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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 28 >>   Heureux les invités au festin de noces

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Heureux les invités au festin de noces

En ligne depuis le dimanche 18 décembre 2005.
 
 

Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Alors, nous dit l’Apocalypse, j’entendis comme le bruit d’une foule immense, comme le mugissement des grandes eaux, comme le grondement de violents tonnerres ; on clamait : "Alleluia ! Car il a pris possession de son règne, le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout. Soyons dans l’allégresse et dans la joie, rendons gloire à Dieu, car voici les noces de l’Agneau, et son épouse s’est faite belle : on lui a donné de se vêtir de lin d’une blancheur éclatante" - le lin, c’est en effet les bonnes actions des saints. Puis il me dit : "Ecris : Heureux les invités au festin de noce de l’Agneau" (Ap 19, 6-9). Le roi est le Père qui a tant aimé le monde qu’Il a donné son fils unique, l’Agneau immolé, qui porte et emporte nos péchés. C’est à ces noces que nous sommes conviés - "Heureux les invités au repas du Seigneur !" -, les noces amoureuses d’une alliance, nouvelle et éternelle, où le vin nouveau, versé dans des outres neuves, ne vient jamais à manquer et réjouit de la sobre ivresse de l’Esprit.

C’est le festin messianique décrit par Isaïe, préparé par le Seigneur pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. L’allégresse ne pourra en être troublée par les larmes, le deuil, la mort car l’ancien monde s’en est allé et celui qui mangera le Corps et boira le Sang de cet Agneau vivra éternellement.

Ce repas est en effet aussi l’eucharistie à laquelle nous sommes perpétuellement conviés. En y communiant, nous somme nourris et fortifiés, consolés et comblés, car, incorporés à l’Eglise, nous participons à la joie de ses épousailles avec Jésus-Christ. Dans ces noces, nous ne sommes pas que témoins, invités et amis : nous sommes comme épousés par Celui qui vient demeurer en nos âmes.

Ce repas est aussi le jugement dernier, qui récompense les bons - ce qui doit nous réjouir - et qui punit les méchants - ce qui doit nous réjouir aussi. Tous y sont invités ; le roi dit en effet : Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2, 4) mais tous les hommes veulent-ils l’être ? Certes la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. Le bristol d’invitation ne suffit pas ; la tenue de soirée est exigée sous menace d’expulsion. Il ne s’agit pas de chapeau haut de forme ou de vison mais de tenue de service, de lampe allumée, de vêtement de noce, d’habit blanc, de lin (sans chape noire). Cette tenue réglementaire est dûment vérifiée : tout un chacun est invité mais n’est reçu que celui qui a revêtu le Christ et qui vit de son Esprit, car qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas et s’entend dire : je ne te connais pas, avant que d’être jeté dans les ténèbres extérieures.

Le repas de noces est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Mais comment en serions-nous dignes ? C’est impossible à l’homme mais rien n’est impossible à Dieu. Nous laverons nos robes dans le sang de l’Agneau et nous enlèverons nos taches par les pleurs de notre pénitence. Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. L’admission des invités au banquet céleste ne se fait que par grâce mendiée dans une confiante humilité : Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri. Tu as demeuré chez Zachée et chez Mathieu ; tu as mangé avec les publicains et les prostituées ; sur un seul petit mot de repentir, tu as ouvert la porte du Royaume au larron crucifié. Je suis Zachée, et Mathieu, Madeleine et Dismas mais gardes-moi à ta table car je baigne tes pieds de mon repentir et je les essuie de mon trop pauvre amour. Ne me laisse pas partir dans la nuit accomplir mon forfait mais laisse moi plutôt reposer tendrement sur ce Cœur où bat le salut du monde. Que ton Cœur soit mien et que mon cœur soit tien. Donne-moi d’aimer ce que tu aimes et de haïr ce qui te déplaît, de n’être qu’un seul amour et un seul sentiment avec Toi, qui accomplis toujours la volonté du Père, qui lui est toujours uni et qui nous en révèles et manifestes l’invisible visage.

En ce jour où commence la semaine missionnaire mondiale, que l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Reine du Rosaire et Reine des Apôtres, nous procure la paix - dans le monde, avec nos frères et en nous-mêmes -, et nous entraîne à aller aux croisées des chemins inviter tous ceux que nous rencontrerons au repas de noces.

En seront-ils dignes ? En serons-nous dignes ? C’est au roi d’en juger. Sans présomption, mais avec confiance, avançons, pêcheurs d’hommes que nous sommes. Avançons toujours plus au large pour jeter les filets, en eau profonde. Avançons nus en marchant sur les eaux, s’il le faut. Duc in altum. C’est la devise de notre millénaire.




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