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Vers la Terre Nouvelle et les Cieux Nouveaux !

25 MARS 2001

 

En ligne depuis le jeudi 8 décembre 2005.
 
 

On dit que, selon la tradition, c’est sur le bord du canal du midi que les pères de ce couvent vont préparer leurs homélies. Je ne sais pas si cela se pratique encore, mais en tout cas, c’est là-bas, que j’ai fait la rencontre de trois vieilles dames. Les rides profondes de leur visages témoignaient de leur grand âge, seulement, leur regard était brillant et vif, leur corps robuste semblait avoir conservé toute leur fertilité... c’étaient Dame Eau, Dame Terre et Dame Lumière : L’eau, la terre et la lumière. Les trois sœurs (car c’étaient les trois sœurs de la famille des éléments de la terre) discutaient entre elles et se rappelaient leur meilleurs souvenirs commun.

Le premier souvenir était la création du ciel et de la terre : le jour où Dieu avait donné l’existence aux choses et créé la vie. L’eau rappelait qu’elle avait été la première à entrer mystérieusement dans le sein de Dieu, lorsque Le vent de Dieu tournoyait au dessus des eaux. Sa sœur la lumière, réclamait le titre d’aînée ! Elle disait que si l’eau était entrée la première dans le sein de Dieu, elle, Dame Lumière en était sortie la première au commencement : Dieu avait dit « que la Lumière soit ! », et la lumière fut. Ainsi, toute chose qui viendrait désormais à l’existence, viendrait en même temps, à la lumière, pour être pénétrée de Lumière. Sans conteste, la terre était la benjamine. Cependant d’elle, Dieu avait fait jaillir la vie, en elle avaient germé les arbres portant des fruits contenant leur semence selon leur espèce, de la terre Dieu avait pétri le corps de l’Homme, lui avait insufflé son haleine de vie, et avait fait un être à son image et à sa ressemblance. Tel était le premier souvenir de nos trois vieilles dames : le souvenir des jours bénis de la création et du don de la vie !

Le second souvenir était celui du Salut. Le jour où Dieu a libéré Israël de la main des Égyptiens, l’eau s’était fendue en deux parts et avait permis au peuple de partir, puis en se refermant elle avait englouti dans les bas-fonds les chars, les chevaux, les cavaliers et l’élite des capitaines de pharaon. Quarante ans plus tard, c’est elle encore qui avait ouvert les portes du pays de la vie nouvelle, lorsque le Jourdain s’était ouvert pour laisser passer le peuple par le fond des eaux ; la lumière rappela comment elle avait toute une nuit tenu en échec l’armée d’Égypte, puis comment elle avait guidé Israël quarante ans à travers le désert manifestant la présence de Dieu au milieu de son peuple ; la terre enfin rappela qu’elle avait été l’objet de la promesse divine, car ce que Dieu avait promis à son peuple, c’était une terre, une terre où ruisselleraient le lait et le miel, une terre de la vie nouvelle et du salut... tel était le second souvenir de nos trois vieilles dames. Elles parlèrent longtemps, et se rappelèrent de nombreux événements, il y avait entre autre, la naissance de chaque homme, la naissance de chacun d’entre nous : pétri de terre ; façonné dans les eaux du ventre maternel, créé pour voir la lumière. Tout homme conçu et créé pour voir la lumière.

