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Noël ou la folie de Dieu

25 décembre 2002

 

En ligne depuis le dimanche 18 décembre 2005.
 
 

Noël, c’est un coup de folie de Dieu.

Ce n’était pas raisonnable en effet.

Avant, on savait où on en était : Dieu trônait au ciel dans la béatitude de sa gloire éternelle, et les hommes sur la terre subsistaient dans la précarité de leur existence pénible et éphémère.

C’était plus simple. Il aurait fallu garder les distances, tout en maintenant certes des contacts : Dieu le faisait en envoyant des messagers, des anges quelquefois ou des prophètes, et les hommes lui répondaient en célébrant son culte et en lui offrant des sacrifices pour l’adorer et obtenir le pardon de leurs péchés.

Chacun ainsi était à sa place.

Mais Dieu avait d’autres projets : de toute éternité, dans ce dialogue mystérieux qui s’échange entre eux, les Trois qui sont Dieu s’étaient concertés et avaient décidé au moment opportun de bouleverser l’ordre des choses. Dans ce plan chacun avait son rôle : le Père allait envoyer son Fils unique partager la condition des hommes, l’Esprit Saint s’occuperait des préparatifs et de l’exécution en comblant de prévenances une jeune fille choisie entre toutes, Marie, et en la couvrant de son ombre pour lui donner la grâce de la maternité, et le Fils naîtrait dans la nuit de Bethléem comme un petit bébé humain.

Dieu savait ce qu’il risquait : plus personne n’allait s’y retrouver. Les rois et les puissants allaient se sentir menacés et finiraient par réussir, adulte, à le mettre à mort, après avoir essayé de l’éliminer dès sa naissance. Les prêtres et tous les fonctionnaires du Temple allaient perdre leur raison d’être et leur emploi, ce qui ne manquerait pas de susciter leur animosité. Les braves gens ne s’y retrouveraient plus, eux qui attendaient un Messie triomphant et victorieux. Et les théologiens, les sages et les savants, y perdraient leur latin en se trouvant confrontés à la contradiction impensable pour la raison et la logique humaines : la toute puissance d’un Dieu éternellement immuable et la fragilité vulnérable d’un enfant des hommes unies dans une seule Personne, celle de son Fils .

Vraiment, ce n’était pas raisonnable.

Mais, pour Dieu apparemment comme pour tout le monde, le cœur a ses raisons... et l’amour parfois conduit à des folies pour, au-delà des mots, dire : je t’aime.

Au fond, il manquait quelque chose à Dieu : de voir son Fils dans les bras d’une femme, Marie, qu’il lui a donnée pour mère. Il lui fallait cela pour nous faire comprendre aussi son amour pour chacun des enfants des hommes parce que tel était son propos : par son Fils devenu l’enfant de notre humanité (« Un enfant nous est né, un fils nous est donné - Isaïe), il nous révèle que tous nous sommes devenus ses enfants, à jamais. Y avait-il meilleur moyen de nous dire : Je t’aime, et je t’aime plus que tout au monde, comme mon enfant ; par mon Fils, dans mon Fils, tes joies et tes souffrances, si terribles parfois, sont les miennes, et ma vie mystérieusement déjà est la tienne. Dans ce mystérieux et merveilleux échange en effet Pâques est comme la suite logique de Noël.

C’est cet amour fou que Dieu révèle cette nuit une fois de plus aux simples et aux petits. Il faut regarder la crèche avec les yeux de l’enfant qui demeure en chacun de nous, comme Saint François, que nous appelons notre Père aussi, à Greccio : « Je veux voir de mes yeux de chair l’Enfant de Bethléem, tel qu’il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne ». C’est là que nous découvrirons ce qu’est Dieu pour nous et ce que nous sommes pour lui. Vous savez peut-être que S. François préférait Noël à toutes les autres fêtes du Seigneur. Pourquoi ? Parce que, disait-il, « dans les autres fêtes aussi s’opère notre salut, mais du jour où le Sauveur naissait, il devenait certain que nous serions sauvés. »

C’est la réponse d’amour de Dieu à toutes les folies des hommes, nos espoirs et nos désespérances.

Amen.




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