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Marchons sur ses traces

13 janvier 2002

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Frères et sœurs, si, comme l’affirment les Actes des Apôtres, « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes et accueille ceux qui l’adorent et font ce qui est juste », il n’est pas facile de comprendre non seulement l’utilité du baptême, mais plus encore sa nécessité pour le salut, et a fortiori pour ce juste par excellence qu’est Jésus. Vous l’aurez néanmoins remarqué, pour ce qui le concerne, Jésus parle d’accomplissement et non pas vraiment de nécessité même s’il emploie le verbe devoir : il aurait pu s’abstenir de se présenter au baptême de Jean, il a choisi de le faire librement. « Nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». Et comme l’emploi du verbe devoir signale fréquemment, dans le Nouveau Testament, une référence au plan divin de salut, une clef nous est ici donnée : Jésus se présente au baptême non pour la mise en œuvre de son salut personnel, mais pour que le salut voulu par Dieu s’accomplisse. C’est ce dont témoigne aussi le Baptiste, Les évangélistes, les exégètes et les théologiens après eux n’ont pas manqué de trouver cent raisons pour lesquelles ce plan de salut passait par le baptême de Jésus. Je voudrais en souligner deux, la première prise du côté de Jésus lui-même, la deuxième du côté de Dieu. Pour ce qui concerne Jésus, c’est sans doute ce qu’a voulu noter saint Matthieu en tout cas, le « nous devons accomplir parfaitement », avec son insistance sur le devoir et la perfection, sonne comme une marque d’obéissance résolue et humble à la volonté du Père et à ses commandements, tout à fait symétrique de la désobéissance d’Adam : Adam a commencé sa mission dans la désobéissance et l’orgueil et il est passé de la vie à la mort, Jésus commence sa mission dans l’obéissance et l’humilité, et il passera de la mort à la vie. Jésus prend un nouveau chemin, exactement inverse de celui d’Adam, et il le propose aujourd’hui à chacun de nous.

On peut donc comprendre pourquoi Jésus a accepté ce baptême, mais on peut encore s’interroger sur les raisons qui ont pu pousser son Père à l’exiger de lui. Trouver des raisons au plan de salut de Dieu commande d’être modeste et prudent. Mais je viens de parler de mission, de mort et de chemin, trois termes qui nous renvoient tous de quelque manière à la Pâque de Jésus : il est manifeste que le baptême de Jésus, sa descente dans les eaux de la mort, et sa justification par une voix céleste au moment de sa remontée des eaux, sont une grande préfiguration du mystère de la mort et de la résurrection, une invitation à lire ce mystère autrement qu’il ne se présente à nos yeux de chair. Le baptême se présente ainsi, dans le plan de Dieu, comme l’annonce de la Croix, et une invitation adressée aux hommes à en dépasser le scandale.

Alors revient la question : Jésus ayant rouvert la porte du ciel, pourquoi alors les hommes ont-ils encore maintenant, après lui, besoin du baptême ? Précisément pour recevoir de Jésus la vie divine, initialement donnée à Adam, et ainsi la possibilité de retrouver le ciel. La suite du texte de Matthieu dit en effet : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour ». Ainsi tout l’amour de Dieu se trouve en son Fils, et il n’est aucun autre moyen pour nous d’avoir part à cet amour que d’avoir part au Fils lui-même, de lui être configuré, bien plus d’être enté sur lui ; et c’est précisément le baptême qui permet cela car, comme le dit saint Paul dans la lettre aux Romains, « si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ».

Frères et sœurs, en ce temps de Noël, Jésus nous est manifesté : non pas pour que nous nous contentions de le regarder enfant dans la crèche avec des yeux attendris, ou jeune homme au baptême en nous extasiant sur sa beauté, mais bien pour que nous entrions dans son mystère, pour que nous le suivions sans tarder, grâce à l’Esprit reçu, sur son chemin d’humilité et d’obéissance. Il nous offre un modèle afin que nous marchions sur ses traces. C’est de cette façon qu’à notre tour « nous accomplirons toute justice ».




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 Marchons sur ses traces



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