Justement, à ce propos, elle se souvinrent d’un fils d’homme qui n’avait jamais vu la lumière. C’était un aveugle né. Le jour de sa guérison avait été l’un des plus beaux de leur vie. Ce jour-là, elles furent particulièrement sanctifiées. La terre avait été mélangée à la salive même du Christ, il en avait fait de la boue et de cette boue il montra que Dieu touche son peuple, que Dieu soigne son peuple. L’eau se vanta d’avoir été élue pour être le signe par lequel l’homme s’associerait lui-même à la guérison offerte par Dieu. Le Christ avait dit à l’Homme : « va te laver à Siloé », passe par l’eau de la vie nouvelle et du salut, participe à la guérison que je t’offre. Mais la lumière avait peut-être été la plus sanctifiée des trois : si le Christ s’était arrêté, s’il avait accompli ce signe, c’était pour montrer que tout homme doit voir la lumière, que la lumière est un droit de l’Homme, le Christ avait montré que Dieu veut que tout homme conçu et créé ait sa place au soleil, même si cela dérange ses parents et les autorités. Alors que les trois dames évoquèrent le sort de ces millions d’êtres qui n’ont même pas le droit d’avoir une place au soleil... Moi-même, ému, je sentais poindre quelques larmes, mais il y eut sur les bords du canal une brise légère... dans la brise légère arriva au loin un jeune homme, il était grand et beau. A sa vue, les trois vielles dames heureuses, se prosternèrent avec respect. (j’étais un peu étonné car on m’a toujours appris que ce sont les jeûnes qui doivent révérer les adultes), mais il se dégageait une telle majesté de ce jeune homme, que je compris qu’il était le maître. C’était la Parole, la Parole de Dieu. La Parole qui avait présidé à la création, qui avait donné existence et vie à toute chose était là ! la parole, prophétique, qui avait sauvé Israël d’Égypte et lui avait procuré le salut, était là ! La parole d’amour qui nous a, à chacun, donné la vie, qui avait guérit l’aveugle-né était là ! Comme la parole poursuivait sa route, les trois dames l’ont entouré et ils sont partis tous les quatre sur les bords du canal.

Quant à moi, frères et sœurs, je suis rentré tout droit au couvent, tout heureux de ma découverte. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises : Quand j’entrais dans cette église, on y célébrait un baptême. Quelle ne fut pas ma surprise d’y retrouver les trois dames ! La terre, c’était l’Église rassemblée qui présentait à Dieu l’un des plus beaux fruit : une jeune femme qui devait être baptisée ; l’eau était un peu la reine de la cérémonie : au moment où j’entrais on la versait abondamment sur le corps de la catéchumène ; la lumière, comme d’habitude représentait la présence de Dieu au milieu de son peuple, et le cierge pascal illuminait toute la cérémonie. Mais c’est la parole qui donnait la vie à tout cela : c’est la Parole qui avait rassemblé l’Église, c’est elle qui réalisait le don de la grâce de Dieu que signifiait le bain d’eau, c’est encore la Parole confessée par le credo qui explicitait ce que signifiait la lumière...

Je pensais avoir tout saisi, tout compris, mais ce n’était pas fini ! A la fin de la cérémonie, le Fr. Hyacinthe, notre chantre, a entonné la ronde des enfants « tu es devenu enfant de Dieu et frère de Jésus... » Alors les trois se sont mises à danser, à tourner et à tournoyer... A la fin du chant, la danse s’est arrêtée, il ne restait que trois jeunes filles radieuses.

La terre ? Elle avait donné son fruit, et le fruit par le travail des hommes était changé en pain et le pain était devenu le corps du Christ, livré pour nous, pour notre vie et pour notre salut ! L’eau était changée en vin et le vin était devenu le Sang du Christ, versé pour nous et pour notre salut !

La lumière brillait désormais dans le cœur et dans la vie de chaque baptisé, a qui la foi donne vie et salut !

La parole ? ou était la Parole ? frère est sœurs, elles s’était incarnée, elle renouvelait désormais, de l’intérieur les éléments de la terre et faisait de chacun d’entre nous des instruments de vie et de salut pour le monde. Elle avait réalisé ici l’antique promesse : des Hommes Nouveaux sur une Terre Nouvelle, sous des cieux Nouveaux ! Alors, sur cette Nouvelle, sous ces cieux Nouveaux, j’ai enfin compris que si toute chose vient à l’existence, si tout homme naît en ce monde, si l’aveugle né avait été guéri et avait ouvert les yeux, ce n’était pas seulement pour voir la lumière, c’était pour voir la vraie Lumière celle de la foi et la faire briller en ce monde, pour voir la Parole qui ne passera pas, le Verbe Incarné, le Christ Jésus, a qui appartient le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. Amen !




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 Vers la Terre Nouvelle et les Cieux Nouveaux !



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