Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 2 >>   Ils n’ont pas de vin

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8295 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7452 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7352 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6641 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6250 visites

Ils n’ont pas de vin

14 JANVIER 2001

 

En ligne depuis le jeudi 8 décembre 2005.
 
 

« Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée » (Jn. 2, 11). Frères et sœurs, laissons-nous surprendre par la grande simplicité de la scène dont témoigne saint Jean. Il nous dit qu’elle fut à la fois un commencement dans la vie de Jésus : « ...il manifesta sa gloire », et un commencement dans la vie des disciples : « ...et ses disciples crurent en lui » (Jn. 2, 11). Le signe de Cana est un commencement et dans le commencement nous savons qu’en germe existent déjà tous les éléments qui conduiront à l’aboutissement, à l’accomplissement. Aujourd’hui nous savons que l’heure de Jésus n’est pas encore venue, mais en affirmant que son heure n’est pas venue, Jésus annonce aussi qu’elle viendra, qu’elle vient. Soyons attentifs, « ... celui qui agit en tout cela, c’est le même et unique Esprit » nous dit saint Paul. Ne craignons rien, « ... il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté » (seconde lecture : 1 Cor., 12, 11). Soyons attentifs à la voix de l’Esprit, à la Parole, comme Marie, et ainsi qu’elle nous y invite, faisons tout ce que Jésus nous dira. Avec Marie, soyons dociles à la simplicité d’un commencement. Jésus se manifeste au cœur de nos amours

Le Verbe de Dieu qui était au commencement et par qui tout fut créé, le Verbe fait chair que ses disciples contemplent (cf. Prologue de S. Jean), le Seigneur Jésus manifeste sa gloire au cours d’un mariage, mariage d’amis sans doute, auquel lui, sa mère et ses disciples sont conviés. Jésus vient célébrer la douceur intime de l’amour d’un homme et d’une femme. Il vient aussi se réjouir de la joie que cet amour procure aux amis des époux. Jésus se fait convive de l’amour des hommes. Tout comme l’amour conjugal, l’amour tout court est intime, il se manifeste néanmoins au-dehors, Dieu a voulu lui donner une fécondité unique, vitale et spirituelle ; Jésus est là, tout près des époux, avec leurs amis qui célèbrent leur amour, la vie. La fête commence, l’amour commence, Dieu est là.

Cependant quelque chose vient à manquer... Si effectivement l’amour nous réjouit, combien de fois n’avons-nous pas fait l’expérience de limites troublantes, elles sont inscrites douloureusement en nos cœurs. L’amour qui est toute notre joie, tout notre désir porte en nous les traces d’une blessure ancienne et brûlante. Quelque chose manque, nous n’aimons jamais autant et aussi bien que nous le voudrions, à tel point que nous finissons parfois par accepter de mal aimer. Quelque chose manque, nous ne sommes jamais aimés autant que nous le voudrions, si bien que nous finissons par accepter d’être mal aimés. Le vin amer de la déception devient notre boisson. La soif demeure, notre cœur est sans repos. Notre gorge brûle d’attendre le bon vin qui fera taire l’agitation, celui qui donne la paix et réjouit le cœur de l’homme, en vérité. L’antique blessure est brûlante, corrosive et dévorante, nous nous y habituons néanmoins, l’amour faiblit, s’endort. Il meurt parfois, plus d’ivresse, plus de joie, plus de chants, mais la fête continue... angoissante. Marie intercède pour nous « Ils n’ont pas de vin ! » (Jn. 2, 3). Qui pouvait encore crier vers Dieu notre souffrance sinon celle qui fut préservée du mal qui nous corrompt et nous aveugle ? C’est Marie, sans tâche, modèle d’humilité et de confiance, parfaitement femme, épouse, vierge et mère, Marie, consolatrice des affligés, qui intercède pour nous, attentive au vrai désir de nos cœurs. Et voyez, frères et sœurs, avec quelle douceur, au moment où elle révèle le mal qui nous accable, qui nous fait manquer absolument du bon vin et de la vraie joie, Marie, épouse et mère admirable, nous présente au médecin des âmes. La pureté parfaite de Marie ne la rend pas indifférente à notre pauvreté, au contraire, pleine de sollicitude pour nous, elle nous présente à son Fils, tels que nous sommes, assoiffés et malheureux. Elle lui demande de nous venir en aide. Quelle que soit encore l’obscurité de la réponse de Jésus « Que me veux-tu femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. » (Jn., 2, 4) la Vierge Sainte nous indique le chemin qu’elle connaît si bien, chemin de la volonté de Dieu, de l’obéissance, du Fiat et du Magnificat : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ! » (2, 5). Touché au cœur par la mère de son fils, Dieu ne peut désormais que se manifester, et Jésus manifeste sa gloire en montrant qu’il connaît nos manques, notre péché et peut nous en purifier afin de nous combler d’un amour nouveau.

Quelque chose a changé Non, frères et sœurs, notre vie n’est pas irrémédiablement marquée par le péché qui nous ferait à tout jamais singer, de manière sinistre, l’amour et nous gaver d’une vie sans saveur. Non, la vie n’est pas l’antichambre de la mort. Avec Marie, notre vie devient la porte de la chambre nuptiale où dort l’époux, l’heure venue, il s’éveillera, magnifique en sa gloire. Nous ne sommes pas sur Terre pour fêter un échec, pour tomber en enfer. L’eau de notre baptême nous ouvre un chemin nouveau, la mer Rouge de notre péché s’est fendue, un passage vers la vie est ouvert. Et l’eau de notre baptême devient aujourd’hui, par le signe de Cana, vin d’allégresse, vin de noces, ivresse de joie. Frères et sœurs, Dieu s’est fait l’un de nous, il manifeste sa gloire au cœur de nos amours humaines. Désormais elles ne sont plus asséchées ou asséchantes, manque ou privation, mais présentées à l’abondance de l’amour de Dieu, elles retrouvent leur source et leur fécondité limpide ; Cana est un commencement mais déjà tout à changé, car l’heure vient où le Christ épousera nos âmes dans la tendresse et la fidélité ! Écoute mon âme et voit : « on ne t’appellera plus ‘la délaissée’, on n’appellera plus ta contrée ‘terre déserte’, mais on te nommera ‘ma préférence’ (...) Celui qui t’a construite, [celui qui t’a créée], t’épousera ». (première lecture : Is. 62, 4). Mes frères, à Cana l’eau est changée en vin, mais tout a changé : notre petitesse est élevée à la puissance de Dieu. Et maintenant sous nos yeux, dans la lumière de la foi, tout change encore : le vin de notre consolation devient gage de la vie éternelle. Béni soit Dieu !

« Vraiment tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, toi qui nous donne ce vin, fruit de la terre et du travail des hommes, nous te le présentons, qu’il devienne pour nous, maintenant, le vin du Royaume éternel, le vin des noces de mon âme avec ton cœur ». « Béni soit Dieu maintenant et toujours » (cf. liturgie de l’Offertoire).

Ainsi soit-il !




2994 affichages
 

 Ils n’ont pas de vin



Untitled Document