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La persévérance

18 novembre 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Il y a un an de cela, je suis allé faire des courses dans une grande surface avec un frère. Au moment de passer à la caisse, nous entendons une sorte de musique épouvantable et découvrons avec stupeur trois guignols déguisés, l’un en zombie, l’autre en sorcière, le troisième en Dieu sait quoi, tous acharnés sur des instruments de musique ! L’horreur ! C’était Halloween ! Et le frère qui m’accompagnait de soupirer en disant : « Ça fait drôle d’assister à une fin du monde ! » Je crois que nous avons ri ! Oui, nous avons ri et ne nous en veuillez pas ! On finit toujours par s’habituer, au moins en surface, à tout ce qui nous trouble. Il y a des choses bien plus graves que cette anecdote, qui mériteraient quelques soucis. Mais c’est à croire que plus les choses sont graves plus nous avons tendance à nous retirer dans une étrange quiétude. Soit en riant, soi en dramatisant, on s’habitue, c’est tout ! Mais est-ce vraiment tout ? Certes, nous nous sentons démunis, mais le sommes-nous vraiment ? Et le mal continue son bonhomme de chemin. Devons-nous pour autant nous voiler la face sous prétexte que le pire est ailleurs ? Devons-nous ne rien faire ou trop en faire ? Depuis quelques semaines, l’actualité a fait sortir l’horreur du domaine ludique ; elle semble être constitutive de notre réalité.

Les faits terrifiants dont parle Jésus dans l’Évangile, auxquels il semble bien lier la fin des temps, ne sont ni pour demain ni pour ailleurs. Aujourd’hui, le temple de Jérusalem est détruit, aujourd’hui nos églises sont vides quand elles ne sont pas profanées. Aujourd’hui, les faux messies sont légions, aujourd’hui, les fléaux font leurs ravages, nos familles souffrent aujourd’hui et c’est aujourd’hui que l’on meurt partout autour de nous. Je serai bien en peine de trouver le sens de tout cela sinon dans t’adoration et le silence de Jésus sur les fins dernières. Quoi qu’il en soit, persécutions, mort et fin des temps ne sont pas le dernier acte de la vie du chrétien. C’est aujourd’hui et ici, le moment et le lieu de son combat pour recevoir la vie éternelle. « C’est, dit Jésus, par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ». Le Seigneur nous indique ainsi une autre vie, la vie éternelle qui s’obtient par la persévérance, par la persévérance dans les épreuves. Face au mal qui nous accable, Jésus nous demande d’agir et d’agir de manière bien spécifique. Face au mal, nous avons autre chose à opposer que la résignation ou l’agitation, nous avons d’abord à affirmer notre appartenance à un Dieu qui sauve, à Dieu qui, par la croix du Christ, nous ouvre les portes de la vraie vie. Nous devons, dit Jésus, être persévérants. Mais qu’est-ce que la persévérance chrétienne ?

Elle est une manière de penser et d’agir, riche de l’Espérance en Dieu. L’Espérance nous donne un équilibre, ravive nos forces. Aussi, la persévérance chrétienne est un juste milieu entre deux attitudes erronées que nous assumons souvent pour nous situer face au mal ou tenter de le nier . D’abord la persévérance chrétienne s’oppose à la mollesse, à l’insouciance, comme si nous devions nous enfermer dans un cocon. Cette première attitude est erronée car le chrétien n’est pas un rêveur, encore moins un déserteur, il sait que Dieu s’est fait son prochain : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». La fuite face aux difficultés a pour conséquence l’apathie, le manque de sollicitude et nous fait courir le risque de manquer à la charité. Le Christ n’ a pas fui face à ses bourreaux, il leur a même pardonné, ce qui est tout Je contraire de se résigner !

Opposée à la résignation ou à l’insouciance, la persévérance chrétienne l’est aussi à l’entêtement, à l’obstination. Face au mal, il est tentant de jouer au caïd insensible et invulnérable. Cela non plus le Christ ne l’a pas fait. La dureté conduit à la misanthropie, encore au manque de charité. Le chemin de la croix est dur, certes, mais il ne doit pas nous endurcir : « Je suis doux et humble de cœur ».

Ainsi, la persévérance chrétienne n’est pas un stoïcisme dévot, une espèce de concentration volontariste qui nous permet de tenir comme si de rien n’était, et pas davantage une utopie molle qui nous enfermerait sur je ne sais quelle île au trésor ou au soleil. La persévérance chrétienne est d’abord une attention aux signes des temps, un discernement sur les vrais besoins de nos âmes, les vrais besoins de notre prochain. Elle est ensuite une réponse, réponse ou consentement à Dieu qui nous sauve et veut qu’aucun des cheveux de notre tête ne soit perdu. La persévérance chrétienne est l’effort que nous faisons pour lutter contre le découragement et l’indolence en accueillant l’Espérance que le Christ nous donne. L’Espérance donnée et la persévérance acquise font de nous un terreau fertile, des êtres nouveaux, tout tendus vers les biens impérissables. Nous tenons tête face à l’adversité avec force et douceur .

La persévérance est le secret des martyrs et de tous ceux qui, avec le Christ, veulent témoigner de l’amour éternel de Dieu, notre seul vrai bien. C’est toujours à la lumière de la croix que nous puisons la lumière de la vie. Oui, persévérer dans la vie chrétienne, c’est bien prendre sa croix et passer parmi les hommes, comme le Christ, passer au milieu des croix de nos frères, et riche d’une Espérance invincible, leur annoncer le Royaume qui vient.




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