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Une porte dans le ciel

1er novembre 1997

 

En ligne depuis le mardi 21 juin 2005.
 
 

Aujourd’hui se réalise pour nous la vision que saint Jean relate dans l’Apocalypse au chapitre 4. Je vous invite à vous y engouffrer avec moi pour n’en pas manquer une miette.

Voici : une porte était ouverte au ciel, et la voix que j’avais entendue naguère me parler, me dit : Monte ici que je te montre ce qui doit arriver par la suite ! Déjà autrefois une porte s’était ouverte dans le ciel ; c’était pour laisser sortir quelqu’un qui était venu nous inviter au repas de ses noces. Aujourd’hui la porte est ouverte pour nous inviter à entrer. Tel le Père de la parabole, le Christ est sur le seuil entouré de tous ses saints pour nous inviter à entrer. Une foule immense nous accueille, une foule aux visages lumineux, manifestement heureux de nous accueillir chez eux, car aujourd’hui c’est leur fête. C’est la fête de tous les saints. Non pas la fête de la sainteté. D’ailleurs ce serait une drôle d’idée de fêter une idée ou un idéal, et il faut n’avoir aucun sens de l’homme pour faire une fête de l’humanité. Aujourd’hui ceux qui sont en fête ce sont ces femmes et ces hommes, ces jeunes et ces vieux, ces riches et ces pauvres, ces prêtres et ces laïcs, ces mendiants et ces princes, ces religieux et ces parents, que nul ne peut dénombrer. Ils sont de toutes contrées, de toutes langues, de toutes les époques. Ils ont entendu l’appel du Seigneur, ils y ont répondu et ils ont été fidèles. Bonne fête à tous les saints !

Mais trêve de discours et entrons ! Avec quelle joie nous voyons et reconnaissons ces visages connus et découvrons tous ceux que nous ne connaissons pas. Voici sainte Marie, toute belle et resplendissant de bonté. En vraie maîtresse de maison, elle nous accueille. Elle connaît chacun car chacun lui a été confié par le Christ sur la croix, et parce qu’elle est un jour ou l’autre intervenue dans la vie de chacun. Et voici saint Joseph, son époux, lui qui veille sur nos maisons, lui qui fut le berger de l’Agneau. Voici les Douze Apôtres : ils sont entourés des fidèles des Églises qu’ils ont fondées et de tous ceux qui par elles ont connu Jésus et l’ont aimé. Voici la foule innombrable de Martyrs. Telles les cinq plaies du Seigneur, leurs blessures brillent de gloire. Et avec quelle émotion nous les voyons venir de partout : de l’Antiquité et de notre temps, d’Afrique et d’Extrême-Orient, de l’Asie proche, du Sud et du Nord. Ils portent fièrement le nom de témoins fidèles.

Mais permettez-moi de vous entraîner dans ce coin où est réunie notre famille dominicaine. Notre Père saint Dominique nous accueille entouré de tous ces soeurs et ces frères, ces grands noms que nous aimons et que nous vénérons car ils sont nos prédécesseurs. Mais aujourd’hui, ils entourent ceux qui ont été plus récemment honorés. Reconnaissez-vous Pier-Giorgio Frassati, un jeune et brillant universitaire de Turin, et grand sportif. Son père a fondé La Stampa. Mais lui n’est passionné que du salut des âmes et du service des pauvres. Il naît au ciel en 1925.

Et voici Catenon-Menette (Catherine Jarrige), une vieille femme qui fut jeune au temps de la Révolution française. Elle n’a pas attendu que l’État français demande pardon à l’Église pour tant de prêtres et de baptisés assassinés. Elle court les forêts pour aider ces prêtres et leur permettre de célébrer la messe. Plusieurs fois arrêtée, le peuple exige qu’elle soit libérée. Et elle mourra bien plus tard, toujours au service des pauvres et des prêtres. Et voici le Bienheureux Père Hyacinthe Cormier qui toute sa vie fut au service de ses frères, comme prieur un grand nombre de fois, comme provincial et même comme Maître de l’Ordre. Il fut prieur de Toulouse pour la consolation de ses successeurs. Et voici saint Guillaume Courtet qui partit au loin pour trouver la mort au service de la prédication et du salut des âmes. Et Mère Agnès de Jésus Galand, une sainte moniale qui eut de grandes lumières pour éclairer ses soeurs.

Mais comment ne pas saluer aussi cette année où nous avons fêté notre chère sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ces deux autres saintes carmélites qui se donnent la main. Connaissez-vous Mariam Baouardy, "la petite arabe" ? Elle est palestinienne et chrétienne, née à Nazareth. Orpheline très jeune elle est recueillie par un oncle qui veut la marier et la forcer à embrasser l’Islam. Mais elle refuse. Battue, elle est laissée pour morte. Elle guérit miraculeusement, et s’enfuit pour aboutir au Carmel de Pau en 1867 et prend le nom de soeur Mariam de Jésus crucifié. De là, elle sera envoyée fonder le Carmel en Inde, puis selon son voeu le plus cher dans son pays, en Terre Sainte. Et voici Edith Stein, soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix, grande philosophe, disciple de Husserl, elle est bouleversée par la vie de sainte Thérése d’Avila. Elle devient chrétienne et entre au carmel de Breslau. De là, elle devra fuir quand le nazisme déferlera qui viendra la chercher pour l’envoyer mourir à Auschwitz avec tant d’autres de toutes fois et de tous pays.

Nous ne savons plus où donner des yeux, ni de la tête. Il y aurait tant de noms à citer. Tenez, voici Marcel Callo et Karl Leizner, voici le sympathique frère Van du Viet-Nam mort pour le Christ et Vladimir Ghika et Frédéric Ozanam. Ah, mes frères, voilà vraiment notre famille. Là, nous sommes chez nous, entourant le seul qui mérite le nom de saint.

Mais voilà que tout le monde s’écarte et qu’apparaît une table magnifique, manifestement la table du banquet dont parle l’Évangile. Curieux, je me suis approché. A chaque couvert, un nom est assigné, écrit en lettres d’or, ce sont les noms des saints, et d’autres noms en esquisses, non encore totalement repassés. Savez-vous ce que j’ai lu ? C’était vos noms. Les noms de chacun de vous, aucun ne manquait. Réjouissez-vous car vos noms sont inscrits dans les cieux ! Sachez-le : vous êtes invités, vous êtes attendus.

Avec quelle joie nous pouvons repasser la porte ouverte dans le ciel, pour rejoindre notre vie ordinaire. Nous savons quel est notre avenir. Et en nous disant : à bientôt, les saints du ciel proclament en chantant le cantique que le Seigneur lui-même nous a enseigné : Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !




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 Une porte dans le ciel



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