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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 4 >>   Sur le chemin des Béatitudes qui conduit à voir Dieu

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Sur le chemin des Béatitudes qui conduit à voir Dieu

3 février 2002

 

En ligne depuis le vendredi 16 décembre 2005.
 
 

Trois points de méditation peuvent nous aider pour avancer sur le chemin des Béatitudes qui conduit à voir Dieu, que Jésus nous ouvre dans son Évangile : un visage qui est à la source et à l’arrivée, une joie toujours présente, éternelle, une joie qui ne peut être que communautaire, fraternelle.

* Avant de parler, Jésus regarde, considère ses interlocuteurs avec attention, bienveillance, vérité et amour, afin de les envisager en leur avenir qui est celui de la sainteté et dans ce qu’il va faire pour eux en ce sens. C’est une constante que nous relatent les Évangiles : les foules ici qui le suivent (Mt 5,1). Les paroles que Jésus nous adresse viennent de son cœur, par ce regard qui nous accompagne et nous construit avec amour. Elles nous appellent à nous tourner vers ce visage, pour nous reconduire vers son coeur, dont nous nous sommes éloignés au premier jour. « Voyant les foules ... » : Jésus pose sur elles son regard, avant de leur proposer sa parole. Dans cette contemplation première, lui qui sonde les cœurs et les reins, il connaît les pensées de chacun, il lit leur attente et déchiffre leur espérance, prière silencieuse. Il va leur adresser ces paroles de béatitude dont l’ensemble se récapitule dans la promesse de la vision de Dieu faite aux cœurs purs : « ...ils verront Dieu. » Le regard de Dieu sur l’homme appelle, guide, le regard de l’homme sur Dieu. Comme la parole de Dieu ne revient pas vers Dieu sans avoir accompli sa mission (Is 55,8-11), ainsi le regard du Fils de Dieu ne revient pas vers son Père sans avoir tourné le visage des hommes vers celui qu’ils ont transpercé (Za 12,10 ; Jn 19,37) vers le visage visible du Dieu invisible (Col 1,15).

* « Voyant les foules, Jésus gravit la montagne ». Pour recevoir la loi de Dieu, Moïse était monté sur la montagne à l’écart du peuple (Ex 19). Pour proclamer la joie selon Dieu, Jésus, nouveau Moïse, gravit une autre montagne entouré de ses disciples et de la foule venue l’écouter, il va expliquer, désigner, nous montrer, non de loin, inaccessible (Ex 32,52 ; 34,4), mais de près, quelle est la finalité de la loi : le bonheur, non en terre d’esclavage du péché, mais en Terre promise, en Dieu, en lui. Mais le chemin que nous décrit Jésus est difficile, long, exigeant. Pour le Seigneur, le vrai bonheur n’est pas facile d’accès comme le monde veut le faire croire, mais nul ne pourra le ravir à celui qui en est habité (Jn 15,22).

Mais alors cet enseignement difficile, qu’un Rabbi de Galilée a délivré à une foule égarée, il y a près de vingt siècles, nous concerne-t-il encore aujourd’hui ? Relisez, par exemple, la plupart des discours d’une campagne électorale un an plus tard, cela n’a plus beaucoup de portée ou de poids. Ne parlons pas de deux mille ans après ! Mais les Béatitudes ne sont pas un programme électoral. Le candidat avec un tel discours n’aurait guère de chance de remporter le scrutin. Rien en elles n’est constitué des fausses promesses aux scintillements racoleurs qui mènent les démagogues au pouvoir.

Avec Jésus, il ne s’agit pas de pouvoir, mais de service. C’est une élection divine : en son amour infini, il élit chacun en son cœur, l’invitant à sa joie éternelle avec ses frères. Alors, chacun est appelé à l’élire à son tour par toute sa vie, comme le seul et vrai Dieu.

