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Un feu dans les cœurs

DIMANCHE 29 AVRIL 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Les disciples revenus en Galilée étaient partis à la pêche. Or voici que sur la rive, Quelqu’un se tient. Il les appelle. Quand ils ramènent la barque et tirent le filet sur la plage, voici qu’un feu y brûle pour préparer le repas. Ils n’osent prononcer son nom et appeler celui qui les invite, mais dans le rayonnement du foyer et des braises, ils savent que c’est Lui (Jn 21, 1-13). Il a tenu promesse. N’avait-il pas dit : « Je suis venu allumer un feu sur la terre et quelle n’est pas mon impatience qu’il brûle », parole de Jésus-Christ (Lc 12,49).

-  1. Oui, le jour de Pâques, deux disciples marchent vers Emmaüs. Ils sont rejoints par un troisième qui leur parle et leur commente les Écritures. Ils le reconnaissent à la fraction du pain. Quand il a disparu de leur vue, il s’avouent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous quand il nous parlait des Écritures ? » (Lc 24, 32). Oui, le feu s’est répandu. Depuis lors, au cours de l’histoire, de générations en générations, des hommes et des femmes ont porté avec eux le feu qui brûle les cœurs. Ils ont participé au repas de celui qu’ils savent être le Ressuscité, le Seigneur, le premier-né d’entre les morts. Si nous sommes chrétiens, c’est parce que nous avons fait la même expérience. Ainsi cette année, une fois encore pour les plus anciens, ou la première fois pour les jeunes, nous sommes sortis dans le vent d’un printemps contrarié. Nous avons allumé un feu et marché à la lumière qui en venait. Nous avons ouvert le Livre où Dieu se dit et notre cœur a brûlé des paroles entendues. Nous avons alors renouvelé notre baptême, car notre cœur de bois mort et d’épines pouvait devenir flamme claire ou braise tenace. Cette image du feu allumé dans notre cœur ne saurait en rester au seul sentiment, mais concerne la vie en toutes ses dimensions. Vivre !

-  2. La rencontre autour du feu sur le rivage laisse place à la parole. Au centre se trouve Pierre. Par trois fois, le ressuscité lui demande : "M’aimes-tu ?" (Jn 21, 15-17). A l’heure de la Passion, par trois fois, Pierre avait renié. Par trois fois, il avait succombé à la tentation. Ainsi Pierre est-il le disciple qui représente l’humanité qui a succombé à la tentation en reniant son créateur. Que Pierre représente l’humanité nous est indiqué par le récit où un détail vous a sans doute surpris : dans la barque Pierre est nu, tout nu (Jn 21, 7). Cet homme dans la barque des tempêtes du monde, est comme Adam, l’archétype de l’humanité, dont le récit originel dit qu’il était nu. Or Pierre, représentant de l’humanité, vient à celui qui a donné sa vie pour lui. Il se vêt - entendons qu’il sort de l’informe originel - lorsqu’il entend l’appel de celui qui est sur le rivage. Ainsi dans la nuit pascale, nous avons renouvelé notre baptême et reçu la pardon de nos péchés, et comme Pierre, avons revêtu l’homme nouveau dans la foi par le baptême. Oui, aujourd’hui, la vie s’est manifestée plus forte que la mort et, par trois fois, Pierre reçoit le pardon pour sa triple trahison. Pierre est réintroduit dans la communion dont l’autre disciple qui représente l’Église est le témoin dans les récits de l’évangile selon saint Jean, lui qui s’était tenu au pied de la croix et qui a reconnu Jésus sur le rivage (Jn 21, 7). Sur le chemin de notre vie dans la foi, nous ne marchons pas seul. Aussi nous avons chanté pendant la liturgie du renouvellement de notre baptême la litanie des saints. Nous sommes entourés par une multitude de témoins, nos frères et soeurs aînés dans la foi. Permettez-moi d’anticiper sur une annonce, puisque paraît aujourd’hui un livret en hommage au Père Marie-Joseph Nicolas, dont la prédication chaleureuse reste en mémoire des plus anciens parmi nous. Mais chacun de nous peut évoquer d’autres figures, de ceux et de celles qui comme lui ont été des témoins parce qu’habités de la grande flamme de la foi.

-  3. Le pardon reçu de Jésus ne laisse pas Pierre dans le vide. Jésus lui dit : « Suis-moi ! » (Jn 21, 19). En effet, ce qui importe c’est d’entendre aujourd’hui l’appel à suivre le Christ. Il est divers moyens de le faire. L’esprit chrétien est bien illustré par l’esprit des scouts et guides de France aujourd’hui rassemblés pour leur fête de groupe, car il donne forme au verbe "servir".

Je me permets d’évoquer ceci : Il se trouve que cette année quatre jeunes hommes - et peut-être cinq - que j’ai connus dans le cadre de mes activités d’aumônier d’étudiants et avec qui nous avons suscité et animé des communautés chrétiennes en Grandes Écoles seront ordonnés prêtres en divers lieux et après des itinéraires fort différents. Comment ne pas se réjouir que la relève se fasse pour porter le feu aux confins du monde ?

Mais ceci ne doit pas nous faire oublier que l’appel du Christ s’adresse à tous. Il importe que chacun de nous soit lumière dans le monde et que reculent les ténèbres. La parole du Christ « Suis-moi ! » est précédée par une image pastorale ; c’est une invitation à prendre des responsabilités, car la foi est active. Responsabilité de sa propre vie, d’abord, mais aussi dans sa famille, dans l’éducation, dans le travail social dans la vie professionnelle, dans la communauté chrétienne... Mais, en toutes ces activités, il importe qu’il y ait un centre, ce lieu où brûle le feu de l’amour. En toute nos activités, il y a le secret. Quel secret ?

Par trois fois, Jésus ressuscité a demandé à Pierre : « M’aimes-tu ? ». Notre secret n’est-ce pas la manière dont nous avons répondu à la question qu’il nous adresse tout au long de notre vie et de manière plus décisive à chaque moment important : « M’aimes-tu ? »




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