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Veillez donc...

10 novembre 1996

 

En ligne depuis le mercredi 22 juin 2005.
 
 

1. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’Homme viendra. Sous la plume de saint Matthieu, cette semonce de Jésus est la cinquième de la même teneur ; la cinquième, non la dernière ! Bien des distractions doivent être à craindre qui forcent le Sauveur à donner de la voix. Distractions dont la sanction est grave : être refusés à la Salle des Noces ! Refus définitif, au retentissement éternel. Quand bien même les multiples soucis de nos vies, nos évasions, ou peut-être une certaine activité fébrile et anxieuse tendent de masquer ce rappel, ou risquent de le faire oublier, cette insistance, sa tonalité, sa dureté ont de quoi nous plonger dans la peur. Toutefois ces vierges sensées, sages sont séduisantes, leur récompense heureuse, joyeuse est enviable, leur comportement avisé ne peut nous laisser indifférents ou craintifs. N’est-il pas facilement à notre portée ? Leur désir n’est-il pas entraînant ? Leur exemple n’est-il pas alors notre chance ? Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’Homme viendra. La vigilance, pour passer de la peur à la joie.

2. A l’évidence, la vigilance est liée à la prophétie, mais elle n’est pas terrifiante. Le Fils de l’Homme reviendra. Sa figure messianique apparaîtra dans les nuées au Jour du Seigneur, suscitant crainte et espérance. La vigilance permet de l’attendre. Elle en est certaine, comme d’une renaissance. Devant cette attente, la vigilance pose un pont nécessaire. Elle se présence comme un passage. Elle prépare, car elle désire. Elle annonce la grâce d’une rencontre heureuse. Elle n’est pas peureuse, mais confiante. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’Homme viendra. La vigilance prophétique est amoureuse : la charité la presse et lui donne sa ferveur. Avec elle, guetter n’est pas redouter ; veiller n’est pas trembler ; courir n’est pas fuir. Par sa quiétude, la vigilance proclame que l’Époux la connaît, qu’elle désire celui qui la désire, qu’elle pressentira celui qui l’a choisie. Son repos étonnant plonge ses racines dans une joyeuse certitude : elle reconnaîtra l’Époux, entre mille. Elle ne connaît de lui que des images, lointaines et maladroites, mais ces images ont parfumé son cœur. Déposant en lui des gouttes de Lumière, elles l’ont imprégné et demeurent en lui. Ainsi ce coeur éveillé saura battre comme nul autre à son appel.

3. C’est pourquoi la vigilance évoque la chance d’une rencontre. Elle lui procure un cadre : le Mystère des Noces ; elle manifeste au quotidien le sens de notre vie ; elle ouvre notre vie sur la joie des Enfants de Dieu - spécialement par les temps personnels de prière. Alors heureux le serviteur fidèle et avisé que le Maître à son retour trouvera veillant ! (Mt 24). La vigilance est notre chance ; mais à condition que l’amour lui donne corps. Elle n’est pas un automatisme, car seul l’amour lui donne vie !

Ainsi dix vierges avançaient à la rencontre de l’Epoux. Toutes étaient munies de leur lampe ; toutes s’endormirent, confiantes ; toutes espéraient entrer et demeurer dans la Salle des Noces. Et toutes accueillirent un cri au milieu de la nuit : Voici l’Epoux qui vient, allez à sa rencontre !

Pourtant, sur les dix, seules cinq purent entrer dans la Salle :

-  celles qui dormaient, mais dont le cœur veillait !

-  celles dont la charité, comme une huile, entretiendrait leur flamme.

Disponibles à la sagesse, confiant, le sommeil de leur attente avait été changé par l’Époux, en torpeur, en " engourdissement divin ". Dans la nuit, leur assoupissement était devenu un sommeil mystérieux et fécond :

-  comme celui d’Adam, en Paradis, quand de sa chair Ève, la vivante, fut façonnée pour nous donner la Vie ;

-  comme la torpeur de Jacob, en un certain lieu, peuplé d’anges qui allaient et venaient, gravissant les hauteurs vers la Salle des Noces ;

-  comme celle de Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne où l’Esprit les enveloppa de sa nuée, quand ils contemplèrent Jésus, l’Époux des Noces éternelles, transfiguré dans sa Gloire divine. Librement abandonné à Dieu, le sommeil peut devenir le temps de la visite du Seigneur.

4. Mais si la vigilance du cœur se révèle être une chance, pouvoir être disponible au Seigneur exige de l’entraînement : Ne savez-vous pas que dans les courses du stade, tous courent, mais un seul remporte le prix ? écrivait saint Paul (I Co. 9).

Le devoir deviendra un bonheur, que Dieu nous appelle à recevoir dans le Christ-Jésus (Phil. 3), quand cette vigilance espérante, amoureuse, aura recueilli sa grâce dans la nuit - c’est-à-dire à l’heure des étapes de la marche chrétienne. Disponible à la sagesse, le sommeil du cœur veillant, est pénétré de la lumière de la Présence de Dieu. Ce temps de repos, celui de la prière, est marqué d’une simplicité qui dispose le cœur à accueillir la grâce de l’Époux. Attentif, offert, ce temps du repos brille alors comme une chance pour nous faire passer de la peur à la joie.

5. " Viens, suis-moi, nous dit l’Époux.

Il fait encore nuit, mais c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière (Jean Rostand).

Il faisait nuit quand j’ai traversé l’Égypte au soir de l’Exode ; - et Dieu, mon Père, fit que cela fut heureux.

Il faisait encore nuit quand je me suis fait chair parmi mon Peuple ; - et Dieu fit que cela fut heureux.

Il faisait nuit quand je sortis vainqueur de la nuit du tombeau, ruisselant de lumière ; - et Dieu fit que cela fut heureux.

Il fait toujours nuit quand je reviens, - et que j’invite à la Salle des Noces.

Qu’aujourd’hui ma nuée éclaire aussi tes nuits ; - car éternel est mon amour ".

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le fils de l’Homme viendra. Vigilance, heureux devoir, notre chance : Pâques est son heure, la résurrection son espérance ! Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, disons-nous au coeur de notre eucharistie, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la Gloire ; Vigilance ! L’eucharistie est à jamais sa nourriture pour passer de la peur à la joie !

Modifié le 7 juillet 1997




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