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La Sainte Famille

29 décembre 2002

 

En ligne depuis le dimanche 18 décembre 2005.
 
 

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21). Voilà l’enseignement que Jésus donne quand on lui annonce que sa mère et ses frères veulent lui parler. Voilà comment il reçoit ceux qui sont de sa famille, voilà plutôt comme il semble les rejeter. Ce refus de la famille ne peut manquer de nous choquer. Car la famille est cette communauté humaine rassemblée par l’amour : les parents et les enfants. Amour d’un homme et d’une femme qui deviennent époux en se donnant l’un à l’autre pour toute leur vie. Amour des époux qui s’épanouit dans l’accueil d’enfants. Amour des enfants pour leur parents qui leur ont donné la vie. Elle est aussi la première cellule de l’amitié sociale qui forme la société des hommes. Réalité naturelle, la famille est au coeur de la vie humaine, au coeur de la Création, au coeur même du projet de Dieu pour l’homme. Jésus prétend-il s’émanciper de ces liens d’amour et de sang ? Prétend-il alors se mettre en dehors de ce qui est le plus fondamental dans la nature de l’homme ? Prétend-il ruiner la société ? Lui-même ne fonde pas de famille. Il se présente comme un diviseur de famille : « désormais dans une maison de cinq personnes on sera divisé père contre fils, et fils contre père, mère contre fille et fille contre mère, belle-mère contre bru et bru contre mère » (Lc 12, 52). Plus encore, il demande même à ceux qui veulent le suivre de rompre tous liens familiaux : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et jusqu’à sa propre vie n ’est pas digne de moi » (Lc 14, 26).

Ne pourrait-il pas reprendre pour résumer l’enseignement de Jésus ce cri terrible du siècle dernier « Familles, je vous hais ! » (André GIDE, Les Nourritures terrestres). Non, ce serait méconnaître ce que veut dire Jésus. Dépassant la vision réductrice de ce slogan, Jésus est venu donner à la famille sa vraie dimension, aux rapports familiaux leur vraie nature. Car Jésus connaît aussi la fragilité et l’ambiguïté de amours humaines comme des liens familiaux. « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. »

Regardons la famille de Jésus à Nazareth, un père, une mère, un enfant. « Quand vint le jour où selon la loi ils devaient être purifiés ; [Joseph et Marie] le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ainsi qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur » (Lc 2, 22-23). Nous les rencontrons aujourd’hui en train d’accomplir un acte liturgique au Temple de Jérusalem lieu de la Présence du Seigneur. Joseph et Marie apparaissent au cours des premières années de Jésus comme de parfaits disciples de la Parole du Seigneur. Fidèles à observer les commandements de Dieu pour l’enfant Dieu. Ils écoutent la Parole et la mettent en pratique. Circoncision , présentation, pèlerinage annuel à Jérusalem.

Joseph et Marie attentifs à l’écoute des paroles prophétiques concernant l’enfant qui est le salut en personne, lumière des nations mais aussi signe de contradiction, rejeté par son peuple.

Les relations familiales de la Sainte Famille sont toutes marquées par cette attention à la Parole de Dieu. Elle est au centre puisqu’elle est Jésus lui-même Parole faite chair. Elle est entre Joseph et Marie qui vivent leur amour sur un mode si particulier pour des époux. Joseph garde à la fois de l’arche d’alliance et de l’alliance. Cette Parole de Dieu est entre Joseph et le Fils de Dieu qu’il a pris dans sa lignée comme son propre fils. Elle est entre Jésus et sa Mère. Marie a ce privilège d’avoir écouté et de vivre de la Parole dans un mode unique d’une intimité inégalée au point de la concevoir en son sein.

La famille de Nazareth n’est pas une famille comme les autres. Mais elle est la vraie famille, réunie plus que par des liens du sang et de l’amour humain, unie par la Parole de Dieu reçue et mise en ueuvre.

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. » La vraie famille c’est celle que Jésus constitue autour de Lui et autour du Père des Cieux. Cette vraie famille c’est l’Église dans laquelle nous sommes appelés tous à être frères et sueurs de Jésus, tous appelés à être fils et filles d’un même Père, tous appelés à être de quelque manière « mère » de Jésus en le portant au monde après l’avoir accueilli au profond de notre coeur. Nos familles naturelles sont elles aussi appelées à être transfigurées par la présence du Seigneur. La division que le Seigneur Jésus promet au sein des familles, est le fruit du refus de certaines relations familiales d’être soumises en profondeur à la lumière de la Parole de Dieu. Le Seigneur vient aussi guérir et purifier ce qu’il peut parfois y avoir de malsain, d’étouffant, de fragile dans certaines familles. Il ne s’agit pas de détruire, il s’agit de transformer par la grâce ; il ne s’agit pas de séparer, il s’agit d’unir dans la charité. Les familles deviennent plus fortes, plus vraies quand elles sont le premier lieu où la Parole est écoutée, priée et mise en ueuvre. Plus petite unité de la vie sociale, elle est aussi communauté de base de l’Église. Nous comprenons alors que si les liens familiaux sont naturels, ils ont aussi une dimension surnaturelle. L’Église est une famille sainte, déploiement de la famille de Nazareth aux dimensions de l’humanité. L’on comprend aussi que parfois cette famille surnaturelle demande à certains de se consacrer entièrement à elle comme Jésus, en ne fondant pas de famille naturelle, en laissant derrière eux parfois de manière radicale leur parents, frères et sueurs.

Vous que je n’hésite pas à appeler frères et sueurs, et moi qu’on hésite à appeler mon frère ou mon père, nous sommes tous appelés à accueillir de la Parole de Dieu faite chair et à la faire vivre pour qu’elle change notre cueur, et toutes nos relations amicales, sociales et familiales. Nos familles sont elles aussi appelées à être transformées par cette venue et à être unies dans la Sainte Famille de Jésus Christ.

Amen.




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