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L’aveugle de naissance

21 mars 2004

 

En ligne depuis le mercredi 8 mars 2006.
 
 

« Déjà les juifs étaient convenus que, si quelqu’un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue » (v. 22). C’est donc bien clair, avant même la guérison de l’aveugle, avant même que Jésus ai modelé la boue du sol un jour de sabbat, son cas était tranché.

Certes son œuvre de puissance ne laisse pas d’en interroger certains mais le simili interrogatoire que tous les pharisiens entreprennent n’est pas pour eux le moyen de faire la lumière, de chercher la vérité sincèrement. S’il l’avait cherchée, ils l’auraient trouvée ! S’il cuisine longuement notre ancien aveugle et nouveau voyant, c’est plutôt pour trouver un prétexte de plus, comme s’il en fallait un, pour aggraver à leur yeux le cas de Jésus, de l’accuser et enfin de le lapider au plus vite.

Ils ne savent pas d’où est Jésus, affirment-ils ! Pourtant ils ont jugé. Ils savent, ils savent très bien. Cet homme est un imposteur, pire un pécheur, qui œuvre le jour du Sabbat. « Et toi, qui dis qu’il t’a rendu la vue, qu’il t’a inondé de lumière, tu n’es que péché ! » Les pharisiens connaissent, jugent, mesurent. Ils ont Moïse, ils ont la Loi. Ils sont docteurs. Donc ils voient. Mais il ne voit pas. Il ne voit pas le seul qu’il faut voir. Non seulement il ne voit pas en Jésus le Christ mais ils voient avec certitude qu’il ne l’est pas. Leurs yeux sont bouchés et empêchés. Ils sont aveugles.

Tel est le discernement que le Seigneur opère dans le monde : Qui reconnaît en lui le Christ de Dieu est voyant, et qui ne le reconnaît pas est aveugle.

Et c’est en esprit qu’il se donne à reconnaître. Or dans le monde spirituel, c’est en raison d’une lumière intérieure que l’œil de notre intelligence peut saisir.

« La lampe du corps, c’est ton oeil. Lorsque ton oeil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux ; mais dès qu’il est malade, ton corps aussi est ténébreux. Vois donc si la lumière qui est en toi n’est pas ténèbres ! » (Luc 11,34) nous dit Jésus ailleurs. Et quelle est la lumière en notre œil ?

L’œil de notre intelligence par lequel nous regardons est une lampe. Nous voyons selon cette lampe qui est en nous et qui répand sa clarté sur ce que nous regardons. Quel est le combustible qui brûle dans la lampe de notre œil ?

Nos pharisiens ne voient pas car leur œil est sombre et ténébreux. Ils regardent avec des yeux de chairs celui que seul l’œil de la foi et de l’amour peut saisir. Pire encore, ils sont aveuglés par les reflets trompeurs et les faux semblants de leur sagesse. Car ils sont à eux-mêmes leur propre lumière. Ce qui se consume dans la lampe de leur cœur, ce n’est que le pétrole frelaté de leur certitude et de leur suffisance et le soufre de leur orgueil.

Comment pourraient-ils contempler par l’œil de leur esprit

le mystère de grâce infini qui se cache enfoui sous la chair de Jésus. Comment pourraient ils laisser leur pupille être inondée par celui qui le déclare : « Je suis la lumière du monde ».

Tel est le discernement que le Seigneur opère dans le monde. Notre lumière, il nous la faut recevoir d’un autre, de celui-là seul qui peut nous illuminer et versant dans la lampe de notre âme le combustible très pur son Esprit Saint.

Jésus est la lumière du monde, il est la lampe du monde enténébré, et cette lumière doit être accueillie en nous.

Jésus est le Oint, il est le Messie à reconnaître. Mais il est aussi l’Onction, le baptême à recevoir. Il est encore l’huile sainte, la vie de Dieu qui se verse en nous.

Jésus est l’huile du monde qui brûle dans les âmes qu’il emplit de son esprit. Nous sommes, frères et sœurs, ces lampes, des lampes alimentées sans cesse, de l’intérieur, par l’onction que nous avons reçue au jour de notre baptême.

C’est le Christ qui dispense en nous sa lumière, la lumière de la foi qui seule nous donne de le reconnaître, nous rend la vue. Car si lui seul est à voir, c’est lui seul qui donne de voir. Sans lui, nul ne peut sortir de la cécité dans laquelle nous a trouvé le monde au sortir du sein maternel.

L’aveugle né en retrouvant ses yeux de chair en vient à confesser avec l’œil de son esprit et à adorer le mystère de la lumière éternelle venu dans la chair. « Qui est il Seigneur, que je croie en lui ? » « Tu le vois ; celui qui te parle » « je crois Seigneur ».

Oui, Homme aveugle, homme ancien, Adam, œuvre modelé de la glaise ! Comme jadis ton créateur souffla sur toi, aujourd’hui, ton Rédempteur, le Christ de Dieu, en mêlant l’eau de sa bouche à la terre de ton humanité t’a arraché aux ténèbres dans lesquelles tu étais tombé. Par l’eau de sa bouche il a versé la guérison en ton œil. Il a oint ton œil et t’a rendu la vue, et il fait de toi le temple de sa présence, nouvel homme. Il a réparé ton œil pour que tu voies, pour que tu le voies, et que tu sois sauvé.

Car comme jadis la lampe brillait dans le Temple, aujourd’hui le Oint de Dieu brille en ce monde et il est à l’œuvre tant qu’il fait jour. Il est le jour. Maintenant, il emplit la lampe de ton âme de l’huile sainte de sa grâce pour tu voies, pour que tu croies.

Oui, Seigneur, nous aussi, comme l’aveugle, nous sommes né à l’ombre de la mort, et comme lui, nous avons été illuminé dans l’eau de notre renaissance. Et nous confessons sans crainte que tu es le Christ, tu es le Christ qui brûle dans la lampe de notre âme, et cette lampe dispense sa lumière en nous et à travers nous dans le monde. Lumière de la foi. Et nous montons vers Pâque en préparant notre lampe pour qu’elle se laisse embraser au feu de ta Résurrection. Amen




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 L’aveugle de naissance



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