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Un homme avait deux fils...

29 septembre 1996

 

En ligne depuis le mercredi 22 juin 2005.
 
 

" Un homme avait deux fils ; s’adressant au premier, il lui dit : Mon enfant, va-t-en aujourd’hui travailler à la vigne - je ne veux pas, répondit-il, mais plus tard, pris de remords, il y alla - S’adressant au second, il lui dit la même chose ; l’autre répondit : oui, Seigneur, mais il n’y alla point. Mes amis, lequel des deux a fait la volonté de son Père ? - Mais, le second, Maître ; celui qui a dit " oui " et n’est pas allé ! Te rends-tu compte de l’affront infligé au Père par le premier fils ! Il a osé dire non en face à son Père ! Quant au fait de savoir s’il fera ou non demain le travail, c’est tout à fait secondaire, et puis de quoi demain sera-t-il fait ? Le fait de n’avoir pas accompli le travail n’est qu’une peccadille ! ". Cette parabole à contresens n’est pas une invention de ma part. Elle fut effectivement prononcée et ainsi comprise par des bédouins d’une tribu arabe de Transjordanie, connaissant peu semblait-il, les fondements les plus élémentaires de la pensée hébraïque et de sa ré-interprétation chrétienne. Cette mésaventure nous montre au moins comment une tradition non marquée par la prédication des prophètes peut spontanément interpréter une histoire à des fins morales, selon l’échelle des valeurs qui est la sienne, selon sa mentalité particulière. Pour un juif auditeur de Jésus, la réponse immédiate, évidente était celle qui insistait sur l’obéissance consistant à accomplir effectivement ce qui est demandé. L’obéissance ne consiste pas en de belles paroles, mais dans l’accomplissement de ce qui est demandé par Dieu. L’apôtre Jean dira la même chose : " Petits enfants, n’aimons pas en parole ni de langue, mais en action et en vérité " (I Jean 3,18). Le sens de l’action juste étant admis par tous, quel est l’événement sur lequel insiste Jésus lorsqu’il polémique avec les notables et les scribes experts en matière de Loi ? Ceux qui se croient justes en fait n’ont pas su transformer leur pensée et leur coeur lorsque la Parole de Dieu leur fut adressée par les prophètes, Jésus en particulier. Ce qui est remarquable en revanche dans le comportement du premier fils, c’est qu’il a su se convertir, pour finalement accomplir l’acte du travail à la vigne, entendez par là l’acte qui lui permet d’entrer dans le Royaume.

Cette parabole prend tout son sens lorsqu’on la comprend comme le symbole de l’attitude spirituelle de tout Israël envers Dieu qui par grâce l’entraîne vers le lieu du salut, quoi qu’il en soit des attitudes de refus manifestées au début. A tout moment, la conversion est offerte à l’homme, à tout moment, la grâce divine s’offre à nous, communiquée par l’appel des prophètes : la liberté subsiste toujours de modifier la conduite antérieure.

Ici, dans cet événement, il s’agit d’écouter l’appel de Jean. Il s’agit surtout d’entendre la Parole du Christ. Après les envoyés de Dieu, il y eut Jean, il y a le Fils en personne. Chaque instant, aussi pour nous, est de faire ce qui est demandé ; l’obéissance véritable n’est pas de dire " oui ", c’est de faire acte personnel de réponse à Dieu. Non seulement, l’acte de réponse est acte d’obéissance, mais il est acte de foi, comme celui des publicains et des prostituées.

Dans l’expérience qui est la nôtre, nous ne sommes pas seuls dans cet acte d’obéissance et de foi. Le Christ lui-même, en prenant la condition de serviteur entre en profondeur dans nos vies ; le Christ le premier a vécu la condition humaine jusque dans ses virtualités ultimes, il l’a fait dans l’obéissance. Il est enfin parvenu au centre de la Vigne ; c’est sa part d’exaltation. Le Père n’est pas seulement le Maître de la Vigne qui commande, il nous attend au terme de notre retour vers lui, comme ce Père miséricordieux qui attendait le retour du Fils prodigue.

Modifié le 7 juillet 1997




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