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La grâce d’être baptisé

11 janvier 2004

 

En ligne depuis le mercredi 8 mars 2006.
 
 

Il s’avançait au milieu de ceux qui venaient se faire baptiser par Jean sur les bords du Jourdain, l’un après l’autre, l’un derrière l’autre. Le baptême de Jésus fut d’abord un face à face que les mots ne peuvent dire que bien mal : voici que Jean reconnaît le visage de Jésus, la face de celui dont il avait annoncé la venue, préparé le chemin, le Précurseur se trouve en face de son Seigneur. En ce jour, le plus grand des prophètes ancre son regard au rivage du visage du Sauveur venu jusqu’à lui.

Elle est Grande la grâce du baptême : elle est germe du face à face éternel.

* Elle est haute. Elle plonge ses racines au cœur du dessein éternel de l’amour de Dieu.

« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ... et l’Esprit de Dieu planait sur les eaux » (Gn 1,1). Le sixième jour Dieu insuffla dans les narines de l’homme modelé avec la glaise une haleine de vie et l’homme devint un être vivant (Gn 2,7). Dieu a créé l’homme en son corps par sa parole, (Gn 1,26a ; 2,7a) en son âme par le souffle de son Esprit (Gn 2,7b).

A la fin du déluge, Noé lâcha d’auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. La colombe ne trouvant pas un endroit où se poser revint vers l’arche. Sept jours plus tard, Noé fit de même : et la colombe revint avec un rameau frais d’olivier dans le bec. Sept jours encore plus tard, Noé lâcha la colombe qui ne revint pas, car les eaux avaient diminué (Gn 8,6-13) : elle avait trouvé ainsi un bout de terre pour se poser : bout de terre asséchée, signe, lieu de réconciliation, de paix, entre Dieu et les hommes.

Aujourd’hui au Jourdain, l’Esprit de Dieu plane à nouveau sur les eaux sous la forme d’une colombe. Saint Grégoire de Nazianze le comprend ainsi : elle désigne, manifeste, révèle Jésus-Christ, comme l’unique terre de paix, de réconciliation entre Dieu et les hommes au milieu même de la crue des eaux du péché. Le cœur du Fils unique est le lieu de l’alliance nouvelle établie entre le ciel et la terre. C’est la vocation du cœur de chaque baptisé dans le Christ.

Au premier jour, la mère du Seigneur alla servir la mère du Précurseur (Lc 1,39). Aux rives du Jourdain, le Seigneur se fait baptiser par le Précurseur. Au dernier soir, le Seigneur servira ses disciples en leur lavant les pieds (Jn 13,1-17). Au premier jour, Jean tressaille d’allégresse dès le sein maternel en présence de son Seigneur (Lc 1,44). Aux rives du Jourdain, le Baptiste reconnaît son Sauveur.

* Elle est large. Elle est pour tous dans l’Espérance du salut. Etre baptisé, c’est être déjà une créature nouvelle dans l’Esprit : c’est entrer de tout notre être dans l’œuvre de la création nouvelle : c’est être vivifié, rendu à la vie, en étant plongé dans les eaux de sa Passion, de sa mort et de sa Résurrection : dans ce Jourdain nouveau qui coule de son côté ouvert. C’est être recréé dans l’Esprit éternel du premier jour : « Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré à la vie éternelle ». Par le baptême l’homme est réconcilié avec Dieu : lavé et purifié du péché originel, même s’il reste blessé par ce péché. Par le baptême, l’homme entre dans le royaume du Fils : la terre promise de la Paix, du Prince de la Paix que désigne le Père dans l’Esprit. Et le chemin nous en est ouvert par celui qui est le Chemin : Jésus, nouveau Moïse. Traversant les eaux baptismales à sa suite, baignés par elles, nous devenons un peuple, son peuple, le peuple de Dieu, le peuple des frères du Fils : peuple de prêtres, de prophètes et de rois. Peuple où chacun est appelé à dire en vérité, dans le Fils unique, à son prochain : « tu es mon frère bien aimé ».

* Elle est profonde. En s’enfouissant dans les eaux du Jourdain, Jésus n’est pas sanctifié, lui le seul Saint : mais c’est lui qui sanctifie les eaux mêmes du baptême par sa seule présence, par son corps très saint. L’eau qui lave devient dans l’Esprit l’eau qui purifie. Celui qui est là dans l’humilité est le même qui était tourné vers le Père de toute éternité et qui sera dans la gloire sur le Thabor : le Fils unique et bien-aimé du Père.

