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Venez, tout est prêt ! Mais revêtez la robe nuptiale !

12 octobre 1996

 

En ligne depuis le mercredi 22 juin 2005.
 
 

Un Roi célébrait les noces de Son Fils. Il envoya ses serviteurs appeler les invités à la noce.

C’était depuis toujours le rêve du Seigneur, son projet d’Amour pour les hommes. Par delà leurs malheurs et leurs infidélités, Il voulait rassembler ses enfants dans la joie. Comme pour tous les hommes à travers les âges, mais plus spécialement pour ces gens dont la vie était souvent précaire, le banquet était un des meilleurs symboles du bonheur. C’était l’âme de la fête où tous se réjouissaient dans l’abondance. C’est ce qu’Il avait fait promettre par son prophète : ce festin où serait enlevé le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples. Plus de mort, plus de larmes, réjouissons-nous, le Seigneur nous a sauvés !

" Venez, tout est prêt pour le Banquet ! " Les siècles ont passé, le Seigneur a conduit son Peuple. Beaucoup y ont mis tout leur coeur à attendre les promesses, se sont soumis à une Loi pour essayer de se mettre à leur juste place face à Lui. Et voilà que vient parmi les siens Celui dont les Noces avec l’humanité allaient enfin rassembler tous les hommes dans la joie. La réalisation allait dépasser infiniment la promesse : le Fils Unique allait partager avec nous sa joie incomparable de Fils de Dieu !

Il avait invité par sa Parole, fait sentir l’imminence en multipliant les pains. Ce serait bientôt le festin sur sa Montagne. Mais déjà à son dernier repas les siens Le recevraient, se nourriraient de la Chair et le Sang de Celui qui serait un jour toute leur joie ! Et, sur son ordre, bientôt son Eglise étendrait ce privilège à tous les croyants. C’est maintenant l’heure. Après l’avoir dit aux pauvres gens de Galilée, Il vient au centre d’où rayonne la foi en les promesses, au lieu consacré par le Temple, à Jérusalem.

" Mais ils n’en tinrent aucun compte... " Pourquoi les premiers invités ont refusé l’invitation ? Peut-être parce que Dieu surprend toujours. Même religieux, nous risquons de nous laisser enfermer dans nos calculs humains, de nous croire riches de ce que nous pensons avoir. C’était le péché des vignerons homicides de dimanche dernier. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’un regard myope : les activités de la vie courante sont en soi bonnes, et pour une grande part indispensables, et c’est à travers elles que nous servons nos frères. Mais elles risquent de nous accaparer au point que nous ne sachions plus lever notre regard au delà. Au contraire, elle va bien plus loin l’ambition du Père sur nous ! Si, dans son amour, Il nous a créés à son image, c’est pour que nous ayons la joie de faire porter du fruit à ce qu’Il nous a donné, que nous en venions à sa ressemblance. Il ne peut y avoir pour nous de joie vraiment authentique et durable que dans l’Amour qui nous relie aux autres en nous mettant à leur service, et surtout dans celui qui nous unit à Lui, le Seigneur quand nous avons pris conscience de celui dont Il nous enveloppe.

" Ils empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent... " De cet Amour du Père, Jésus vient témoigner au milieu d’un monde pécheur. Enfermés dans leur égoïsme, beaucoup ne veulent surtout pas être dérangés par ce qui élargirait l’horizon. Lui visait ceux qui, à son époque, profitaient de leur situation religieuse ou civile. Que dire aujourd’hui du laïcisme à la française qui permet, notamment à l’école, de parler de tout... sauf de Dieu ! Ce n’est pas que le péché des autres ! Notre vie n’est-elle pas si prenante que vis-à-vis du Seigneur nous n’en venions à dire que nous n’avons pas le temps ? que nous n’osions par parler !

" Le Roi se mit en colère, envoya ses troupes... " La colère de Dieu ne se porte pas sur les hommes qu’Il aime et veut sauver, mais sur leurs actions, et sur les structures dans lesquelles ils s’enferment. Il n’y a pas besoin d’imaginer de sa part une volonté positive d’infliger un châtiment : il suffit qu’Il laisse les germes de mort porter leur fruit ! Mais si les hommes pécheurs subissent le résultat de leurs actions, il faut dire que le Fils de Dieu s’est fait si solidaire d’eux qu’Il vient sauver, qu’il va le premier laisser tomber sur lui, et avec quelle cruauté, ce qui découle du péché des hommes. Mais Lui en fera le plus grand acte d’Amour possible, et par sa Mort et sa Résurrection nous fera comprendre que cet Amour est le seul chemin vers la Joie .

" Allez aux croisées des chemins... Invitez... " Ce sont les pauvres qui sont invités, ceux qui ne peuvent compter sur rien leur appartenant, sur aucune richesse venant d’eux. Et les premiers, sont-ils défini- tivement exclus ? Oui, s’ils persistent à se comporter en riches ! Mais jetés à terre comme Saul ou acceptant de reconnaître qu’ils n’ont aucun droit, s’ils découvrent l’infinie miséricorde de celui qui a dit en Croix : Père, pardonne-leur... s’ils répondent alors à l’appel des serviteurs ils entrent à leur tour dans la salle des Noces !

" Un homme ne portait pas le vêtement de noces... " Celui-là avait pris le parti inverse des précédents. Trop heureux d’être invité, il s’est précipité ! Mais !!! Que signifie donc ce vêtement ? Pourquoi est-il jeté dehors ? Ne serait-ce pas qu’il soit venu chercher toute autre chose que ce que le Maître avait à offrir ? Celui qui désire la joie du Ciel comme un bien dont on pourrait jouir égoïstement ne sait pas ce qu’il demande ! Il n’y a de place que pour ceux qui, émerveillés du don de Dieu ont appris du Christ, peut-être très modestement, à se donner en réponse. Mais qui se serait enfermé en lui-même, n’aurait pensé qu’à soi, ce ne serait même pas le Seigneur qui le ferait jeter dehors, c’est lui qui ne trouverait rien à son goût à son festin !

Examinons-nous nous-mêmes et demandons à l’Esprit de nous ouvrir l’intelligence et le coeur à la vraie réalité. Qu’Il nous apprenne à ne pas laisser échapper la proie pour l’ombre ! Ce qui est la vraie valeur de notre vie, c’est son invitation à entrer dans son amitié, dans sa joie. Tout le reste, si précieux soit-il, est moyen. Comme saint Paul, sachons apprécier l’abondance et en rendre grâces, mais aussi ne pas nous attrister outre mesure dans le manque. S’il n’est pas facile de trouver l’équilibre, la juste mesure, essayons, en recherchant les biens de la terre, de nous en servir en sachant que ce n’est pas en eux qu’il nous faut chercher notre bonheur : nous sommes faits pour beaucoup plus ! Comme Jésus, nous ne pouvons être vraiment heureux que si notre nourriture est de faire la volonté de Notre Père. Ainsi, que cette amitié soit une réalité et non un rêve ! Elle ne serait qu’une illusion si l’amour, le service, le don de nous-mêmes à nos frères n’étaient pas la chair de notre communion avec le Seigneur. Voilà la robe nuptiale ! Ainsi, Il n’y a de Vie que dans l’imitation de Jésus qui s’est donné, jusqu’au bout. Si nous avons essayé de le faire à la mesure de notre faiblesse, mais de sa force, il y aura au bout la gloire de sa Résurrection, l’immense joie de son Festin, Alleluia !

Modifié le 7 juillet 1997

Dominicains de Toulouse




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 Venez, tout est prêt ! Mais revêtez la robe nuptiale !



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