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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 34 >>   Un roi doux et humble de cœur

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Un roi doux et humble de cœur

25 novembre 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Celui-ci est le roi des Juifs. Cette inscription au dessus de la tête du Crucifié manifeste de manière aiguë combien Jésus est signe de contradiction. Les soldats le raillent en raison du contraste entre son impuissance visible de supplicié et cette royauté pour eux inconcevable. Le bon larron, dont l’acte de foi porte sur ce Règne, obtient sans délai la miséricorde du Christ et l’entrée dans la vie éternelle. Deux millénaires après, nous professons que ce Crucifié est notre roi et que Celui dont nous sommes les disciples ne règne pas autrement que par la folie de cette croix glorieuse et nous attendons notre salut de cette foi. Le peuple de l’ancienne alliance avait connu au cours des siècles des moments d’oppression et des périodes de liberté. Il se souvenait de ces rois de jadis consacrés par l’onction et attendait un Messie qui libérerait son peuple et serait un descendant de David.

Au jour de l’annonciation, Marie avait entendu de la bouche de l’ange que celui qu’elle concevrait du Saint-Esprit, dont le nom serait Jésus et qui serait appelé le Fils du Très-Haut, recevrait du Seigneur Dieu le trône de David son père et régnerait sans fin sur la maison de Jacob (Lc 1,31-33). Cette royauté, préfigurée en David et prédite par l’archange Gabriel, fut par la suite manifestée par la vie publique de Jésus et confirmée par des signes étonnants attestant qu’il réalisait les prophéties des Écritures. Elle fut acclamée par la foule au jour de l’entrée à Jérusalem : Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! (Lc 19,38). Elle intrigua d’autant plus Pilate que Jésus affirmait que cette royauté n’était pas de ce monde ; c’est à cause d’elle, selon l’évangéliste Jean, qu’il allait exécuter l’encombrant prisonnier qu’il souhaitait sauver car en le présentant par ces mots : Voici votre roi, il suscita les cris de haine : A mort ! A mort ! Crucifie-le ! (Jn 18-19).

Cette royauté bafouée et mystérieuse allait ensuite apparaître en pleine lumière au jour de la Résurrection, au moment de l’Ascension, au temps de la Pentecôte, avec une signification de salut non seulement pour ce peuple juif dont le Messie est issu mais pour tous ceux qui croiraient en lui, car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2, 4). Cette royauté universelle du Christ éclatera au dernier jour, pour la joie de ceux qui l’auront accueilli et la confusion de ceux qui l’auront refusé ou renié. Donc, tu es roi ? demandait Pilate (Jn 18, 37). Roi des juifs, en effet, mais plus encore que cela. Ce pauvre prisonnier est le Roi du monde, du cosmos, de l’univers. Verbe incarné, il est le Fils, l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature (Col 1,16).

Tout a été fait par lui et sans lui rien n’a été fait (Jn 1). Tout a été créé par lui et pour lui. Il est l’alpha et l’oméga de l’histoire : de celle des individus, des familles, des nations et du genre humain lui-même. Là où il règne, là plutôt où son règne est reconnu, là est la véritable paix, celle qu’il donne à ses disciples et là où l’orgueil se révolte, là naissent les alliances ténébreuses, les égoïsmes avides, les exploitations dominatrices. Toute mondialisation est l’expression d’un règne : qui servirons-nous ? le Prince de la paix ou le prince de ce monde ? La mondialisation ne concerne pas seulement la technologie et l’économie, mais aussi l’insécurité et la peur, la criminalité et la violence, les injustices et les guerres. (...) Il faut donc donner corps à une action caritative globalisée. (...) Plus les actions individuelles et celles de l’entière communauté seront imbriquées, plus il sera facile de prévenir la marginalisation, d’agir sur les mécanismes créateurs d’injustices, de défendre les droits des faibles et des pauvres, de rendre plus solidaires le Sud, le Nord, l’Est et l’Ouest de la planète, disait hier le Pape Jean-Paul II aux délégués de l’organisation Caritas. Premier-né de toute créature, le Christ est aussi le premier-né d’entre les morts (Col 1,18). Il est la Voie, la vérité, la vie. Ainsi qu’il le dit à la sœur de son ami Lazare, il est la résurrection. Le règne du Christ constitue un Évangile de la vie, respectueux et protecteur de toute personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu et appelée à ressusciter un jour d’entre les morts.

Premier-né de toute créature, premier-né d’entre les morts, le Christ est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église et il règne spécialement en tous ceux qui demeurent en lui et en qui il demeure. Il est le premier-né d’une multitude de frères, de tous ceux qui sont devenus enfants de Dieu, fils par lui, avec lui et en lui, fils dans le Fils.

Jésus accomplit toujours la volonté du Père ; il apprend à ses disciples à prier pour que le Règne de Dieu arrive et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Le règne du Christ n’est autre que le règne du Père, le règne de Dieu, auquel il veut que nous aspirions et travaillions, règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix, ainsi que l’ exprimera tout à l’heure la préface de ce jour. Accueillir ce règne, le vouloir et le hâter , réclame non seulement que nous le célébrions liturgiquement avec ferveur mais aussi que nous vivions notre baptême, par lequel nous participons aux fonctions messianiques de prêtre, de prophète et nommément de roi, à la manière de notre Roi, doux et humble de cœur, totalement et librement offert, miséricordieux pour les pécheurs. Si tel nous devenons, dans ce monde inquiet resplendira la radieuse espérance d’un royaume qui n’est pas de ce monde.




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 Un roi doux et humble de cœur



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