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Les signes

JEUDI 12 AVRIL 2001

 

En ligne depuis le jeudi 8 décembre 2005.
 
 

Nous sommes réunis pour nous rappeler, ou mieux pour revivre les dernières heures que Jésus a vécues avec ses disciples, avant son arrestation, sa passion, sa mort et sa résurrection. Aujourd’hui, en ce Jeudi Saint, l’Église nous fait revivre avec lui, le dernier repas qu’il prit avec les siens, écouter ses dernières recommandations. Et nous venons d’entendre un passage de l’Évangile selon saint Jean, nous rappelant comment Jésus, ce soir-là a voulu laver les pieds de ses disciples. C’était une manière délicate mais ferme de leur remettre devant les yeux l’essentiel de la doctrine qu’il avait prêchée : Aimer Dieu et ouvrir son cœur à sa grâce, aimer ses frères et se faire leur serviteur. Jésus parle souvent par signes ; je voudrais simplement vous proposer quelques remarques sur la façon de lire ces signes. Aujourd’hui, en ce Jeudi Saint, l’Église nous rappelle spécialement trois de ces signes :
-  Laver les pieds de ses disciples
-  L’Eucharistie avec le signe du pain et du vin consacrés
-  Enfin la Croix.

1) Le Premier signe : Laver les pieds de ses disciples

Des quatre évangiles, celui de saint Jean est le seul à mentionner ce souvenir. Jésus a lavé les pieds de ses disciples ; ce fait occupe une place centrale dans son récit du dernier repas, celui que nous appelons traditionnellement la Cène. Il n’y a même rien sur l’Eucharistie à cet endroit car saint Jean a préféré rassembler ailleurs l’enseignement de Jésus sur ce point. Il en a parlé à l’occasion de la multiplication des pains qui avait eu lieu, à l’époque de la Pâque, un ou deux ans auparavant. Jésus avait alors préparé ses disciples à recevoir ce mystère en disant qu’il était lui-même le pain de vie (Jean 6,48 et sv.). Il leur avait également souvent parlé du service, de l’humilité. Cette fois-ci, Jésus enseigne en se mettant dans le rôle d’un serviteur, d’un esclave. La coutume en Palestine, à cette époque, voulait qu’après une longue marche pieds nus ou en sandales découvertes, sur des chemins poussiéreux, Celui qui était accueilli voie son hôte lui faire laver les pieds en signe de bienvenue. Cette coutume n’existe pas dans notre Occident actuel mais elle est facile à comprendre. D’ailleurs aider à se laver tous ceux qui ne peuvent pas encore ou ne peuvent plus s’y mettre par eux-mêmes et un geste de service toujours quotidien. On fait la toilette des tout-petits, des malades, des vieillards, des infirmes. Jésus lui-même expliqua le sens qu’il donnait à son geste. Voici les termes que rapporte saint Jean : « Je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi envers vous » (Jn 13,15). Cet exemple est clair et cadre avec la grande déclaration de Jésus : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Mt 20,28). Il nous exhorte à être des serviteurs. Tout est clair mais attention ! Est-ce là le seul enseignement à tirer de ce signe ? Les deux autres signes nous aideront à préciser.

2) La signification de la Croix et de l’Eucharistie

Le sens du geste « laver les pieds de ses disciples » est à voir dans la lumière de toute la vie de Jésus et du but de sa venue ici-bas. Pourquoi le Verbe éternel de Dieu s’est-il incarné ? Jésus lui-même nous a dit qu’il était venu, non pas pour être servi mais pour servir et il a aussitôt ajouté : « Et donner sa vie pour une multitude » (Mt 20,28). C’est ici que nous devons regarder avec les yeux de la foi. Les paroles les plus précises sur le sens de la venue du Christ sont encore celles du prologue de l’Evangile de saint Jean. « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir d’être appelés enfants de Dieu » (Jean I,11-12) d’être appelés, c’est-à-dire de l’être comme précise saint Jean dans la première épître. Evidemment, à titre adoptif.

La croix est un signe. Jésus s’est offert volontairement à la mort comme un volontaire pour une mission dont tous savent que l’on ne revient pas vivant. Il est allé de l’avant comme une brebis parmi les loups et le fait de s’engager sur cette voix montrait son obéissance et sa charité : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Remarquez bien l’expression : Pour ses amis. La croix est le signe de cet amour infini. La même réalité est signifiée par l’Eucharistie. L’Eucharistie reprend l’Unique sacrifice du Calvaire d’une façon sacramentelle, signe efficace de la grâce qu’il signifie. Signe du sacrifice de la croix, le don de la vie est évoqué par le don de son corps sous les apparences du pain consacré et du don de son sang sous les apparences du vin consacré. Jésus les offre pour nous racheter de nos péchés. Et ce don de tout lui-même qu’opère Jésus et que manifestent ces signes c’est pour nous qu’il est fait.

3) Revenons maintenant au signe de laver les pieds

Au plan terre à terre de la vie quotidienne, cet appel à servir est ferme et manifeste. Mais au plan de la foi, il est net qu’il s’agit de bien plus que de la vie terre à terre. Vous avez entendu la réaction de saint Pierre, son refus : « Tu ne me laveras pas les pieds, dit-il à Jésus. Non ! Jamais ! » (Jean 13,8). Et Jésus réplique fermement : « Si je ne te lave pas, tu n’a pas de part avec moi ! » Jésus voulait-il parler seulement du geste de nettoyage avec l’eau, la serviette, de cette opération terre à terre. Évidemment non ; il y a là tout un symbole. La part avec Jésus, c’est la place dans le Royaume de Dieu, c’est la vie d’enfant de Dieu. Ce signe rappelle que Jésus est venu nous purifier du péché, nous guérir notre nature blessée et que nous avons à accepter sa grâce. En ce domaine, seuls nous ne pouvons rien. Si nous refusons, si nous traitons son offre à la légère, nous sommes perdus. En ce Jeudi Saint, le geste et la parole de Jésus acquièrent tout leur sens. C’est pour nous que Jésus va donner sa vie. Le geste de laver les pieds est le symbole de la purification des disciples grâce au sang de Jésus. Et si nous refusons, en nous croyant capables de nous en passer, prenons conscience des conséquences de ce refus. Il est inutile d’en dire davantage. La liturgie est là ; c’est elle qui va nous parler. Puissions-nous désormais lorsque nous entendrons un « pour nous » ou « pour vous » dans le Symbole de Nicée-Constantinople, ou dans les paroles de la consécration que prononcent les prêtres durant l’eucharistie, accepter ce don du Christ, sa grâce. Qu’il nous aide à vivre cette acceptation.




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