Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Carême >> Semaine 1 >>   Chacun son tour !

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8357 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7498 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7393 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6681 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6291 visites

Chacun son tour !

En ligne depuis le samedi 26 novembre 2005.
 
 

Chacun son tour ! Pourquoi ne pas résumer ainsi la sainte pédagogie de Jésus éprouvé et notre expérience la plus banale ! Chacun son tour, de s’entendre dire par le diable : Si tu es le fils de Dieu... le Seigneur ne nous adopte-t-il pas par grâce au baptême !

Mais avons-nous seulement entendu cette supposition diabolique : Si tu es... ? Avons-nous pris au sérieux la vérité qu’elle veut tourner en supposition, celle de fils de Dieu ? Est-ce trop dire ? Nous aurions tort de le supposer à notre tour. Si Dieu a permis que l’Unique soit tenté, il permet aussi que tout fils adoptif le soit, pour que notre intelligence et notre volonté puissent répondre librement à sa grâce.

Chacun son tour, oui ! Mais pas de la même façon ! Dans le temps et par l’ampleur, l’épreuve de Jésus est première. Mieux encore, elle n’a eu lieu que parce que la victime l’a voulue. Jésus a permis cette épreuve, non pour lui, mais pour nous ! Elle en devient exemplaire. Elle a mis Satan en déroute ! Elle constitue un repère. Elle peut dès lors éclairer notre vie.

Et qu’indique-t-elle ? - 3 choses :
-  d’abord, que le combat est d’envergure ;

-  ensuite, que nous ne sommes pas les premiers à le mener ;

-  enfin, que nous pouvons le gagner : notre bonheur est là. Nous sommes créés, baptisés pour cela !

1. Peu fréquentes dans l’Evangile sont en effet les scènes d’une envergure aussi vaste ! Car il n’y a pas ici seulement l’affrontement entre deux personnes.

Et pourtant quelles personnes : d’un côté, Jésus affaibli, isolé, au sortir de 40 jours d’un jeûne rigoureux, dans un désert de rochers déchirés ; et de l’autre, le Diable rôdant, cherchant qui dévorer, interpellant son Créateur affaibli qu’il n’a su encore reconnaître ; lui, si intelligent, vient harceler Jésus dans un combat perdu d’avance. On entendrait presque le diviseur adresser fièrement au Seigneur trois tests, en livrant leur solution « incontournable ».

Immensité de l’enjeu, à la hauteur de l’identité des Personnes ! Au-delà d’un Jésus affrontant Satan en duel, l’horizon s’est élargi : la scène est cosmique. S’il y a un combat - et à n’en pas douter, il y en a un - il est alors réellement de cette importance. L’épreuve est d’envergure.

précédés du baptême au Jourdain et de la conduite par l’Esprit au désert, ces moments sont suivis par la victoire du Messie, la déroute de Satan, et par le cortège d’anges sur lesquels le Christ-Seigneur a son ascendant.

-  Au Jourdain, les cieux s’étaient ouverts ; clos au désert, ils se rouvrent au sortir du désert : les anges le servaient.

-  Au Jourdain, encore, l’identité de Jésus, Fils de Dieu, le Bien-Aimé du Père, se manifesta sur les eaux, et le diable la vit ; comme au sortir du désert, l’identité divine : les anges le servaient.

-  Au Jourdain, toujours, l’Esprit révéla la splendeur du Messie à ceux qui écoutèrent la voix du Père retentir, et cette voix ne se taira plus jusqu’au Calvaire ! jusqu’à sa Pâque, la Parole du Seigneur heurtera les suggestions du Diable. Ne le chantons-nous pas au matin de la Résurrection ? Le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père. La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

Oui, quelle envergure ! En avons-nous seulement idée, lors de nos épreuves ?

2. L’Esprit conduit toujours au désert, maintenant comme jadis. Nous ne serons jamais les premiers à aller dans ces désolations. Ou à nous y trouver sans l’avoir recherché : car la Providence sait ce qui convient, les moments et les jours... Mais nous saurons que l’aridité des rochers est parfois nécessaire. Là aussi est-ce trop dire ?

La force des paroles bibliques revêt une puissance unique dans la solitude : leur résonance, leur solidité ; comme si le silence rénovait leur densité. Et l’expérience les montre tranchantes. Lapidaires, elles frappent comme David un Goliath : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu ; Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte.

Savoir répondre au diable, sans ambiguïté ! Ce n’est pas une prouesse, mais de la sagesse. Mets en Dieu ta confiance et il te viendra en aide, conseille la sagesse biblique. et Jésus l’enseigne à qui demeure en lui. Le Seigneur voulut être éprouvé ; car son jeûne et son combat, sont pour nous les hommes et pour notre salut.

Avons-nous parfois conscience de la force vivante de ces paroles du désert, quand, tentés nous pouvons baisser la garde, et abîmer notre identité de fils de Dieu ! Mon fils, rappelle la même sagesse, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve.... Car l’or est éprouvé dans le feu. Dans l’épreuve, s’il ne pouvait pêcher, Jésus nous offrit la force de Dieu, bien nécessaire.

Ne faisons-nous pas, en effet, le mal que nous ne voudrions pas ? Souvent le diable profite des épreuves pour viser notre filiation divine ; et, si nous le lui permettons, pour blesser cette identité spirituelle. La puissance de la grâce est à la hauteur de ce drame.

3. Si le Christ est passé au désert, c’est aussi pour parler plus qu’ailleurs, au cœur de ses frères ! Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu ; et nous le sommes. C’est affaire de charité divine. Mais le Diable ne pouvait qu’ignorer cela : une défaite de plus ! De toutes ces tentations, nous voyons encore - dirai-je grâce à lui - que le sommet, c’est l’orgueil !

Aujourd’hui au vu de cet enjeu, de ce qui nous est aussi accordé, et à l’écoute du Sauveur, rendons grâce au Seigneur ; reconnaissons notre dignité.

« Si tu es fils de Dieu, pourrait dire Jésus, tu le constateras :

-  le gain, c’est ta vie de baptisé ;
-  c’est aussi ta grâce de sainteté, de victoire dans le Christ face à son Adversaire ;

-  c’est encore ta vie, accompagnée par les anges.

« Cela s’appelle vraiment vivre : pour cela je suis avec toi tous les jours, jusqu’à la fin des temps. Pour cela viens avec moi, au désert, et aussi après cette épreuve. Qu’au soir de ta vie et au jour de mon retour, je te regarde et dise : Viens, bénis de mon Père ! »




3433 affichages
 

 Chacun son tour !



Untitled Document