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L’impossible réalisé

9 décembre 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Un jour, voilà bien longtemps, la jeunesse du monde s’est réveillée. Parmi les slogans de l’éphémère printemps, il y avait celui-ci : « Soyez réalistes ! Demandez l’impossible ! ». L’impossible ? Oui vraiment !

1. Aux yeux des gens raisonnables, il est tout à fait impossible que le loup habite avec l’agneau, que le léopard se couche près du chevreau et que le petit veau et le lionceau soient nourris ensemble. Impossible ! Mais pourtant, c’est bien ce que Dieu promet et annonce par la bouche du prophète Isaïe.

« Le loup habite avec l’agneau, la panthère près du chevreau se couche , veau et lionceau paissent ensemble, sous la conduite d’un petit garçon. La vache et l’ourse lient amitié ; ensemble gîtent leur petits. Le lion mange de la paille comme le bœuf, le nourrisson s’amuse sur le nid du cobra, sur le repère de la vipère le marmot met la main. » (Isaïe 11, 6-8).

Oui, prenons la parole de Dieu à la lettre, demandons l’impossible. Attendons que le petit enfant s’amuse sur le nid du cobra et qu’il étende la main sur le trou de la vipère, puisque Dieu nous le promet par la bouche de son prophète. Plus encore : viendra le temps où la justice et la paix seront au pouvoir !

« On ne fait plus de mal, ni de ravages sur toute ma montagne sainte, car le pays est empli de la connaissance du Seigneur comme les eaux comblent la mer » (Isaïe 11, 9).

Je sais que beaucoup - et peut-être nous-mêmes - en entendant le prophète, haussent les épaules en considérant ceci comme un rêve, un innocent vagabondage de l’imagination. D’autres seront agacés ; ils prendront ceci pour du délire et ils se tiendront à distance. Pourtant, c’est Dieu qui le dit et qui le promet. Il faut donc choisir entre le parti de ceux qui gèrent cyniquement le présent et les prophètes qui ouvrent l’avenir.

2. Écoutons donc le prophète : Il parle du Messie, le Fils de David. En quels termes en parle-t-il ? Il le nomme dès le début de la prophétie par deux mots tirés de l’image d’un arbre abattu, ou coupé à la base ou encore frappé par la foudre. C’est la situation du monde. Inutile d’expliciter cette image, elle parle d’elle-même. Mais si le prophète en parle, c’est pour nous faire voir le plus important : Un germe, un rameau, un surgeon, une pousse, un rejeton. Les mots hébreux ici employés Roter et Netser, comme le mot Tsemah sont devenus des noms du Messie.

« Un rejeton sort du tronc de Jessé, un surgeon pousse de ses racines ; sur lui repose l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de prudence et de bravoure, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Il ne juge pas sur l’apparence, ne se prononce pas d’après le oui-dire, mais il fait droit aux miséreux en toute justice, et rend sentence équitable en faveur des pauvres paysans » (Isaïe 11, 1-4).

Oui regardons bien. Une petite pousse, un surgeon, un rameau, ce n’est rien comparé à la grandeur de l’arbre. Quoi de plus fragile ? Quoi de plus faible ? Quoi de plus innocent et de plus naïf ? Or pour qui sait voir, c’est là l’essentiel. Toute l’énergie est dans la pointe qui perce la terre pour venir au jour. En effet, c’est là que la vie commence ! C’est là que l’avenir se joue ! Toute la vie paraît dans le mouvement du rameau vers la lumière. Il ira disjoindre les murailles et les tours les plus solides. Le rameau, le surgeon ou le rejeton n’ont pas de carapace ; il n’ont pas d’arme ; mais pourtant ils sont le plus important, car ils sont la force de l’avenir. Soyons réalistes ! N’oublions pas ce que nous savons rejeton de la racine de Jessé, le Fils de David : il est venu. Il est né au hasard d’une migration imposée par le tout-puissant empereur. Il est né dans une étable, entre le bœuf et l’âne gris. Surgeon, Rameau, Rejeton, Germe tel est son nom (Jer 23, 5 ; Za 3, 8 ; 6, 12). Il signifie bien que dans l’enfant de Bethléem la vie l’emporte sur la mort, l’amour sur la haine, la joie sur le désespoir, la sérénité sur l’angoisse.

3. Soyons réalistes ! Prenons la promesse de Dieu à la lettre. Rappelons-nous qu’un surgeon, un rameau ou un rejeton se dressent vers la lumière, sortent de terre et s’ouvrent à la lumière. Or voilà que le Fils de David est sorti de terre, il est sorti du tombeau où il avait été déposé par les puissants. Il a reçu la plénitude de l’Esprit Saint : esprit de force, esprit de sagesse, esprit d’intelligence, esprit de conseil, esprit de paix, esprit de justice, esprit de vérité. Au matin de sa résurrection, il s’est dressé sans cataclysme, sans signes dans le soleil et sans bruit de tonnerre. Il s’est contenté de parler à ses amis et de les appeler par leur nom. Il a dit à la femme qui figure l’humanité sauvée : « Marie ! » S’il s’est dressé hors de la terre où il avait été enseveli, ce n’est pas pour s’évader de la condition humaine, mais au contraire pour pouvoir venir à tous. Depuis, il ne cesse de venir. Le temps de l’Avent nous invite à nous réveiller pour le voir en sa venue. Comment vient-il ? Le prophète le dit :

« Sa parole est le bâton qui frappe le violent, le souffle de sa bouche occit le méchant » (11, 4).

Il vient, comme le dit le prophète Isaïe, « avec le souffle de sa bouche ». Il vient par la parole des prophètes. Quoi de plus fragile ? Quoi de plus humain ? Quoi de plus aimant ? Les puissants peuvent rien y comprendre, mais les prophètes, les poètes et les enfants le savent. Ce sont les saints qui accèdent à la réalité, parce qu’ils prennent au sérieux la promesse et savent voir le rejeton de David qui ne cesse de venir. 4. Il vient ! Il vient par le sourire de l’enfance.

Il vient par la tendresse du regard échangé dans l’amour. Il vient par la souffrance portée avec douceur. Il vient par la promesse tenue dans l’épreuve. Il vient par l’aide à celui qui cherche à dire et ne trouve pas ses mots. Il vient par l’écoute qui entend au-delà des mots celui ou celle qui parle. Il vient par la beauté qui élève le coeur. Il vient par celui qui ne renonce pas à dire vrai. Il vient dans le dévouement de ceux qui savent prendre de leur nécessaire pour le service d’autrui. Il vient dans le pain que l’on partage et dans la coupe eucharistique qui est présentée à ceux qui veulent vivre de sa vie.

Il vient. Oui ! heureux sommes-nous d’être là dans l’attente de sa venue ! car c’est maintenant que se réalise la promesse :

« Ce jour-là, il arrivera que la racine de Jessé se dressera comme un signe des peuples. Elle sera recherchée par les nations et sa demeure deviendra glorieuse » (Isaïe, 11, 10).




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