bonnes, que nous avons quelque peine à accueillir l’excellente nouvelle qui retentit en ces jours : Christ est ressuscité ! Face à cette proclamation, nous réagissons comme les apôtres : nous sommes lents à croire et peut-être même des doutes montent-ils en notre cœur (Lc 22, 38). Rien d’étonnant à cela. Car avouez que l’événement est incroyable : un mort, un vrai mort - mort et enterré comme on dit -, ce mort revient à la vie, une vie transfigurée. Et ce n’est pas là manière de parler, parabole, belle image ou symbole qui ferait sens pour mon vécu. C’est une réalité, un fait, un événement qui s’est réellement produit.

« - Mon cher Père, intervient la petite voix, j’admire sincèrement votre puissance d’affirmation un peu massive, mais enfin vous vous adressez à des êtres rationnels : nous voulons des preuves ! ... et il n’y en a pas. »

C’est à voir. Certes, l’événement le plus important de toute l’histoire des hommes s’est passé de nuit et la Pâque de Jésus s’est faite sans tambour ni trompette (c’est la grande différence avec la Pâque à Rangueil). Bien plus, aujourd’hui encore ce n’est pas dans la violence de l’ouragan ni dans la fulgurance superficielle des certitudes mathématiques, mais dans la brise légère de l’Esprit que le Ressuscité vient solliciter notre foi (cf. 1 R 19). Et c’est normal. Car, tous nous en avons fait l’expérience : plus un événement touche profond en notre vie, plus il est secret, comme par une sorte de pudeur. Il y a des rencontres que l’on ne peut vivre que de l’intérieur. Les signes extérieurs ou les paroles échangées ne sont que le support d’un contact infiniment plus profond et ils ne prennent tout leur sens que pour ceux qui sont déjà sur la bonne longueur d’ondes. Ainsi en va-t-il de notre rencontre avec le Ressuscité. Cela dit, si la foi en la Résurrection suppose certaines dispositions intérieures, elle n’est pas pour autant un choix arbitraire, purement subjectif, qui serait, par conséquent, injustifiable au regard de l’intelligence. Il y a des raisons objectives de croire en la Résurrection de Jésus. Non pas, je le répète, des évidences aveuglantes et contraignantes qui obligeraient tout un chacun à croire, qu’il le veuille ou non. Mais des indices convergents, des signes sérieux qui orientent l’intelligence vers la foi. J’en retiens trois.

Premier signe, le plus extérieur : le tombeau vide. C’est un fait : au matin, Jésus n’est plus où on l’avait déposé. Personne ne le conteste, pas même les juifs qui sont obligés pour l’expliquer d’échafauder une histoire rocambolesque. Deuxième signe : Des hommes et des femmes - normalement constitués -attestent qu’ils ont vu Jésus ressuscité. Ils l’ont vu, de leurs yeux vu. Même l’historien le plus sceptique doit admettre (quelle que soit l’interprétation qu’il en donne par la suite) qu’entre le Vendredi-Saint et les jours suivants, quelque chose s’est passé. Quelque chose de suffisamment fort pour modifier du tout au tout les dispositions psychologiques des disciples. Prenons saint Pierre. Le vendredi, pour sauver sa peau, il renie, il s’enfuie, il se terre. Pour lui, à cette heure, l’affaire Jésus est classée. Elle rejoint le cimetière immense des espérances déçues : « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël » (Lc 24, 21), mais les faits sont là : Jésus a échoué ; il est mort, abandonné des hommes, abandonné de Dieu. Or, quelques jours plus tard, en plein cœur de Jérusalem, ce même Pierre, désormais plein d’assurance, se dresse pour proclamer : « Dieu l’a ressuscité ce Jésus ; nous en sommes tous témoins » (Ac 2, 32). Et ce témoignage, Pierre l’a signé de son sang. Si, à Pâques, rien ne s’est passé, comment expliquer ce changement radical, historiquement constaté ?

« - Oh, reprend la petite voix, je ne mets pas en doute la sincérité des disciples. Ils ont vraiment cru voir Jésus. Mais il est si facile dans un moment d’exaltation de se monter la tête... Ils espéraient tant revoir leur cher Maître qu’ils ont pris leur rêve pour la réalité ! Après tout, la chose n’est pas si rare. »

Eh bien, pas du tout. C’est même exactement le contraire. Les disciples s’attendaient tellement peu à la résurrection que, dans un premier temps, ils ont pensé avoir la berlue : ils n’en ont pas cru leurs yeux. D’ailleurs, souvenez-vous. Plusieurs fois Jésus avait fait allusion à sa résurrection : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes, et [...] quand il aura été tué, après trois jours il ressuscitera ». Or l’Évangile ajoute aussitôt : « Ils ne comprenaient pas cette parole » (Mc 9, 31-32). La résurrection de cet homme n’entrait pas dans leurs perspectives. Ils ne l’imaginaient même pas. Non, décidément, ce n’est pas la foi qui a créé de toutes pièces l’événement ; c’est l’événement qui est à l’origine de la foi !

Mais si c’est vrai, si Jésus-Christ est vraiment ressuscité, alors, mon frère, ma sœur, il faut que tu en tires les conséquences. Car la résurrection de Jésus te concerne très directement. Si Jésus est vraiment ressuscité, ça veut dire que la mort peut ne pas avoir le dernier mot dans ta vie non plus. Dieu te propose une vie qui passe la mort, et cette vie - vie de communion avec Dieu et avec tes frères - peut déjà commencer dans le secret de ton cœur. Oui, Dieu ouvre dès maintenant les tombeaux. Il brise les pierres qui t’emprisonnent dans les ténèbres et l’ombre de la mort : pierre de ton égoïsme, pierre de ta peur, pierre de ton incrédulité. Tu n’es pas fait pour vivre parmi les tombes (cf. Mc 5, 5).

Et, finalement, c’est peut-être ça le troisième et grand signe de la résurrection de Jésus. Tous ces hommes et toutes ces femmes qui, depuis vingt siècles, s’obstinent à sortir de leur tombeau, font le choix décidé de la vie contre la mort, du sens contre l’absurde, de l’amour contre la haine. Ça, ce n’est pas l’œuvre de l’homme, car nous savons bien ce que l’homme produit par lui-même, sans la grâce : le péché et la mort. Non, c’est l’œuvre de Dieu. C’est l’œuvre du Ressuscité présent, vivant, agissant par son Esprit dans son Église. Car Jésus-Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !




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