En effet, pour nous donner cette grâce, celle de sa vie, de son amour plus fort que la mort, Dieu n’a pas simplement fait « trempette » dans notre humanité du bout des pieds, il s’y est plongé pleinement et totalement comme nous le contemplons en ce jour. Sa présence n’est pas apparente, évanescente, légère, momentanée : elle est éternelle pour toujours chaque jour, profonde comme la géologie de la plaine du Jourdain, réelle, « présence d’une présence », rendu visible aux yeux de Jean-Baptiste et des premiers apôtres.

* Elle est longue. Grâce du premier jour, pour chaque jour, à cultiver jusqu’au dernier jour : pour toujours. Qui dit grâce, dit responsabilité de cette grâce dans la grâce, dans la fidélité à la grâce.

Responsabilité d’abord des parents et des communautés de vie qui entourent le baptisé appelé à croître dans cette grâce. Car notre tiédeur dans le témoignage, dans notre vie de foi, d’espérance et de charité, peut faire d’un enfant ou jeune baptisé qui ne serait pas catéchisé et soutenu par une famille ou entourage vraiment chrétien : un baptisé sous « x ». Comme l’enfant né sous « x » ne connaît ni son père ni sa mère, le baptisé à qui ne serait pas transmis au jour le jour dans l’Esprit, la connaissance et l’amour de Dieu, de Jésus, de Marie, mère de Jésus et de l’Eglise, serait un enfant qui ne connaîtrait pas son père du ciel, ni son fils, son frère, ni sa mère du ciel.

* Baptême : grâce de vie éternelle, de purification, de paix, d’adoption divine, de lumière, de croire, de l’espérance, d’aimer comme Il nous a aimés, du salut, d’allégresse : racine de l’arbre de la grâce dans le cœur de l’homme. Première grâce, porte de toutes les grâces : grâce qui dispose à être gracié. Elle est grande la grâce d’être baptisé : par notre témoignage, faisons grâce à nos frères et rendons grâce à Dieu.

Ô chrétien, ô baptisé, tu es devenu fils de Dieu, frère et ami du Fils, frère de ton frère, fils d’un même Père, frère d’un même Fils : fils de son Père, dans l’Esprit, par l’ineffable adoption de son amour sauveur. Tu as été créé et façonné par Dieu, pour Dieu et en Dieu. Le péché originel a brisé cette communion première. Par la grâce du baptême, à nouveau, tes yeux sont façonnés pour voir Dieu, tes mains pour recevoir Dieu, tes oreilles pour écouter la parole de Dieu, ton nez pour respirer la bonne odeur de la charité de Dieu, ta bouche pour goûter aux délices des noces éternelles de l’Agneau, ton intelligence pour comprendre son mystère d’Amour, ta mémoire pour en recueillir les merveilles, ta volonté pour aller les cueillir, tes pieds pour marcher dans les pas de Dieu, tes genoux pour l’adorer, tes bras pour les tendre vers lui, ton cœur pour battre au rythme du cœur de Dieu, ton corps pour être le Temple de l’Esprit, ton esprit pour être accueilli par les mains de Dieu dans l’abandon, ton âme pour être unie à celle de Jésus, le Fils. Par le baptême du Christ, baptisés dans le Christ, en sa Passion, sa mort et sa Résurrection, voilà ta vocation, voilà celle de tous tes frères : par la grâce de Dieu et ton témoignage.

Au jour de ton baptême, Dieu a creusé dans le jardin de ton âme un puits : celui de la grâce. Ne meurt pas de soif près de la fontaine de son cœur dont les aqueducs royaux en sont les sacrements de l’Eglise : ne meurt pas de soif près de la source de sa grâce ainsi déposée en ton cœur. Ne laissons pas mourir de soif nos frères près de la source de la grâce, par la tiédeur de notre témoignage. C’est dans cette grâce et pour cette grâce, dans la lumière de ce jour très saint au seuil de son ministère public, qu’il ne cesse de nous dire par l’Eglise depuis le dernier jour de sa présence parmi nous : « Allez de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28,19).




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 La grâce d’être baptisé



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