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L’Epreuve de Jésus pour notre Espérance

- 05.03.06 -

 

En ligne depuis le mercredi 8 mars 2006.
 
 

1 - Tout le monde ne peut aller à Venise, ni parader avec des masques. Cependant, et malheureusement, les masques ne sont pas réservés à Venise, ni au Carnaval ! Des masques travestissent aussi le langage le plus fondamental, l’expérience la plus commune. Ainsi en est-il encore à propos des tentations bibliques. Notamment lors des Tentations de Jésus. Peut-être celles-ci semblent-elles faciles à décrypter ! Des tentations, chacun peut y aller de son idée sur la question... L’expression elle-même, employée dans notre langue la plus ordinaire, ne laisse guère de doute sur ce qu’elle désigne. Elle ne donne pas seulement à penser, elle laisse croire ... Tentation ! Le mot fait vendre !

2 - Tentations de Jésus-Christ ? Si l’expression fleurissait sur une couverture de magazine, n’entendrait-on pas un « Ah ! Je vous l’avais bien dit ! » ; ou un : « Enfin, on reconnaît la vérité sur Jésus ! » ; voire : « Il était temps ! » Car sans trop savoir de quoi il pourrait s’agir, la rumeur a souvent une idée précise - osons dire « dogmatique » - sur ce qui concerne Jésus ! Mais notre liturgie n’est pas ainsi, on le sait. L’Evangile publie une Nouvelle Heureuse qui touche l’éternité, et la rend accessible ; non de « l’info » à sensation ! Quand on parle des tentations du Christ, on ne dénonce pas les infortunes ou les résistances d’un Jésus banalisé et prêt de succomber. Mais à cause du mot « tentation » nous sommes piégés. Les masques ne sont pas réservés au Carnaval ; et ici, le mot est un masque. La réalité qu’il désigne est plus large que nous l’imaginons ; plus profonde aussi. Elle a pour nom : « épreuve » ; en hébreu « nasah », en grec : « peirasmos ». Et son sens échappera toujours au rythme d’un quotidien éphémère, tout en nous permettant d’y vivre avec Espérance.

3 - Car l’épreuve, spécialement celle de Jésus a partie liée avec l’Espérance ; nous pourrions résumer ainsi : il vit l’épreuve pour rendre vive notre espérance. Mais comment ? Regardons en effet, ces mystérieux instants du désert... Il est sans doute plus aisé de poser un tel regard élargi, avec ces tentations enchâssées par les paroles que nous transmet l’Evangile selon saint Marc.

Différemment de saint Matthieu et de saint Luc, saint Marc affirme cette épreuve de Jésus au désert ; mais il ne la détaille pas. Il en montre le cadre, les circonstances, l’enjeu, l’identité de Jésus. Mais point de dialogue opposant par petites phrases, des paroles du Deutéronome, diabolisées, et la Parole donnée par Dieu pour en vivre ! Par exemple, vous le savez : « S’approchant [de Jésus], le tentateur [lui] dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains." Mais il répondit : "Il est écrit : ‘Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu’ » [Matthieu 4,3-4]. Et de même pour tenter Dieu et pour adorer...

Pourtant, il ne s’agit pas ici de voir « disparaître » Satan. A ce sujet, le pape Paul VI parlait de cet « agent obscur et ennemi qu’est le démon » ; précisant : « Le mal n’est plus seulement une déficience, il est efficace, c’est un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Une terrible réalité. Mystérieuse et terrifiante ». Alors s’il est différemment posé par son Evangile, le résultat de s. Marc est tout aussi évident. L’essentiel est illuminé, mis en perspective : Baptême de Jésus, Esprit Saint conduisant Jésus au désert, Satan tentant, Création nouvelle, Nouvel Adam ! Et c’est là que d’emblée cette épreuve nous livre son heureux message ! Jésus triomphant révèle que « par lui, avec lui et en lui », nous pouvons partager ce triomphe ; et communier à la victoire du Fils de Dieu ! Car au final, comme le présente saint Marc : [Jésus] « était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient ». Un Nouvel Adam dans une Création renouvelée.

4 - Mais cette épreuve annonce notre transfiguration, et fonde notre espérance - avant de la nourrir ! Toutefois, auparavant nous marquons le pas, au désert. Et nous implorons l’aide de Jésus. L’épreuve qu’il vit ravive notre Espérance en lui. Car c’est pour nous qu’il la vécut ; et pour nous encore qu’il manifesta l’ampleur de cette épreuve ! Pour nous donner le moyen de la vaincre avec sa grâce, il pourra nous apprendre sa prière, ce « Notre Père » si familier auquel nous accrochons notre louange et notre supplication ; et avec lequel nous ajustons notre demande au Seigneur : « Père, ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais délivre-nous du Mauvais » ! N’est-ce pas ce que vit Jésus au désert ? N’est-ce pas l’annonce de ce qu’il vivra jusqu’à Gethsémani - cet autre bout de notre carême ? Eprouvé, Jésus le fut jusqu’à la Croix ; aussi, comment ne le serions-nous pas ?

Il pourra nous donner sa vie ; les sacrements dans l’Eglise sont précisément accordés pour cela : inaugurés avec le baptême, ils nous illuminent et affermissent en nous « l’homme intérieur » ou le restaurent. Ils nous permettent de traverser toute épreuve - et notamment lorsque celle-ci nous aura vu tomber dans le péché, ou nous y incruster, peut-être avec orgueil, toujours avec faiblesse... De même, il faut savoir que le chrétien qui vit dans la grâce et qui est « le temple de l’Esprit Saint », porte en lui un peu de la sainteté du Christ ; c’est elle qui réalise, dans les milieux dans lesquels vit le chrétien, comme un exorcisme silencieux. Célébrer le temps de l’Epreuve du Christ-Jésus, est comme une lumière. Illumination mystérieuse, certes, mais réelle ; réelle au point de nous permettre de nous confier en ce Nouvel Adam, et d’espérer en lui, mieux de l’Espérer pour nous. Pour lui, il a repoussé le Satan ; qu’en nous, avec notre coopération, il en soit aussi victorieux !




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