Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Sanctoral >> Fêtes mariales >>   Accueillir l’Esprit-Saint

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8299 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7454 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7358 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6646 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6253 visites

Accueillir l’Esprit-Saint

15 août 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Frères et sœurs, il y a bien des années, une de mes amies, enceinte, me confiait son embarras de devoir mettre au monde un enfant qui devrait bien mourir un jour ou l’autre. Vous me direz que c’est là une vision bien pessimiste et réductrice de la naissance et de la vie, mais elle avait en premier lieu l’avantage de manifester clairement ce qui pèse sur les épaules de tout être dès sa naissance : la mort ; et, en second lieu, elle ne faisait que redire en raccourci ce que nous propose la lecture de l’Apocalypse, où apparaît une femme enceinte, proche de l’accouchement, et dont l’enfant aussitôt né risque d’être dévoré par un Dragon, dans lequel il est facile de reconnaître une représentation de la mort. Je crois que nous n’aimons pas que l’on nous rappelle que notre vie est éphémère et que la mort nous guette à tout instant, dès notre naissance. Nous n’aimons pas cela, et je crois que c’est normal : j’y vois l’indication que nous portons en nous une espérance profonde de vie éternelle, ou bien, comme le dit l’Écriture, que nous n’avons pas été créés pour la mort (Sg 1,14). C’est bien pour cela que le croyant aime à célébrer comme il le fait à chaque eucharistie ce qui est au cœur de sa foi chrétienne, la Résurrection, la victoire de Jésus sur la mort, telle que nous l’a rappelée tout à l’heure la première lettre aux Corinthiens. L’homme est fait pour la vie, dès sa conception, comme ne cesse de le redire d’ailleurs notre pape. Il reste, et la lettre aux Corinthiens nous le rappelle, que la mort sera le dernier ennemi vaincu, qu’il nous faut malgré tout compter sans cesse avec elle. Comment lutter contre elle ? Avons-nous quelque moyen à notre portée ?

Les médecins des corps vous proposeront les leurs, je me situerai plus volontiers en médecin des âmes. En fêtant la Vierge Marie dans son Assomption, ce que proclame l’Église, c’est que Marie n’a pas connu la mort, dont elle a été préservée par un privilège spécial acquis par la mort de son Fils, et qu’elle a été enlevée au ciel dans son âme et dans son corps. Pourquoi ce privilège ? Tout simplement parce qu’elle avait accueilli en elle l’auteur de la vie, accueilli et accompagné sans cesse tout au long de sa vie. Elle était l’écrin qui avait porté le joyau, mais elle en avait été transfigurée au point de devenir joyau elle-même : Dieu n’a donc pas trouvé de plus bel écrin pour présenter son fils au ciel que celui qu’il avait trouvé sur la terre. Mais c’est là que nous devons nous souvenir que si Marie a eu le privilège de porter Jésus en son sein, les baptisés ont tous un privilège, celui de porter l’Esprit, d’être « temple de l’Esprit », transfigurables comme Marie : et plus nous accueillons cet Esprit, plus nous en vivons, plus l’écrin que nous sommes gagne en valeur. Et plus nous entrons dans la vie éternelle que Dieu nous prépare. Je comprends alors qu’un très grand saint de la tradition orthodoxe, Séraphin de Sarov, se soit donné comme unique programme de vie : « acquérir le Saint-Esprit » ; autrement dit le demander, l’accueillir, le faire grandir par la prière, l’étude, un amour inépuisable pour tous les hommes quels qu’ils soient.

Je me rappelle toujours avec émotion un de mes frères dominicains, déjà âgé, venu nous prêcher une retraite au couvent de Toulouse et nous disant : « plus je vieillis, plus je regrette de perdre tant de temps à ne pas prier ». Oui, que de temps perdu à nous accrocher désespérément aux choses de la terre, à juger les hommes en fonction d’elles, au lieu de nous considérer comme des porteurs d’Esprit appelés chaque jour à accueillir et à développer, avec tous et en tous, la grâce de l’Esprit : quand nous aurons acquis cet Esprit-Saint, notre vie terrestre sera vraiment ce qu’elle est, une étape, importante certes, mais étape quand même ; et notre mort terrestre sera vraiment ce qu’elle est, non pas une fin, mais le début d’une autre vie, de la vraie vie.




3557 affichages
 

 Accueillir l’Esprit-Saint



Untitled Document