Ainsi sa parole nous enseigne toujours, car elle est de la vérité éternelle, elle est de Celui qui est la Vie : elle est sans cesse d’actualité, agissante. La parole de Dieu est la langue vivante par excellence. Le Verbe qui se fait chair, ne fait pas une campagne électorale, mais une campagne d’amour, pour le salut de tous les hommes.

* Malgré cela, tout ce qu’il a fait pour nous, on reproche souvent à Dieu d’avoir mal fait le monde, ou même de l’avoir mal restauré en son Fils mort sur une croix. Et pourtant, la souffrance partagée, écoutée, diminue, et la joie partagée, accueillante, augmente. S’il est des béatitudes s’adressant à une personne - « Heureux le serviteur que le Seigneur trouvera en train de veiller à son retour » (Lc 12,37), « Heureux celui qui croit sans avoir vu » (Jn 20,29) ..., ici, insistance est donnée par Jésus sur la dimension communautaire de la joie véritable, comme au dernier soir, après le lavement des pieds « Sachant cela, heureux serez-vous si vous le faites » (Jn 13,17), s’adressant au collège des apôtres. Ainsi, à la foule rassemblée, Jésus ne dit pas « Heureux le ... », mais « Heureux les ... ». Quand il manque une brebis au bercail, la joie en plénitude de chacun est entravée. La joie de la présence de chacun vaut la joie de tous les autres dans le cœur de Dieu (Lc 15,7). La joie de chacun ne va pas sans la joie de tous les autres, et inversement. Ainsi, la contemplation de Dieu n’est pas une affaire individualiste : mon frère ne peut en être absent. Comment pourrais-je aimer Dieu que je ne vois pas, si je n’aime pas mon frère que je vois ? (1 Jn 4,20) Car il n’a pas dit « Heureux le cœur dur », mais « Heureux les cœurs purs », les cœurs de frère, polis par l’expérience de la miséricorde : en aimant leurs prochains qu’ils voient ils pourront déjà contempler en eux Dieu qu’ils ne voient pas.

En effet, en Moïse nous savons que « nul ne peut voir Dieu sans mourir » (Ex 33,20). En Christ nous connaissons que nul ne peut voir Dieu sans que Dieu meure, meure pour nous, nous ouvrant en son amour, le seul chemin possible de la vision béatifique éternelle : nul ne peut voir Dieu sans mourir avec lui pour ses frères, sans mourir avec lui qui est mort pour nos péchés, sans mourir en lui à nos péchés, sans être lavé par l’eau de sa miséricorde, purifié dans le sang de l’Agneau, du pardon. Nul ne peut voir Dieu sans demeurer avec lui là où il est d’abord dans l’humilité de sa passion et de sa mort, afin d’être avec lui pour toujours dans sa gloire. Notre amour pour lui dans la gloire trouve sa vérité dans notre amour pour lui dans l’humilité. Le chemin de la contemplation de Dieu dans la gloire passe par celui de la contemplation de Dieu dans l’humilité. Heureux celui qui connaît le Christ dans l’humilité de sa présence eucharistique et fraternelle (Mt 25,40), il pourra le reconnaître dans la gloire de sa présence éternelle auprès du Père dans l’Esprit, au jour du face à face. Ce jour de l’émerveillement infini devant Dieu, sera alors celui des retrouvailles éternelles dans la gloire avec Dieu déjà connu, aimé en son humilité : jour sans fin habité de la richesse toujours nouvelle de son amour. Ainsi, celui qui passe à côté du Christ dans l’humilité, en ses frères (Lc 10,31,32), ne risque-t-il pas finalement, d’une manière ou d’une autre, de passer à côté de lui dans la gloire ? Heureux les cœurs purs, ceux qui ne s’arrêtent pas à l’apparence de la misère de leurs frères, mais qui regardent au cœur (1 Sm 16,7), qui regardent leurs frères au cœur comme Dieu les regarde, ils verront le regard de Dieu s’y refléter. Heureux les cœurs purs : ceux qui regardent leurs frères en Dieu, ils verront Dieu en leurs frères, avant de voir Dieu avec leurs frères pour l’éternité.




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