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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 22 >>   Le discernement dans une perspective chrétienne

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Le discernement dans une perspective chrétienne

1er septembre 1996

 

En ligne depuis le mercredi 22 juin 2005.
 
 

Frères et soeurs, deux des trois lectures de ce jour nous lancent un appel au discernement. Dans la lettre aux Romains, Paul invite ses auditeurs à " renouveler leur façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu ", tandis que dans l’évangile de Matthieu, Jésus rabroue Pierre dont " les pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ". Que peut-on dire du discernement, et pourquoi donc est-il associé dans l’évangile à cet autre appel à suivre Jésus sur la route de la croix ?

Discerner, selon l’étymologie latine, c’est une opération du jugement qui consiste à séparer, on pourrait dire aussi distinguer. Mais il ne s’agit pas de séparer pour éliminer l’un ou l’autre des éléments, pour exclure : comme dans l’acte créateur de Dieu qui sépare les eaux d’en-haut de celles d’en-bas, la séparation a pour but d’ordonner le chaos, d’orienter, de mettre en perspective : dans un monde désorienté ou désorientant, le discernement vise à retrouver le sens caché. Bien sûr ce sens n’est pas unique : un même événement peut donner lieu comme on dit à plusieurs lectures, et tout dépendra de l’orientation choisie, de la perspective adoptée.

Dans l’évangile de ce jour, nous n’avons pas seulement un appel au discernement, mais la description complète de ce que doit être la perspective chrétienne. Et ceci dans cette phrase bien connue : " Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ". La première partie de cet appel propose la finalité à partir de laquelle va être définie la perspective : c’est par rapport à cette volonté de suivre Jésus que le chrétien doit se déterminer, faire la part des choses. Comme d’autres perspectives sont possibles, la proposition est conditionnelle : " si quelqu’un veut venir à ma suite " ; mais si nous avons choisi d’être chrétiens en vérité, alors, c’est à partir de cette finalité-là que doit s’orienter notre vie.

Dans cette perspective-là, et c’est ce que rappelle Jésus ensuite, le moi passe à l’arrière-plan : " qu’il se renie lui-même ". Ce moi n’est pas haïssable ou méprisable car tous les éléments de la perspective sont importants : mais il se place à l’arrière-plan et ne doit pas orienter le regard ou l’attention. Au devant de lui, et plus important, se trouve le service des frères : c’est de lui dont il est question en effet dans l’appel à prendre sa croix. J’ai longtemps cru, frères et soeurs, que dans ce passage, prendre sa croix, c’était faire face à son péché : mais Jésus place cet appel après avoir invité au renoncement et en lien avec sa vie à lui ; si bien que prendre sa croix doit plutôt consister, comme l’a fait Jésus lui-même, à se livrer aux autres, à assumer les faiblesses, les peines et les péchés des hommes plus que les siens. Enfin, dans la perspective développée par Jésus, figure au premier plan le service de Dieu exprimé dans le " qu’il me suive ".

Voilà donc, frères et soeurs, la véritable perspective chrétienne à partir de laquelle Jésus nous demande d’évaluer aujourd’hui nos actes, nos pensés, nos jugements, nos engagements. En toute vérité, cette perspective est exactement contraire à celle que nous propose le monde et pour laquelle le moi figure au premier plan, le service des autres au deuxième, celui de Dieu venant bon dernier à l’arrière-plan quand il est considéré. Et c’est pourquoi Jésus ne peut manquer d’associer cet appel au discernement à la violence de la croix. Allons-nous avoir peur ? Quel avantage aurions-nous à suivre la perspective du monde si nous devons y perdre notre véritable vie, celle qui est en Dieu ?

Modifié le 7 juillet 1997




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