Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Avent >> Semaine 4 >>   Donne-nous un cœur de chair

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8521 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7591 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7487 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6788 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6428 visites

Donne-nous un cœur de chair

16 décembre 2001

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Dans ce troisième dimanche de l’avent, qu’on appelle « Gaudete » parce qu’il nous invite à nous réjouir à l’approche de Noël, les ornements liturgiques sont roses. Cette couleur un peu puérile vous rappellera peut-être une chanson célèbre d’Edith Piaf : « Je vois la vie en rose ». Comme elle, qui n’a pas rêvé d’entendre tout bas des mots d’amour et de voir la vie en rose. Oui, le rose nous fait penser à ces cœurs tendres qui se laissent émouvoir pour un rien parce qu’ils rêvent un amour sans fin.

Et bien je crois que pour célébrer ce dimanche « Gaudete », il faut avoir un cœur d’artichaut, il faut savoir s’émouvoir à l’approche de Noël comme l’Église sait s’émouvoir. La loi est absolue : le Père éternel ne révèle ses secrets qu’aux humbles et aux tout-petits. Avis aux théologiens ! Les prostituées nous précédent dans le royaume des cieux, nous dit Jésus. Mais d’où vient leur avantage ? Je ne le sais pas très bien, mais je sais qu’elles sont souvent capables de se laisser toucher jusqu’aux larmes par un geste de tendresse. Seuls ceux qui ont un cœur d’enfant peuvent voir la mystérieuse lumière qui est en train de poindre à l’horizon. Ceux qui font partie des sages et des intelligents sont comme ces gens auxquels le Christ reproche avec agacement d’aller voir Jean le Baptiste sans rien y comprendre. Et ils n’y comprennent rien parce qu’ils ont des schémas religieux qui les aveuglent. Comme eux, nous risquons de mettre Dieu dans notre tête comme on range quelque chose dans un tiroir. C’est rassurant. On ne risque rien. On sait où Il est. Mais c’est cruel. Dieu, Lui, ne nous met pas dans des boîtes. Le Tout-puissant respecte infiniment notre liberté, alors que nous L’enfermons dans nos schémas. Comme le dit saint Augustin : « Si vous croyez comprendre qui est Dieu, vous êtes le jouet de vos propres pensées. Il n’est pas ce que vous avez compris. Il est ce que vous ne comprenez pas ».

Pour Le connaître, il faut un cœur capable de s’émouvoir naïvement car le comportement de Dieu est tellement surprenant que Jésus nous met en garde dans l’Évangile : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ». Oui, le Christ peut nous faire chuter, Il peut nous rebuter car Il nous annonce un bonheur qui ne correspond pas à nos espoirs et les déçoit. Ceux qui attendent des lendemains qui chantent risquent d’être fort déçus. Certes, les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent. Mais combien y a-t-il d’aveugles qui voient, combien y a-t-il de boiteux qui marchent, combien y a-t-il de sourds qui entendent ? Depuis sa venue, les souffrances du monde n’ont guère diminué. Et si les quelques miracles accomplis par le Christ doivent suffire à faire comprendre à Jean le Baptiste que le vrai bonheur est entré dans le monde, c’est que ce bonheur ne consiste pas à vivre sur cette terre. En effet, ce que l’Enfant-Jésus apporte aux hommes, c’est le bonheur du Ciel. Et pour le recevoir il faut avoir un cœur qui se laisse attendrir jusqu’aux larmes par un Dieu tout-puissant qui se fait tout-petit, un Dieu transcendant qui s’abaisse jusqu’à nous, un Dieu fort qui se réfugie dans les bras d’une jeune fille, un Dieu souverain qui mendie l’amour de sa créature. Un tel Dieu défie toutes nos logiques spirituelles et échappe à tous nos calculs. Seuls les cœurs doux et humbles, faciles à s’émouvoir, peuvent découvrir son visage. Ils comprennent alors que le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que Jean le Baptiste, car il a la chance, que n’avait pas Jean le Baptiste, de pouvoir manger le corps du Christ, mort d’amour sur une Croix. C’est pourquoi les saints, blessés jusqu’aux larmes par tant d’amour, ont l’audace de chanter sans fanfaronner, alors que le monde est encore plongé dans l’horreur et la nuit : « Gaudete ! Gaudete semper in domino ».




2816 affichages
 

 Donne-nous un cœur de chair



Untitled Document