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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 30 >>   Ne se prévaloir de rien

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Ne se prévaloir de rien

28 octobre 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Frères et sœurs qui aujourd’hui avez décidé d’écouter l’Évangile et êtes prêts à accueillir la Parole vivifiante de Dieu, malheureusement cette parabole ne s’adresse pas directement à vous. C’est bien dommage et bien paradoxal, mais, dit Jésus, c’est pour ceux qui sont convaincus d’être eux-mêmes des justes, autrement dit ceux qui ne se remettent jamais en cause, qui n’écoutent rien sinon eux-mêmes, comme ce Pharisien barricadé dans sa certitude d’être un juste, psychologiquement et spirituellement fermé. Pourtant la parabole a un sens : proposée par le Christ, par l’évangéliste Luc, par la liturgie, au moins indirectement, elle s’adresse à nous. À nous qui ne sommes peut-être pas encore totalement sourds, mais sommes vulnérables à la surdité... Au temps des premières communautés chrétiennes, de saint Paul (et son fidèle compagnon l’évangéliste Luc), au temps de la séparation des chrétiens d’avec le judaïsme de stricte observance, la grande question était celle de la justification. Contre les Pharisiens qui se prévalent d’une justice procurée par la Loi et ses commandements, considérant comment le salut est procuré à tous ceux, juifs ou païens, qui s’attachent au Christ par la foi, saint Paul enseigne la justification par la foi. Il se réfère à Abraham, père de tous les croyants. Car Dieu regarda Abraham comme juste à cause de sa foi, et non pas à cause de ses œuvres ni de la circoncision qui vint après, à cause de cette confiance qu’il fit à Dieu qui lui demandait le sacrifice de son fils unique Isaac. C’est ainsi l’attitude du cœur, l’abandon sincère de soi à Dieu, qui fait de l’homme un religieux authentique.

Si l’homme ouvre son cœur à Dieu, même si ce cœur est rempli de scélératesses, Dieu y pénètre et y répand sa sainteté. Telle est l’aventure d’Abraham, celle de saint Paul, celle du publicain de la parabole, celle, je l’espère, de chacun d’entre nous. Mais voilà le problème : si, comme nous le chantons tous le matin aux Laudes avec Zacharie, notre idéal est de servir Dieu « en justice et sainteté, devant sa face, tout au long de nos jours », le risque est bien réel de croire que l’œuvre de justification accomplie par Dieu en nous, sa sainteté, est tellement devenue nôtre que nous pouvons nous en prévaloir comme si nous ne l’avions pas reçue.

Et c’est là que la parabole s’adresse même à ceux qui écoutent... Car, avant de mépriser ce Pharisien et de nous considérer tellement supérieur à lui..., comparons son idéal au nôtre : son idéal est un idéal de justice devant Dieu, ce que nous nous appelons la sainteté !

-  Il prie : il prend du temps pour Dieu, prière personnelle (oraison)
-  Il jeûne : 2 fois par semaine (il est au-delà du prescrit)
-  Il pratique l’aumône : en acquittant la dîme sur ce qu’il acquiert. Est-ce à un effort différent que le Carême nous conviera dans quelques mois ?
-  Il n’est pas voleur : il a choisi de servir Dieu plutôt que l’argent !
-  Il n’est pas injuste : un digne partenaire social - c’est rare de nos jours
-  Il n’est pas adultère : tant mieux !

Tableau plutôt édifiant, et enviable : « Seigneur, qu’il fait bon de se sentir propre, juste, dans la vérité. » La religion qui lave plus blanc que blanc...

Et oui, mais tout cela n’est qu’airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Car Dieu n’est qu’un prétexte pour ce Pharisien : un miroir flatteur dans lequel se mirer et se complaire.

Si le Pharisien a tout faux, ce n’est pas que sa pratique religieuse souffre le moindre reproche, mais son action de grâce est pure falsification. Il est le parfait contre-exemple qui renvoie au véritable exemple : le publicain. Mais précisons : prier comme le publicain, ça ne veut pas dire pécher comme lui.

La vraie prière est celle qui s’appuie sur une première certitude : que nous sommes fondamentalement pécheurs ; et une seconde : que le salut de Dieu est pure grâce donnée par la foi en Jésus-Christ. C’est la prière du cœur confiant qui chante les miséricordes de Dieu.

Mais la vraie prière - action de grâce -, c’est aussi celle que l’Eglise nous propose chaque dimanche quand nous montons au temple : l’eucharistie, où il s’agit :
-  de se reconnaître pécheur au moment de célébrer les saint mystères,
-  d’écouter la parole de Dieu pour nous en instruire,
-  de contempler Celui qui par amour pour les pécheurs que nous sommes a donné sa propre vie, dans le sacrement qui fait mémoire de sa Passion,
-  de communier à cette grâce, qui n’est jamais un dû, de sa présence eucharistique...

Tenons-nous donc à distance comme des invités, mais osons avancer quand Dieu nous appelle les bienheureux de son Festin.




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 Ne se prévaloir de rien



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