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L’Esprit sauve l’Église en la faisant parler

11 JUIN 2000

 

En ligne depuis le samedi 19 novembre 2005.
 
 

Le jour de la Pentecôte étant arrivé, les Apôtres se trouvaient tous ensemble dans un même lieu (Ac 2, 1). Mais si l’Esprit Saint avait tardé à descendre ? S’il avait attendu quelques jours, ou plus encore ? Imaginons la scène. Voici douze homme chargés d’une Bonne Nouvelle trop lourde pour eux. Vous ne pouvez la porter maintenant, leur avait dit le Seigneur (Jn 16, 12). « Jésus est bien ressuscité, nous en sommes témoins. Mais il est monté au Ciel, et nous a laissés orphelins. Qui nous écoutera, qui nous croira ? » La peur taraude les Apôtres. Et la peur engendre la division. Les uns pensent qu’il faut quitter le cénacle et renoncer ; ne plus penser à ces événements trop mystérieux, qui ne sont peut-être qu’un mythe ; surtout ne pas mécontenter les autorités ; bref, redevenir comme tout le monde, des gens normaux, sans histoire. Les autres pensent au contraire qu’il faut rester enfermés ; tenir bon entre soi ; surtout ne pas brader la Bonne Nouvelle mais la garder en serre chaude, sans s’occuper de ce qui se passe dehors.

Bref, les réalistes contre idéalistes, les pragmatiques contre les puristes. Tout cela devient bien humain, trop humain.

N’en va-t-il un peu de même aujourd’hui dans nos communautés chrétiennes, quand l’Esprit semble se raréfier ? Même situation. Un message trop lourd à porter, un message qui ne passe plus. « Qui nous écoute encore, qui s’intéresse encore à l ’Évangile, sinon une petite minorité de pratiquants déjà convaincus ? »

Mêmes réactions entre nous.

Pour les réalistes, il faut renoncer à tout ce qui devient encombrant, à tout ce qui nous met à part. Redevenons des gens normaux. Pensons et agissons comme tout le monde. Adaptons le message de l’Église. Puisque tout se modernise, modernisons-le.

Pour les purs, il faut rester entre nous, entre parfaits, même si personne ne nous écoute ni ne nous comprend. Surtout ne bougeons pas ; fermons portes, fenêtres et volets, bien à l’abri dans nos réduits catholiques. Tant pis pour les autres.

Grâce à Dieu, l’Esprit Saint est venu ! Grâce à Dieu, l’Esprit-Saint ne cesse pas de venir, d’habiter dans son Église, dans cette Église qui n’existe que par lui, et qui sans lui aurait éclaté depuis des siècles. Remplis du feu de l’amour, remplis d’assurance, ces braves galiléens moyens se mettent à parler ouvertement, sans crainte ni complexe. Ils parlent à tous, en toutes langues. Sans qu’ils sachent comment, tous les comprennent. On les prend pour des ivrognes. Ils confessent Jésus : Cet homme que vous avez fait mourir en le clouant à la croix, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes tous témoins (Ac 2, 23.32). Et plus ils parlent, plus ils se multiplient. Et plus ils se multiplient, plus les voilà unis, n’ayant qu’un cœur et qu’une âme (Ac 4, 32), assidus à l’enseignement, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (Ac 2, 42). Et plus ils sont unis, plus l’Esprit Saint les conduit à la vérité toute entière (Jn 16, 13), en dilatant leur foi. Voilà la merveille du Saint Esprit, au cœur de l’Église, hier et aujourd’hui encore, plus que jamais : il nous pousse au dehors pour nous construire dans l’unité. Et c’est dans l’oeuvre de l’Evangélisation, qu’il nous révèle la richesse insoupçonnée de notre foi. La première œuvre du Saint Esprit, c’est d’ouvrir la bouche de l’Église, notre bouche, de nous ouvrir sur le monde, de nous lancer vers lui, en toute assurance. Non pour nous modeler sur lui, ni pour le condamner ; non pour le suivre dans sa culture de mort, ni pour le brûler. Mais par amour, par pur amour. Parce que tout homme en ce monde est appelé à connaître Jésus et à entrer dans son corps, qui est l’Église. Parce que notre foi n’est pas une tare à cacher ni un privilège à protéger jalousement, mais le trésor de toute vie, le trésor de tout homme, le trésor unique et universel. En ces temps difficiles, un certain malthusianisme spirituel pourrait bien nous guetter. « Quoique que nous fassions, les choses vont aller de mal en pis. Le temps abîme tout ; l’Evangile s’use, l’Église se détériore. Résignons-nous à être de moins en moins nombreux, petite minorité discrète et finissante. Replions-nous sur des positions minimales ; réduisons nos ambitions. » S’en suivent alors, inévitablement, discordes, querelles de pouvoir, chicanes de sensibilité. Et au bout du compte, c’est la vérité elle-même qui s’amenuise, se rétrécit peu à peu. Et la foi des plus purs se délite.

Alors, face à ce défi, laissons plutôt l’Esprit saint réaliser en nous, en nos communautés, sa merveilleuse alchimie, celle des premiers jours de l’Église, celle d’aujourd’hui. En premier, l’audace missionnaire d’une parole forte et convaincante, pour tous et à tous, à cause de cette espérance qui nous dit que tout homme est appelé à rencontrer Jésus et entrer dans son Église. De là, l’épanouissement d’une charité vraie, d’une force dynamique d’unité dans l’amour. Et alors l’approfondissement contemplatif de la foi qui nous a été révélée, cette vérité toute entière à laquelle l’Esprit nous conduit dans le mouvement même qui nous fait l’annoncer et la vivre. Voilà pourquoi tant de diocèses, dans le monde entier, ont voulu faire de la Pentecôte le sommet de l’année Jubilaire. Le Jubilé, c’est comme l’explosion de notre joie d’être chrétiens, de nous savoir enfants de Dieu appelés à sa vie éternelle. Mais cette joie, ici bas, n’ acquiert toute sa force que le jour de la Pentecôte, le jour où l’Église prend conscience de l’urgence de la partager à tous, de la proclamer et de la répandre. La joie chrétienne naît exactement au moment où elle se communique ; elle naît dans cette communication même. Et c’est bien le premier rôle de l’ Esprit que de rappeler inlassablement à l’Eglise sa mission évangélisatrice, de la remettre en route, de sortir les chrétiens de tout enfermement sur eux-mêmes. Que faut-il donc pour cela ? Des paroles, certes, et des paroles explicites. Car comment croire au Christ sans l’entendre, et comment l’entendre sans prédicateur ? (Rm 10, 14). Mais il y faut surtout de la joie. La joie est comme la signature de l’Esprit saint sur nos visages. C’est elle qui atteste, au delà de toute parole, la vérité profonde de ce que nous disons. C’est elle qui peut convertir les cœurs les plus incrédules. Aussi est-elle, juste après le charité, le second fruit de l’Esprit (Gal 5, 22), celui qui naît en nous de l’amour de Dieu et qui y attire.

Viens, Esprit de sainteté, remplis nos cœurs de ta lumière et du feu de ton amour, remplis-les de ta joie, de ta joie éternelle. Da perenne gaudium.




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