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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 20 >>   Hier une Lumière, aujourd’hui une Nuit : notre Vie chrétienne !

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Hier une Lumière, aujourd’hui une Nuit : notre Vie chrétienne !

En ligne depuis le dimanche 1er janvier 2006.
 
 

La lumière de la fête de l’Assomption de la « Mère de Jésus » ruisselle encre sur nous. Pourtant, au lendemain de cette célébration joyeuse, nous recevons dans cette liturgie des paroles de Jésus qui sont d’une autre tonalité. Le contraste apparaît fort. Si nous devions schématiser, nous dirions : hier une lumière, aujourd’hui une nuit. Alors comment recevoir en des moments semblables des messages si différents ? Notre vie à l’écoute de Jésus, dans l’obéissance de la foi, dans la fidélité à l’annonce des prophètes est-elle soumise à des contrastes aussi manifestes ?

De plus, dans la ligne nocturne et difficile que nous remarquons, viennent les paroles de Jésus, « le feu sur la terre », « l’angoisse » [Luc 12,49-50] ; ou dans ce passage de la Lettre aux Hébreux, le soulignement d’épreuves jusqu’au « découragement » - « la lassitude de l’âme » - ou « la résistance jusqu’au sang dans la lutte contre le péché » [Luc 12, 3-4]. Toutes expressions qu’on ne met pas habituellement en relief lorsque l’on parle de l’Evangile, de la vie à la suite de Jésus-Christ.

Plus surprenant encore pour cette question de Jésus à ses disciples : « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division » [Luc 12,51]. En apparence, au moins, ne voit-on pas là une contradiction avec l’aspiration des hommes, mais aussi avec la première parole de Jésus ressuscité à ses disciples : « Paix soit à vous ! » [Jean 20,19 et 20] par deux fois proclamée - mais s’agit-il de la même paix !

Cependant ces différences sont en elles-mêmes une leçon. Complémentaires, elles ne se heurtent pas ni ne s’anéantissent. Hier une lumière, aujourd’hui une nuit... N’est-ce pas en réalité le rythme réel, la traduction concrète de notre vie dans le Seigneur ? Cette rapide succession liturgique ne nous permet-elle pas de constater que les mystères de la vie du Seigneur rejoignent nos jours baignés ou non d’une présence lumineuse ? N’offre-t-elle pas en vérité une célébration du mystère unique de la Gloire et de la Croix ? Cette Gloire qui précède la Croix, ou la Lumière qui précède ces ténèbres, n’éclairent-elles pas l’existence que nous vivons avec le Sauveur ? Ne pourrait-on pas constater suivant les personnes des successions de ruptures, l’éclairage d’une réalité marquante dans notre vie ou l’expérience de réalité vivante, jusqu’à la vie de la charité ?

1. Ainsi, celui qui ne verrait que ruptures, quand bien même serait-il sincère, ne verrait sans doute alors que le reflet des faiblesses de sa foi. Mais un jour enfin - et peut-être certains parmi nos se retrouveront-ils dans cette attitude - il pourrait s’émerveiller comme Jacob au sortir du songe : « En vérité, le Seigneur est là et je ne le savais pas » [Genèse 28,16] ; ou encore être enseigné par Dieu : « Tu l’as vu au désert : le Seigneur ton Dieu te soutenait comme un homme porte son fils tout au long de la route que vous avez suivie jusqu’ici » [Deutéronome 1,31].

2. Différent de lui, celui qui percevrait l’unité de ces deux aspects du mystère chrétien : glorieux et douloureux, porterait un regard sincère, juste, éclairé : « Votre Père qui est aux cieux fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes », rappellera Jésus [Matthieu 5,45] ; ce n’est pas là un abandon à la fatalité, mais le consentement à la Providence divine.

3. Alors, celui qui expérimenterait cette unité profonde dans son alternance vivante, lumière et nuit, serait l’humble fidèle du Seigneur dont l’Esprit se serait fait une demeure, et qui serait appelé par le Sauveur à le suivre dans les divers moments de sa vie : « Celui qui m’aime - confiait Jésus à l’Heure de sa Croix - il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui ; et nous ferons une demeure chez lui » [Jean 14,23] : c’est une expérience qui est promise à chacun et qui change le regard et l’existence !

4. Enfin, celui qui apprécierait cette vie unique et incomparable de la charité serait habité par le Sauveur jusqu’à ne plus faire qu’un avec Dieu : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? [...] Qui nous séparera se l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? [...] Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par Celui qui nous a aimés » [Romains 8, 35 ;37]. Si vigoureuses et exigeantes soient-elles, les paroles de la liturgie sont transfigurées par l’amour du Sauveur, une charité goûtée dans sa présence et dans sa fidélité. Alors, si elles s’affirment comme dures ou graves, n’en éloignons pas la lumière qui en est inséparable. Il n’y a pas de croix sans gloire, ni de ténèbres sans lumière ! En revanche, si elles paraissent trop sévères ou irrecevables, ne serait-ce pas parce que nous aurions négligé un élément essentiel dans cette vie : la grâce, la lumineuse transfiguration de la grâce ! Car l’avantage de ces paroles parfois éprouvantes mais pleinement justes, évidemment fidèles à l’expérience du Christ-Jésus, crucifié et Sauveur, est de nous rappeler au moins deux choses :

-  d’une part, la nécessité personnelle de la vie de la grâce : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » ;
-  et d’autre part, le fait de la présence du Christ dans les épreuves rencontrées ç cause de la fidélité à son Nom.

La liturgie nous enfante à la connaissance, à la vérité et à la reconnaissance de la vie spirituelle chrétienne. Cette œuvre est mystérieuse : à la fois publique, personnelle, intime. Elle est le frit de l’Eglise du Sauveur qui nous offre sa Parole comme une « manne ». La liturgie dépose chaque jour pour nous, comme il convient au Seigneur, cette sagesse spirituelle. Par la foi, elle fait Alliance avec ce qu’il y a de plus juste en notre cœur. C’est dans ce lieu intime que le feu de la purification et celui du choix privilégié pour lui, traduit cet amour dont Jésus a soif, et dont grâce à lui nous avons à notre tour soif.




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