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Une païenne et ton Sauveur

Dimanche 18 août 2002

 

En ligne depuis le mardi 20 décembre 2005.
 
 

Tout est bien qui finit bien ! Le Seigneur vient et pour tous les peuples. Isaïe le prophétisa ; la charité le fait : Demandez et vous recevrez.... Mais l’heureuse issue aura tardé à s’affirmer. Espérée par cette femme étrangère pour sa fille souffrante ; souhaitée par les disciples, pour un motif mesquin ; rejetée par Jésus dans le silence et une apparente virulence, la guérison est finalement accomplie ! La connaissance de Jésus, et la prière de tout homme éclairent l’évènement et notre célébration, en ce premier jour de la semaine.

Pourtant, si nous avions été dans ces territoires, voyant cette femme païenne, entêtée comme une mère dont la fille est malade, et qui pressent qu’elle a devant elle « la » solution, nous aurions sans doute été choqués par Jésus. Il faut relever cela, car Jésus-Seigneur est aussi celui que nous prions, louons ou implorons : or, comment se confier à quelqu’un qui parfois nous choque ! Question essentielle ! S’il y a trois attitudes dans ce mystère de Canaan, celle du Sauveur semble la plus incompréhensible ! Ne pouvait-on pas s’attendre à autre chose : où est passée cette charité qui est le Nom du Seigneur ? Mais, en revanche, dans l’attitude de cette mère païenne, quelle lumière ! Quant aux disciples, ils sont tout simplement navrants... Mais comme le fit l’Amour de Dieu, acceptons leur médiocrité ! Mystérieusement, en effet, ils recueillent le motif de l’attitude de Jésus : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. Donc - pourrait-on continuer - le Père ne m’a pas d’abord envoyé pour aider des païens - quoique je parfois je le fasse. Je sais qui je Suis ». Et voilà bien le Mystère ! La païenne ne respecterait-elle pas le « Fils de David » et « Seigneur » ? Quel contraste avec Jésus et son silence ; ou pire, avec sa parole : le « pain des enfants » n’est pas pour les « chiens » ! Comme si demander quelque chose pour quelqu’un, au Nom du Seigneur, ne lui suffisait pas ! Comme si seuls certains méritaient de soi d’être entendus par Dieu ! Qui reconnaît Jésus derrière cette attitude ! Oui, avec tout cela, il en va toujours de notre confiance envers ce Seigneur déconcertant !

qu’est-ce que cela signifie ? Jésus est conscient de sa mission. Il n’a pas de problèmes d’identité. Il ne repousse pas non plus une demande pour la voir revenir de plus belle ! Jésus n’use pas des ressorts d’une technique de vente. Il ne vient pas masquer sa grâce, pour la mieux faire désirer ! Mais voilà : envoyé par le Père, il vient accomplir la Loi ; c’est-à-dire la porter à incandescence, pour qu’elle éclaire l’homme, tout homme, mieux encore que ce Buisson ardent qui révéla le Nom de Dieu à Moïse ! Jésus n’est pas venu abolir cette Loi divine donnée comme une Alliance avec un Peuple. Il est venu l’accomplir et l’ensemencer dans les cœurs ! Dans ce mystère est façonné celui d’Israël ! Et les dons du Seigneur sont à jamais ! Jésus en a précisément une conscience vive. D’où l’extraordinaire de cette scène. Le Sauveur en perçoit l’enjeu : en venant accomplir la Loi, en prenant chair chez « les enfants », lui, le « Pain vivant », il s’est fait proche des « petits chiens » ! Proche, à tel point qu’une femme non-juive le reconnaît. Il est son Seigneur : pour elle, pas de doute ! Dans quelques instants, il sera aussi son Sauveur, en dépit de tout : elle en a l’intuition : ce que femme veut, Dieu le voudra ! D’où le bouleversement : « Femme, ta foi est grande », c’est-à-dire encore : « Désormais, comme tu me l’as montré, chacun saura venir à moi, de tout peuple, de tout lieu. Plus nettement encore que précédemment avec le Centurion de Capharnaüm dont je guéris le serviteur. Et je manifesterai la grâce de la miséricorde divine. » En vérité, à notre mesure, n’avons-nous pas été bouleversés par la vigueur de certains croyants ! De même, le Seigneur partage cette réalité de la condition humaine. Cette croissance et cette proximité ouvrent à tout homme le chemin de la prière en son Nom ! Une prière entêtée, confiante, fidèle et qui ne cesse pas d’intercéder pour les autres.

Au commencement de cette histoire, on pouvait se demander si Jésus ressemblait ici à Jésus. A cause de l’espoir d’une païenne, on sait qu’il en est ainsi. Et nous apprenons comment appuyer sur le cœur du Christ, comment le toucher : l’audace de la païenne devient notre lumière ! Il est « notre » Jésus, car il fut « le sien ». la prière des femmes aura souvent eu de l’influence sur Jésus - comment ne pas le mentionner aujourd’hui alors que nous sommes chez nos sœurs moniales. Tout n’avait-il pas commencé - pour les miracles - à Cana, à la prière d’une autre femme, sa Mère, elle aussi un peu rabrouée. Et cependant, le vin des Noces alors abonda : comme ici la guérison : une grâce ; comme maintenant le sacrement de l’eucharistie : Jésus, « Pain vivant » se livre pour les hommes, aux hommes. A l’Alliance nouvelle, s’associe en ce jour la foule de ceux à qui Dieu fait miséricorde ! Seule condition requise : avoir envers lui le cœur et la voix des mendiants. Ce n’est pas si simple ! Ne supposons-nous pas inconsciemment ou secrètement que l’Amour éternel est ou bien toujours acquis, ou bien - et c’est pire : finalement automatique ?

Au soir de sa vie, Jésus confiera à ses disciples, de nouveau : « Jusqu’ici, vous n’avez rien demandé en mon Nom ». Il se souvenait qu’une païenne, en terre païenne, avait pour sa part osé le faire ; admiratif, il l’avait exaucée. N’oubliez jamais : « Demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite, parole du Seigneur. Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».




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