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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 27 >>   La vigne et le vigneron

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La vigne et le vigneron

5 octobre 1996

 

En ligne depuis le mardi 21 juin 2005.
 
 

Quand, dans les Écritures, on entend parler de vigne, il faut tendre l’oreille et être attentif. Quand le Seigneur parle de la vigne, il parle de Lui et il parle de nous. Il parle de nous avec la tendresse du vigneron pour sa vigne, avec l’attention du vigneron pour son vignoble. Ici il nous dit sur le mode de la cantilène : "Je chanterai pour mon bien-aimé le chant de mon ami pour sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un fertile coteau". Ailleurs il dit : "Je suis la vigne, mon Père est le vigneron. De même que le sarment ne peut porter de fruit par lui-même sans demeurer sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi !" Et toutes les paraboles qui parlent de vigne reviennent à exprimer l’amour du Seigneur pour son peuple, l’amour du Seigneur pour cette créature créée à son image et qu’il a soignée comme nulle autre. Ainsi comprend-on l’amertume du maître de la vigne, de ce grand amoureux, de ce passionné, quand on le traite comme un dangereux inconnu, un ennemi dont il faut se méfier, un intrus dans sa vigne.

Il s’agit moins dans cette parabole des vignerons homicides (Mt. 21,33sq) de revenus, que de profonde déception. La déception de Dieu (si j’ose dire) c’est qu’on ne l’aime pas, c’est de n’être pas reconnu. Non seulement on n’a pas de reconnaissance pour lui, mais on veut purement et simplement l’exclure. Le premier exclu de la société, c’est Dieu. Et en son nom, on exclut les prophètes et les envoyés de Dieu, on exclut le Christ Jésus, le fils, le semblable, l’aimé. Il est exclu de la société parce qu’il gène, parce qu’il rappelle qu’il existe et qu’il a des droits, parce qu’il exige ce qui lui est dû. Il est exclu des coeurs, et c’est la pire exclusion. Les exclus, vous le savez, n’ont qu’un droit celui de se taire. Et Dieu en premier lieu.

N’est-elle pas extraordinaire cette parabole ? Elle décrit merveilleusement toute l’histoire du salut, avec cette longue patience de Dieu qui rappelle sans cesse son existence, qui envoie prophètes et messagers, qui vient lui-même en personne et qui est rejeté, mis à mort. Mais elle décrit aussi notre propre histoire, celle qu’il nous est donné de vivre, celle que nous voyons se dérouler sous nos yeux. L’homme se comporte dans le monde comme un propriétaire du monde. Il a réglé leur compte aux révélations et aux traditions religieuses. Il s’est débarrassé de ce qu’il appelle "le fatras des religions", il s’est instauré maître du monde et ne veut rendre de compte à personne. Il déclare avoir tué Dieu et il s’en vante. Il s’estime plus libre, parce qu’il est plus seul. Il a fondé sa liberté sur le vol et sur le meurtre. Voila notre situation.

Face à cette situation, nous sommes aussi démunis que le Seigneur lui-même. Que peut-il faire ? Que peut faire celui qui veut être aimé et qu’on ne veut pas aimer, celui qui veut aimer et dont on refuse l’amour ? Que pouvons-nous faire, nous qui savons bien que le maître de la vigne existe, qu’il nous aime tendrement, qu’il nous a confié tout son bien, qu’il ne demande qu’une légitime reconnaissance et que nous aurons des comptes à rendre sur la façon dont nous aurons usé des biens qu’il nous a confiés ? Il reste la patience, mais cette patience n’est pas dépourvue d’une certaine menace. La patience, ici, consiste à laisser du temps à chacun, pour qu’il mûrisse, telle la raison, pour qu’il prenne conscience de sa vraie situation et pour qu’il change d’attitude rendant à Dieu sa place et l’hommage qui lui est dû. Mais la patience a des limites. Arrive un moment où il ne sera plus possible de tergiverser et où Dieu dira : " Si vous ne voulez pas de moi, vous vous en passerez ! " Imaginez la situation de celui qui s’entendrait dire : " Si tu ne veux pas être aimé, tu ne seras pas aimé. Ton refus te condamne à vivre sans amour, sans affection, sans tendresse ".

Rien ne serait plus désespérant, rien ne serait plus irréversiblement désespérant. On comprend mieux ce qu’il y aurait de redoutable si le Seigneur accomplissait ce qu’il vient de dire : " Le royaume de Dieu vous sera enlevé. Il sera donné à d’autres ".

C’est la définition de l’enfer : être privé de Dieu éternellement et par sa propre faute. Être privé de sa lumière, de sa chaleureuse chaleur, de sa présence, de son amour, de sa vie. Qu’à Dieu ne plaise ! La parabole des vignerons homicides, comme le chant d’Isaïe, nous rappellent l’amour de Dieu pour chacun de nous. Les vignerons, la vigne, le vignoble, les sarments, la grappe, le vin. Tout ces éléments sont liés les uns aux autres. Et ce lien est vital. C’est ce que le Seigneur veut nous faire comprendre. Ne soyons pas sourd à son appel. Ne soyons pas cruel quand il vient vers nous. Amen.




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 La vigne et le vigneron



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