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Écouter et comprendre

25 DÉCEMBRE 2000

 

En ligne depuis le samedi 19 novembre 2005.
 
 

A quelle belle nuit venons-nous de vivre ! Nous avons chanté avec les anges, nous avons écouté le récit des bergers et nous nous sommes réjouis avec la création tout entière. C’était hier ! Ce matin, nous sommes invités à tirer les conséquences de ce qui vient d’arriver. Cette nuit, avec saint Luc, nous avons découvert un enfant. Aujourd’hui, avec saint Jean, nous contemplons le Verbe. Dans l’émerveillement hier, nous sommes invités, ce matin, à écouter et à comprendre. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu... et le Verbe était Dieu. (...) En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».

Pour que cette parole soit lumière, il a fallu qu’elle s’incarne, qu’elle prenne chair, qu’elle se montre ! Mais hélas le monde ne l’a pas vu. Nous nous souhaitons la paix, la fraternité, l’amour. Nous envoyons même nos vœux en ce sens mais il faut se rendre à l’évidence : le monde accueille le Sauveur.

Pourtant et heureusement, certains (un petit nombre) l’ont accueillie, cette Parole créatrice, vous, qui êtes venus aujourd’hui dans cette église. Vous avez accueilli la bonne nouvelle d’un Dieu qui s’est fait homme. Pourquoi les uns et pas les autres essayons de comprendre un peu de quoi il s’agit.

« Au commencement était le Verbe » ; « Au commencement était la Parole » : il ne s’agit pas de cette parole qu’on entend d’une oreille plus ou moins distraite, à longueur de journée, à la radio ou ailleurs. Il ne s’agit pas d’une parole qui informe. C’est un autre mot qu’emploie l’hébreu pour dire cette parole. C’est une parole qui crée. Nous le savons, nous qui avons fait l’expérience de l’amour : Celui qui dit : « Je t’aime » construit l’autre comme être aimé. Il lui donne vie. Un enfant, de même, a besoin qu’on lui parle, souvent, toujours, pour être construit comme fils ou fille d’homme. Cette Parole nous dit l’évangile, s’est faite chair. Et aussi surprenant que cela paraisse, elle va devenir un enfant, un bébé. Or, le mot « enfant », en latin signifie « celui qui ne parle pas ». Celui qui, d’abord, ne sait pas parler, et celui qui, ensuite, n’a pas droit à la parole. Or Dieu-Parole se fait enfant. Accueillir l’enfant comme Dieu, comme notre Sauveur, c’est nous mettre à l’écoute d’un murmure, d’un gazouillement.

Ce Dieu-Parole est lumière. Or, cette lumière dans la nuit n’est pas vraiment réelle à nos contemporains, pas tellement éclatante. Un petit enfant dans une crèche, c’est loin d’être de façon évidente une lumière pour notre humanité. Un condamné à mort sur une croix, on ne peut pas dire que ce soit une lumière resplendissante. Tout juste une étincelle ! C’est comme une toute petite flamme au milieu du monde, que les hommes, vous et moi, sont chargés d’entretenir et de faire grandir pour qu’elle puisse éclairer la terre entière. C’est en contemplant la crèche, en voyant ce petit enfant faible, vulnérable que nous voyons le Dieu-Parole, lumière du monde. Ce n’est pas évident. Rien ne nous saute aux yeux. Rien n’éclate à nos oreilles. Mais discrètement, humblement, le Tout Puissant est parmi nous. Pas étonnant que les hommes soient passés à côté. Et en premier lieu, les contemporains de Jésus. Aujourd’hui encore : le message ne passe pas vraiment. C’est encore un balbutiement. C’est une petite flamme, aux yeux de nos contemporains. Et pourtant, il y en a, aujourd’hui comme hier, qui accueillent cette Parole et qui marchent à sa lumière. Les voici qui s’avancent. Regardez-les ! Marcher à contre courant, se diriger vers la crèche. Ce sont les bergers et les mages, les silencieux et les assoiffés.

Les bergers... les silencieux. Seuls dans la montagne, ils n’ont pour toute compagnie que les moutons et les chiens. Ce sont ceux-là qui, en priorité, sont capables d’entendre les balbutiements de la Parole divine. Alors, pour nous, au milieu du bruit dans lequel nous baignons, dans ce monde où beaucoup ont un mal fou à supporter le silence, à rester un moment assis, seuls avec eux-mêmes, il nous faut rechercher le silence comme une condition indispensable pour entendre la Bonne Nouvelle.

Les mages, des hommes assoiffés. Ceux qui ne se résignent jamais, ceux qui ne pensent jamais : « C’est comme çà, on n’y peut rien ». Ceux qui disent qu’on ne peut pas se résigner à une situation telle que celle de notre monde. Ceux qui pensent que le monde a besoin de fraternité, de paix, de justice, de réconciliation, de reconnaissance de l’homme. Comme eux, ne désespérons pas. Avec eux, mettons-nous en route. Avec des gestes très simples, très petits, dans nos familles, dans nos quartiers, dans notre vie professionnelle, travaillons à faire advenir ce monde nouveau.

Saurons-nous être suffisamment silencieux pour entendre les balbutiements de la Parole ? Saurons-nous être des assoiffés de vérité pour faire germer en nous la petite lumière de l’Espérance ? Alors, il nous sera donné de découvrir Dieu dans un enfant, de devenir nous-même enfant de Dieu. Ce sera pour chacun de nous une nouvelle naissance, un vrai Noël.




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